ACTE PREMIER
GOQUAADIER, bas, à Albert.
Un peu commun, comme tous les épiciers.
ALBERT, vexé.
Il y en a qui ne le sont pas!
Mon cousin me disait tout à l'heure, monsieur, qu« vous descendiez d'une vieille famille de magistrats...
GOQUARDIER, étonné.
HeinI
ALBERT, embarrassé.
^ Oui... en effet... je disais... parce que... (Bas, à Coquari*'*'dier.) Il avait l'air de faire fi des propriétaires ruraux.
DURAKD. à part.
Quel drôle de bonhomme !
GOQUARDIER, à Albert.
Gomment... il avait l'air... (Haut, à Durand.) L'agriculture vaut les denrées alimentaires, monsieur.
DURAND
Vous dites?
GOQUARDIER, avec majesté.
Le modeste cultivateur sous son humble toit de chaume, n'a rien à envier aux Potins de la capitale et à leurs lambris dorés !
DURAND, à part.
Pourquoi me dit-il tout cela?
ALBERT, à part.
Il n'en finit pas ! il n'est pourtant pas avocat, lui I
DURAND
C'est parfaitement juste, monsieur.
Je suis toujours juste, car je n'agis jamais que d'après cette devise, (En le regardant.) qui devrait être celle de bearcoup de gens : « Jamais deux poids et deux mesures! »
DURAND
T»'onsieur, si vous avez besoin de mes services, soyez ass- lié que je m'efforcerai... à titre gracieux...
GOQUARDIER, à Albert, bas.
A litre gracieux! Il faudra tout prendre chez luil
ALBERT
Ça, je vous le promets.
-'•■■' DURAND
Ne craignez donc pas d'user de moi, si roccasion se présentait.
GOQUARDIER, majestueux.
Si elle ne se présentait pas, soyez assuré que nous la ferions naître.
DURAND, étonné.
Vous dites?
COQUARDIER.
Et pour vous prouver, mon cher parent, que je ne me gène pas avec vous, je vous demande sans façon» de prendre, dès ce soir, notre café chez vous!
DURAND
Comment donc! Mais trop honoré! Je vous attendrai jusqu'à dix heures.
ALBERT, à part.
^^.. Hein?
G0QU.\RDIER, à Durand.
Si ça vous dérange, ne vous donnez pas cette peine... je vous en prie...
DURAND
Une peine! Dites un plaisir!
GOQUARDIER.
Si vous avez à sortir... Du moment que vous aurez prévenu et qu'il y aura quelqu'un à la maison...
ALBERT
Oui... ça suffira.