ACTE DEUXIÈME
IRMA
Parlez-nous de lui.
COQUARDIER.
Cet homme illustre, si éclatant dans la vie publique, apporte dans la vie privée une modestie de caractère et une simplicité d'allures dignes d'éloges. Il mange comme tout le monde, il parle comme vous et moi. Il me dit tout le temps : Ne m'appelez pas cher maître.. Et, pour me résumer d'un mot : Etes-vous passées quelquefois sur le Pont des Arts?
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Oui, monsieur.
COQUARDIER.
Il y a tout près un monument surmonté d'une coupole?
IRMA
L'Institut.
COQUARDIER.
Vous l'avez dit. Eh I bien, dans trois ou quatre ans, si nous avons la veine de perdre un Immortel, maître Durand le remplacera.
IRMA
Il sera de l'Académie?
MADAME DE LA HAUT E-TOUREL LK
Gela me réconcilie un peu avec lui.
Vous étiez donc brouillés?
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Non, mais il me paraissait vulgaire.
LOUISE
Vulgaire I
COQUARDIER.
Ah I madame, nous allons nous fâcher I Oh! il ne faut pas venir nous dire ces choses-là en face... je suis son beau-père.
MADAME DE LA H AUT E-TOURBLLB
Son beau-père?... Quel beau-père?
GOQUARDIER.
Gomment! Quel beau-père?... Il n'eu a pas trentesix.
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Alors, il est veuf?
GOQUARDIER.
Veuf! (Montrant Louise.) Et Cette dame, qu'est-cc que c'est? Je vous présente la compagne de sa vie.
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Sa maîtresse!
Sa maîtresse?
LOUISE
Sa femme.
IRMA
Sa femme?
MADAME DE LA H AUTE-TOURELLB
Légitime ?
GOQUARDIER.
Gomment, légitime?
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Ge n'est pas possible.
LOUISE
Pas possible?
GOQUARDIER.
Expliquez-vous, madame.
MADAME DE LA H AUTE-TOUREELB
Maître Durand a demandé la main de ma fille.
GOQUARDIER.
De votre fille'?