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Lorsque la seule condition de densité se trouvait remplie, nous n’avons pas eu de succès, comme le prouvent les expériences x11, XIII, XXIV, XXV.
Tous les cas dont nous venons de parler se rapportaient aux chiens; donnons maintenant, en quelques mots, les résultats obtenus sur les cochons d’Inde,
Quoique, dans les expériences xxx1v et xxxvn, l’insertion des lambeaux eût été opérée sur le muscle avivé, et l'animal placé dans une étuve, l’adhérence ne se fit pas par cette raison, qu'il n’y avait pas eu de compression exercée sur le lambeau, influence sur laquelle nous insisterons dans le paragraphe suivant. Au contraire, dans l'expérience xxxvin, où se trouvaient remplies à la fois les conditions de section, de température et de compression, il y eut adhérence.
Nous dirons maintenant quelle a été notre manière de faire pour obtenir la température convenable. Dans les expériences sur les cochons d’Inde, nous avons fait usage d’une étuve à + 30°, où nous laissions ces animaux pendant trois jours. Nous ne pouvions songer à procéder de la même manière avec les chiens, à cause de la difficulté de chauffer à une température constante un local assez grand pour les contenir. Nous avons alors eu l’idée d’entourer la partie opérée de couches de ouate, à la manière du pansement de M. A!ph. Guérin.
De cette façon, nous avions une atmosphère artificielle de + 37° et même + 38°, ainsi que nous l’avons constaté à plusieurs reprises. Nous avions de plus le gnand avantage d'obtenir, sans la moindre surveillance, une température tout à fait constante.
Le parsement est simple et facile à maintenir. Voici comment nous le pratiquions : L'animal était étendu
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dans la gouttière qui avait servi à l’immobiliser pendant l'opération et à laquelle il était fixé par les quatre membres et le museau; nous appliquions sur la plaie plusieurs couches de ouate, dont nous engagions les extrémités droite et gauche entre les bords de la gouttière, et nous mainténions le tout au moyen d’une bande dont les nombreux tours comprenaient et lanimal et la gouttière. Au bout de quarante-huit heures, l'appareil était enlevé pour constater l’état de la greffe. S'il y avait adhérence. nous refaisions le pansement; et, pour maintenir l’animal dans sa même immobilité, nous lui donnions à manger au moyen de la sonde æsophagienne. Les aliments, ainsi fournis, étaient peu abondants, et peut-être faut-il attribuer à cette insuffisance de nourriture, ainsi qu’à l’action de la morphine, la mort de la plupart de nos animaux.
Les greffes sur oiseaux ne semblent pas, d’après les deux succès que nous avons obtenus sur canard (exp. 1) et sur pigeon (exp. 1), ne semblent pas exiger le moindre pansement; Wiesmann, dans le cas de réussite sur colombe (exp. 11), n’a rien appliqué sur le lambeau suturé. Voici l'explication que nous proposons : Chez les oiseaux, dont la température est plus élevée, la chaleur propre de l'animal échauffe assez le lambeau pour que, malgré la déperdition, ce dernier conserve une chaleur suftisante. Du reste, chez ces animaux, la déperdition est réduite au minimum. La couche de graisse qu'on peut conserver chez ces derniers, alors qu'on est obligé de l'enlever sur les chiens, s'oppose à la sortie du calorique que possède la partie interne du lambeau, la seule qui ait besoin d'une température élevée et constante, puisque
Ne c'est la seule qui soit le siége de prolifération. Ainsi, dans cette variété de greffes, le nerf régulateur physiologique de la chaleur est remplacé par un régulateur physique : la graisse, corps mauvais conducteur du calorique, conserve la température acquise.
