‹ Durée De La Vitalité Des Tissus Et Des Conditions D'Adhérence Des Restitutions Et Transplantations CutanéesChapitre 22 sur 34 · IV. Expliquer l'influence de la densité des tissus · texte numérisé non relu

IV. Expliquer l'influence de la densité des tissus

L’explication du fait anatomique dans les tissus sur lesquels nous avons obtenu des succès est, suivant nous, très-simple. On n’a qu'à se rappeler que, dans toute cicatrisation, le rôle que joue le tissu conjonctifest des plus importants : sous l'influence de l'irritation, les éléments anatomiques qui entrent dans la composition de ce tissu ne tardent pas, par une série de segmentations, à fournir une grand nombre de jeunes cellules qui constiltuent le principal moyen de réunion de toute espèce de plaie.

Or, il découle de là que, dans un tissu dense, les éléments cellulaires étant très-nombreux, les matériaux favorables à l’adhérence auxquels ils donnent naissance seront aussi à proportion en bien plus grand nombre, et par suite l’adhérence aura plus de chance de s’effectuer.

Ceci nous conduit à nous demander comment, sur le tissu cellulaire qui estlâche et pauvre en cellules, l’adhérence s'effectue si bien quand il reste un pédieule etque le lambeau n’est pas entièrement détaché.

. Dans trois expériences, à côté d’un lambeau complètement séparé, nous avons disséqué d’autres lambeaux cutanés, qui ne tenaient plus au corps que par un pont, dans tous les cas de moins de 5 millimètres d'épaisseur, et dans lequel 11 nous était impossible de découvrir à l'œil nu par transparence le moindre vaisseau. Dans ces expériences, tandis que le lambeau apédiculé, inséré sur tissu cellulaire, tombait en mortification, le lam-

beau péliculé contractait assez rapidement une adhérence durable.

La circulation dans le cas de pédicule n’est pas entièrement interrompue. Le sang qui arrive par les fins vaisseaux entretient dans le lambeau une vie suffisante pour attendre la formation d'un nombre de cellules assez considérable pour que l'adhérence puisse s’effectuer, tandis que dans le cas où il n’y a pas de pédicule cette formation n’ayant pas lieu d’une manière assez abondante, le lambeau meurt avant que les matériaux d’adhérence soient assez nombreux.

Le moindre pédicule a une influence énorme. «Aussi, comme le fait remarquer M. Bert(1), tousleschirurgiens et Dieffenbach surtout, ontinsisté avec raison sur la différence de pronostic que présente un nez coupé, par exemple, selon qu'il a éte absolument détaché, ou qu'il tient encore par un filament cutané, insignifiant en apparence ; à plus forte raison, dans les cas où les gros vaisseaux élaient seuls restés intacts, comme il arriva pour les bras coupés, puis guéris, que citent La Peyroaie, Percy, Hoffman, il est probable que les petits vaisseaux sanguins, qui restent dans le lambeau d’union, concourent puissamment à entretenir la vie de la partie détachée, jusqu’à ce qu’elle ait acquis de nouveaux moyens d’exisience. il y a donc une indication pratique de très-haute valeur à les ménager, quelque peu importants qu'ils paraissen£.»

En terminant, et pour prévenir une objection, nous nous demanderons comment il se fait qu'une queue de rat insérée dans le (issu cellulaire sous-cutané trèslâche du rat, du chien ou du cochon d'Inde, puisse con-

(1) Thèse. De la greffe animale, p. 78.

tracter une adhérence dans un milieu que nous avons dit être pour ladhérence si désavantageux ? Nous croyons pouvoir répondre : Cette condition certainement désavantageuse pour l’adhérence est contrebalancée par d’autres circonstances très-favorables : La partie insérée est à l'abri du contact de l'air; le suc nourricier l'entoure de toutes parts, etune température constante et élevée facilite le phénomène d’adhérence, comme nous allons le montrer dans le paragraphe suivant.

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