SCENE XI COQUARDIER, LOUISE
COQUARDIER.
Moi, si l'on m'avait fait ça, j'aurais tout saccagé! Je vais écrire à cet épicier de ne plus remettre les pieds
LOUISE
Oui, c'est ça, papa !
COQUARDIER, s'installe au bureau et écrit.
« Monsieur, après votre conduite ignoble...
LOUISE, qui s est approchée du bureau.
Très bien!... (Prenant le paquet fl-i lettres bissé par Durand.)
Tiens, qu'est-ce que ça? Des lettres adressées à mon mari... Une écriture de femme. (Elle ut.) Ah ! mon Dieul
GOQDARDIER.
Quoi?... qu'y a-t-il?
LOUISE
Mon mari me trompe I
GOQUARDIER.
Lui?
LOUISE
J'en suis sûre. Je veux divorcer !
GOQUARDIER.
Mais, mon enfant, si toutes les femmes trompées par leurs maris, divorçaient, il n'y aurait plus en France un seul ménage régulier.
LOUISE
Ça m'est égal.
GOQUARDIER.
D'abord, es-tu bien sûre ?
LOUISE
Lis, lis cette lettre que je viens de trouver sur son bureau.
GOQUARDIER, la prenant.
Voyons!... Tiens, une devise : Aide-moi, le ciel t'aidera. (Lisant.) « Mon bichon bleu...
Son bichon bleu !
GOQUARDIER.
Singulière appellation de l'amour... «Le duc est à la chasse, à Noisy, jusqu'à demain soir. Je suis seule. Tu as la clef du jardin. Tu trouveras la petite clef du vestibule dans la serre, sous le bananier. Les domestiques seront au théâtre. Viens vite me prodiguer ces marques d'amour dont je suis folle. Caresses intimes. Ta Nini. »
LOUISE, très nerveuse.
Sa Nini! Et c'est daté d'il y a quinze jours. Il me
trompait en pleine lune de miel.