De ces expériences sur les animaux il résulte, à notre avis, que l’on ne doit pas s'occuper de donner aux cellules d’un lambeau quelconque, pour le mettre en état de prolifération, toute la quantité de chaleur nécessaire à la production du phénomène, comme on est obligé de le faire lorsqu'on soumet des œufs à une incubation artificielle. Il résulte également que toute la chaleur nécessaire à cet acte provient de l'animal sur lequel on opère, et qu'alors l'atmosphère artificielle employée n’a pour but que d'empêcher la déperdition ; car le lambeau, pendant les premières heures, se comporte comme les corps inorganiques et se lrouve comme eux soumis aux lois du rayonnemert : Empruntant sans cesse du calorique à l'animal, il le cède à mesure à l'air ambiant.
IJ.— Analyse des observations cliniques ou expérimentales connues dans la science.
Nous désirions savoir si nous pourrions découvrir l'influence de la température dans les cas de recollement de doigts, de nez, d'oreilles entièrement séparés, en d’autres termes, si les faits suivis de réussite avaient été observés à une époque de l’année plutôtqu’à une autre, et, de préférence sous certaine climats.
A cet effet, nous avons rassemblé un grand nombre d'observations (116) de nez, de doigts, d'oreilles, com-
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plètement sectionnés et réunis par première intention. Mais il ne nous a été possible de trouver quelques indications au sujet de la température que dans 45 observations.
Ce total se subdivise de la façon suivante :
Oreille, 2 observations.
Nez, 16 observations; Doigts, 27 observations.
Sur ces 45 cas, le mois où est arrivé l'accident est indiqué 34 fois.
Si nous mettons en regard de chaque mois le nombre des cas observés pendant son cours, en commençant par les mois qui en contiennent le plus, nous aurons le tableau suivant :
Juinesten “#90 Janvier... 9 Mal. . 0e 5 MATS-S CRE 3 Septembre... 5 Octobre...
AOL 4 Novembre. 9 Juillet." 9 Avril nee 1
Décembre. 1 Un simple coup d'œil jeté sur ve tableau (1), nous
(1) Il nous parait nécessaire de citer, pour chacun de ces faits, le nom de l'observateur, afin de rendre le contrôle possible et de dispenser ceux qui voudraient apporter de nouveaux matériaux à cette étude de toutes les recherches que nous avons dû faire,
Faits en juin. — Doigts : Balfour, Braun, Barthélemy, Després Testa; oreille : Manni.
Faits en mai.— Doigts : Vergely ; nez : Loubet, trois cas, d'Hoffacker.
Faits en septembre, — Doigts : Beau, Petit, Laboulbène ; nez : Garengeot; oreille : Magnin.
Faits en août. — Doigts : Berenger-Féraud, Flurant, Garengeot; nez : Nichols.
Faits en juillet. — Doigt : Dubroca; nez : Hoffacker.
Faits en janvier. — Doigts : Della Cella, Houlton ; nez : Hoffacker.
Faits en mars. — Doigt : Journal de pharmacie ; nez : Hoffacker.
Faits en octobre. — Doigts : Baillet, Ollier.
Faits en novembre. — Doigt : Lespagnol; nez : Carlizzi.
Fait en avril. — Doigt : Grosclere.
Fait en décembre. — Doiïgt : Dubrueil.
=, Môe.
montre que les cinq mois de juin, août, juillet, mai et septembre réunissent 22 faits, tandisqu'on n’en compte que 12 pour les six mois de janvier, mars, octobre, novermbre, avril et décembre.
On voit, en outre, que nous n’avons pas rencontré de cas arrivés en février.
Quelques-uns des faits contenus dans li seconde partie du tableau ne sont pas peut-être à leur véritable place; on devrait, avant de classer les cas qui, par exemple, sont arrivés en Italie (1), tenircompte de la différence apportée par le climat. Cette remarque ne saurait s’apphquer au fait (doigt) de Della Cella, arrivé à Chiavari, le 1° janvier; l'observation porte en effet que, ce jourlà, le froid était intense. Mais en est-il de même pour le fait (nez) de Carlizzi survenu à Naples en novembre ?
