ACTE TROISIEME
ALBERT
Quelle duchesse ?
GOgUARDIER.
Ni ni !
ALBERT
Quelle Nini?
GOQUARDIBR.
Nini, c'est la duchesse !
ALBERT
Je ne connais pas de duchesse.
• GOQUARDIER.
C'est bju ! G"est boa ! Maintenant, pour que ne vous coupiez pas, je dois vous prévenir que Louise ignore
Pâi(ueretle.
ALBERT
Pâquerette?
GOQUARDIER.
De Cloâ-Vougeot.
ALBERT
Et qu'est-ce que c'est que celle-là ?
GOQUARDIER.
121, rue du fauboarg Poissonnière. Elle reçoit le jeudi.
ALBERT, à part.
Qu'est-ce que ça veut dire?
GOQUARDIER.
Maintenant, dégustez-moi ça .
ALBERT
u Qu'est-ce que c'est?
^^ GOQUAUDIER, sortant un journal de sa poche.
Votre cousin s'ctant fait passer- pour vous, je n'ai pas été fâché de vous venger. J'ai envoyé une note à tous les journaux du soir. Ecoutez : (n Ht.) «Un
1 infâme épicier vient de déshonorer encore la corporation.
Pourquoi ne pas le nommer? C'est M. Albert Durand, 126, rue Montmartre, Non content de falsifier ses produits, il s'est falsifié lui-même I »
ALBERT
>. Mais c'est insensé I
COQUARDIER.
« Et, afin de contracter un beau mariage, il a trompé une noble famille d'Alencou (Orne) en se faisant passer pour son cousin, l'illustre Albert Durand qui a épousé la fille de M. Agénor Goquardier, le savant agronome de Mézidon. Nous devons à M. Goquardier d'importantes découvertes. Il a le plus grand mérite agricole, soit dit pour rappeler au gouvernement que cette décoration îi'orne pas encore la boutonnière de cet homme distingué I »
ALBERT, à part.
Mais c'est inouï !
GOQUARDIER.
Laissons là cet imposteur qui n'a que ce qu'il'mérite... Et prenez ceci.
Il prend le carton qu'il a poaé dans un coin. ALBERT.
Qu'est-ce que c'est que ce carton ?
GOQUARDIER, sortant la robe.
Daignez accepter cette toge.
ALBERT, à part.
Une robe d'avocat, maintenant!
GOQUAr.DIER.
Une toge historique... Le marchand m'a assuré qu'elle avait appartenu à Démosihéne. Si vous voulez m'être agréable, vous étrennerez celte toge aujourd'hui même.
ALBERT
Aujourd'hui?