BARBATIER. MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE, IRMA
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE, à Irma.
Tiens, voici un magistrat, il va nous indiquer le parquet, (a Barbatier.) Pardon, monsieur, où se trouve le parquet ?
Premier couloir à droite, second couloir à gauche, puis tout droit devant vous jusqu'au fond de la galerie, galerie à droite, galerie à gauche, escalier au fond. Là vous demanderez.
MAUAME DE LA H AHTE-TOUREL LE, à Irma.
As-tu compris ?
IRMA
Non, maman.
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Nous venons déposer une plainte contre l'épicier de la rue Montmartre.
BARBATIER.
Toujours des denrées falsifiées?
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Si ce n'était quo ça... Nous avons ravagé sa boutijue,
BARBATIER.
Et c'est vous qui venez porter plainte ?
madame' DE LA HAUTE-TOURELLE.
Si vous saviez ce qu'il a fait !
BARBATIER.
Ça m'est égal I
MADAME DE LA H AUTE-TOUREL LE, du ton d'une lecture.
Dans le chef-lieu du département de l'Orne, vivaient pai-iblement une dame de la plus grande noblesse et sa liile Irma.
Oui, monsieur.
MAD\ME DE LA HAUTE-TOURELLE
Ces dames étaient entourées de l'estime et de la considération de tous. Elles répandaient de larges aumônes le dimanche matin.
BARBATI!-:R, à part.
C'est le feuilleton du Petit Journal.
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Un jour vint un avocat, cet avocat aimala jeiine fille, et, bien qu'il fût roturier, la mère pour ne pas briser le coeur de son enfant consentit à cette mésalliance. Le mariage fat projeté. Les deux fiancés prirent leurs ébats sous l'oeil sévère de la grande dame. barbatier.
Maintenant, c"est le journal des Ebats.
MADAME DE LA HAUTE-TOURELLE
Nous étions à la veille du mariage. Mais la providence ne voulut pas que le crime s'accomplît. Tout se découvrit. L'avocat n'était pas avocat.
BARBATIER.
Qu'est-ce qu'il était ?
MADAME DE LA HAUTE TOURELLE
Cherchez dans la société ce qu'il y a de moins bien... après les huissiers...
BARBATIER, vexé.
Encore ! Mais, madame, je suis huissier I
Alors, nous ne pouvons pas continuer à causer avec TOUS. Je vous avais pris pour un juge.