SCÈNE VIII
ALBERT, GOQUARDIER, LOUISE.
GOQUARDIER.
Enfin! voilà cet intrus parti; nous voilà chez nous. Voyons maintenant votre cabinet, (il s'installe au bureau.) Regarde, ma fille; voilà où ton mari prépare ces magnifiques morceaux d'éloquence qui font l'admiration de la France entière.
ALBERT
. Oui... c'est là... que je...
LOUISE
Ai-je été assez heureuse de t'épouser, mon Albert I
COQUARDIER.
Que vois-je?
ALBERT, à part.
J • tremble !
Qu'y a-t-il, papa?
COQUARDIER, lisant le «Figaro».
Ce qu'il y a?... Il y a que, aujourd'hui, aujourd'hui même, ton mari plaide pour le fameux Tapotard.
LOUISE, à Albert.
Gomment 1 tu plaides aujourd'hui, et tu ne nous l'avais pas dit.
ALBERT
J'allais vous le dire.
LOUISE
Quel bonheur! T 'entendre plaider aujourd'hui même, et me dire, quand tu parleras : c'est moi qui suis sa femme.
COQUARDIER.
Et moi son beau-père.
ALBERT, à part.
Je ne sais pas pourquoi on met ça dans les journaux. (Haut.) Eh! bien, vous ne m'entendrez pas aujourd'hui, (a part.) ni les autres jours non plus.
COQUARDIER.
Que voulez-vous dire ? Quelle est la puissance humaine qui peut empêcher le beau-père et la femme de maître Durand d'aller l'entendre plaider?
ALBERT
Cette puissance, c'est le huis-clos. On prononcera le huis-clos.
Il pronoace huiss.
COQ U. \ il DIE R 5 rectifiant.
On prononcera le huis-clos.