‹ Durand & Durand; comédie-vaudeville en trois actesChapitre 45 sur 79 · ACTE DEUXIÈME «S · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME «S

ALBERT, à part.

^^ Ah I j'ai chaud.

Elle est rudement bonne pour vous.

ALBERT, se laissant aller à prendre l'affaire avec intérêt.

,., Ahl elle est bonne pour moi?... Qu'est-ce qu'elle dit» ,w>'^ la dame Joséphine Herbivore ?

GOQUARDIER.

Gomment ! vous ne le savez pas?

ALBERT

Je ne lis jamais les dépositions des témoins avant l'audience.

GOQUARDIER.

Pourquoi?

ALBERT

.. Puisqu'ils viennent déposer à l'audience, à quoi ça sert-il de connaître ce qu'ils vont dire? Il n'y a plus de surprise.

GOQUARDIER.

Oui... mais pour préparer vos arguments?

ALBERT

. Est-ce qu'on prépare les arguments. Ils viennent tout d'un coup... paf !

GOQUARDIER.

Paf!... ah! ça, c'est le génie! Ton mari a du génie. J'ai entendu dire que les plus remarquables orateurs préparent toujours leur exorde et leur péroraison.

Toujours !

GOQUARDIER.

Eh I bien, dites-nous seulement votre péroraison.

ALBERT, embarrassé.

Ma péroraison?... Oui, je vais vous la dire, ma péroraison.

COQUARDIER..

Le dernier paragraphe seulement.

ALBERT, plaidant.

J'ai fini, messieurs les jurés.

COQUARDIER.

Oh! non, c'est trop court.

ALBERT

C'est le dernier paragraphe.

COQUARDIER.

Eh ! bien, dites-nous l'avant-dernier.

ALBERT, plaidant.

Oui, messieurs, Tapotard est innocent. Mon client ^^'^ est bien vieux. C'est trop que sur ces bancs, on ait pu voir rougir ses nobles cheveux blancs.

COQUARDIER, enthousiasmé.

Ce sont des vers ! Vous plaidez donc en vers?

ALBERT, emballé, à part.

Jai fait des vers I (Haut.) Oui, parfois l'éloquence m'emporte de son souffle, et je fais moitié vers, moitié prose.

COQUARDIER.

Comme dans les opéras-comiques.

ALBERT

Les vers attendrissent l'âme du juré. Si l'on plaidait •n vers, je suis sûr qu'on aurait beaucoup plus d'acquittements.

COQUARDIER.

St puis ça ferait une position aux poètest

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