ACTE PREMIER
ALBERT, lisant.
-~ « Maître Albert Durand, avocat près la cour d'appel , Paris I »
Il les met dans sa pocha.
GOQUARDIER.
Les autres sont pour moi.
ALBERT
,,.>!-.• Voyons! (Lisant ave(> stupéfaction.) « Agenor Goquardier, beau-père de maître Albert Durand I »
COOUARDIER.
Pardonnez-moi cette bouffée d'orgueil 1
.^,,„ Mais c'est ridicule !
GOQUARDIER.
Je le sais... aussi je ne m'en servirai qu'à Mézidon I
CLARISSE, entrant par le fond.
Madame, on apporte des paquets de chez l'épicier.
LOUISE
Posez ça là.
Clarisse pose les objet» sur la table et sort. GOQUARDIER.
Déjà! c'est très gentil!
LOUISE, examinant las paquets.
Qu'est-ce que c'est que cela? Du sucre cassé? De la confiture ?
GOQUARDIER.
Des bougies? (Lisant.) Tapioca Durand, le seul qui s'améliore en vieillissant, chez Albert Durand, épicier en gros, rue Montmartre, 126.
ALBERT
.r^' ha première maison de Paris.
GOQUARDIER.
Ahl ça vient de chez votre cousin?
Oui... de chez mon cousin.., qualité extra...
COQUARDIER, trouvant la facture.
Comment t il envoie la facture! il appelle ça : à titre gracieux. Il va bien, votre cousin 1 Nous refusons ces paquets!
ALBERT
.,« Hein?
LOUISE
Pourquoi, papa?
COQUARDIER.
Le sucre, vingt-et-un sous, quand nous le payons quatre-vingts centimes à Mézidon? la bougie un franc quoprante, quand nous payons un franc trente, là-bas?
ALBERT
Puisque c'est moi qui paye.
COQUARDIER.
Ce sucre n'est pas blanc. Je connais cette marque de bougie, c'est de la camelotte.
ALBERT
Permettez!
COQUARDIER.
Quand je vous le disais : les épiciers sont tous des
fumistes.
ALBERT, criast.
^,, Mais je vous dis qu'il y a des exceptions, à la fin.
Vous défendez votre famille... vous avez raison... mais vous ne me ferez pas changer d'avis... Tout ça, c'est de la camelotte.
ALBERT, à part.
Quelle humiliation!