‹ Durée De La Vitalité Des Tissus Et Des Conditions D'Adhérence Des Restitutions Et Transplantations CutanéesChapitre 2 sur 34 · V. Le système nerveux n'est qu'un modérateur qui · texte numérisé non relu

V. Le système nerveux n'est qu'un modérateur qui

Te pondère l'évolution régulière des actes des cellules. Sans ce frein, le tissu livré à lui-même présenterait à Ja moindre occasion un état d’irritation formatrice.

VI. Enfin, le sang qu'à chaque instant le cœur fait pénétrer dans les capillaires n'est indispensable au fonctionnement des cellules que parce que c’est lui qui fournit à ces dernières les matériaux de nutrition.

De même, pour concevoir comment peut s'opérer l’adhérence d’une partie complètement séparée, il suffit d'avoir présent le mécanisme d’une réunion immédiate sur un tout organisé.

I. Les matériaux de la réunion organique proviennent surtout de la prolifération des cellules du tissu conjonctif, On ne saurait admettre que la néoformation ait son point de départ dans les globules rouges du sang. Quant au rôle que jouent dans ce travail les olobules blancs, il n’est pas encore parfaitement déterminé.

IT. L’instrument tranchant qui divise les tissus, produit du même coup et une paralysie qui prive la partie de son modérateur, et une irritation directe des éléments anatomiques : deux phénomènes que les dernières recherches physiologiques nous ont appris être nécessaires à la production de l’inflammalion. Le trouble paralytique ne produit pas à lui seul l'inflammation, il ne détermine qu’une prédisposilion locale qui rend le tissu un locus minôris resistentiæ. Mais que dans ce tissu, où les actes nutritifs sont augmentés, survienne une irritation quelconque, aussitôt les éléments anatomiques entrent en prolifération.

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II. L'inflammation devient adhésive lorsque les deux lèvres de la plaie, étant bien rapprochées, les cellules embryonnaires, résultat de l’irritation traumatique et de la paralysie, se transforment en cellules plasmatiques dont les prolongements s’enchevêtrent et maintiennent la réunion des bords de la plaie.

Avec ces notions, il est facile de comprendre que la séparation ne saurait être une cause de mort immédiate pour la partie; la vie y est assurée tant que les actes intimes de ia cellule et du tissu conjonctif pourront s'effectuer, et ces actes s’effectueront tant qu'il y aura des matériaux nutritifs emmagasinés, ou qu'un agent délétère extérieur ne viendra pas faire cesser la force vitale des éléments anatomiques. Or, si nous laissons de côté la supposition de l'agent délétère qui ne se présente qu’exceptionnellement, nous n'avons qu’à montrer qu'il y a un véritable emmagasinement. D'une part, les sucs nutritifs qui proviennent du sang ne sont pas consommés aussitôt après leur sortie des capillaires, et d'autre part, lors du traumatisme, ils ne s’écoulent pas à la manière du sang, mais restent retenus par capillarité dans les espaces interfasciculaires.

La réserve de ces matériaux, quelque minime qu’elle puisse paraître, est suffisante pour entrelenir la vie pendant un temps assez long, car, daus le segment détaché, les actes se réduisent à la nutrition, et il est démontré en physiologie que si les tissus ont besoin de beaucoup de principes nutritifs pour fonctionner, 1l leur en faut peu pour sé nourrir.

En disant, il n’y a qu'un instant, que, dans les segments détachés, les actes se réduisent à Ja nutrition, nous n'avons entendu faire allusion qu'aux cas où les

=— 19 — tissus se trouvent dans les circonstances ordinaires, car, vient-on à placer les tissus séparés dans une série de milieux convenables, on voit que le musele à conservé sa contractilité, le nerf son excitabilité, les cils vibratils et les spermatozoïdes leurs mouvements.

Le tissu n’a rien perdu des attributs qu'il possédait avant sa séparation, bien plus, il a acquis la propriété qu'engendre sur tout être vivant le traumatisme, celle de se créer les matériaux réparateurs. En effet, le traumatisme qui opère la séquestration produit en même temps et la paralysie et l’irritation des éléments cellulaires. Aïnsi la partie acquiert d'emblée, par le fait de la section, les deux conditions intrinsèques en vertu desquelles les tissus entrent en prolifération.

À mesure que la vie de relation est anéantie, la vie végétative prend plus de force, et cette dernière manifestera toute son activité par une formation prodigieuse d'éléments embryonnaires, lorsqu'un milieu extrinsèque convenable lui sera fourni. Ce milieu, ainsi que le prouve l'expérience de Reckinghausen, peut être artificiel, mais, dans cette expérience, les jeunes cellules qui naissent ne sauraient avoir une évolution viable. Il n’en est plus de même lorsqu'on rend au tissu la place qu’il occupait sur un être vivant et que l’on procure au tout certaines conditions.

Alors, sur les deux surfaces rapprochées apparaissent une série de phénomènes d’hypernutrition qui ont pour résultat de restituer à la partie organisée son droit de cité sur un orgaaisme vivant, droit dont le

. traumatisme l'avait momentanément privé.

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