Nous avons rencontré cinq faits que nous n'avons pu classer, l'indication précise du mois n’ayant pas été donnée. Mais les observations portent que les accidents étaient arrivés en élé. Ce sont les faits concernant des doigts, des DS Piedagnel, Laborde et Semeets de Liège, et les faits concernant des nez des D'S Immisch d'Heideberg et Walter de Bonn.
Trois autres faits nous paraissent être arrivés en été, quoique cela ne soit pas indiqué en propres termes : certaines circonstances notées dans les observations nous le font supposer.
1° Le D” Barthélémy raconte que M$. s’est coupé le doigt en nettoyant des asperges;
(1) La méthode la plus scientifique de classement aurait été de comparer les faits en les rapportant non aux mois, mais aux températures moyennes de ce mois. Mais il nous à été impossible de procéder de la sorte. Le nom du lieu où est arrivé l’accident manque souvent dans l'observation, et les moyennes mensuelles sont [cin d’être déterminées dans les différentes réLions.
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9 Le D' Denny dit que l'accident est arrivé en coupant de l'herbe;
3° Enfin, le D'Ollivarès en publiant en juin 1848 son fait de doigt coupé, disait qu'il l'avait observé deux mois auparavant. En outre, l’accident arriva à Santiago.
Restent trois cas de nez coupés arrivés sous un climat chaud :
Les faits de Fioraventi et de Ranzi, à Naples, et le fait de Molinelli, à Venise.
Si nous ne pouvons affirmer que la guérison de tous ces cas est due à la température, nous pouvons tout au moins, d’après les réflexions qui précèdent, faire cette remarque que la guérison du plus grand nombre de ces 45 faits a toujours concordé avec une température moyenne des mois chauds.
Pour compléter cette étude, il nousaurait fallu passer en revue les cas où il n’y a pas eu guérison. Par la réunion des faits de ce genre, il est probable que nous aurions pu dresser un tableau où les mois seraient classés dans un ordre inverse. Mais les matériaux de cet examen nous ont fait défaut. On n’a malheureusement pas l'habitude de consigner les résultats négatifs.
Après avoir montré l'influence de la température dans les réunions des parties accidentellement séparées du corps, examinons si l’on retrouve cette même influence dans les queiques opérations d’autoplastie sans pédicule et dans les expériences des divers physiologistes.
Dans le cas de rhinoplastie apédiculée, racontée par Dutrochet, on ne trouve aucune date, mais ici, cette indication nous est complètement inutile, sachant que c'est sous le climat des Indes qu'a eu lieu l'opération.
La fameuse opération de Bünger a été faile le 24
HT juin. En outre, le lambeau fut recouvert d'une charpie fine, moelleuse et sèche, maintenue par un emplâtre agglutinatif.
L'opération d’ectropion de M. Le Fort a été effectuée le 3 avril. La partie transplantée a été recouverte d’une lamelle de baudruche dont on a badigeonné la face externe avec du collodion, et sur le tout était appliquée de la charpie sèche, retenue au moyen d’une bande de flanelle faisant plusieurs fois le tour de la tête.
Si maintenant, nous passons aux expériences de greffes cutanées sur les animaux, voici ce que nous trouvons :
Baronio a obtenu ses six succès pendant les mois d'avril et de mai. En outre, il avait la précaution d’en tourer l'animal de charpieet d’un bandage roulé; ajoutons que cel expérimentateur opérait en Italie, à Rome.
Gohier, de Lyon, voulant contrôler les succès du physiologiste italien, n’eut que des insuccès. Les observations ont pour dateles mois d'août, octobre et novembre et indiquent que, sur le lambeau, on appliquait une couche de terre glaise.
Wiesmann fit deux deses expériences suivies d’adhé rence pendant les mois de inars (exp. ix, bélier), d’avril (exp. x17, bélier). Le succès complet obtenu sur l’âne porte pour date le mois d’août.
M. Bert a obtenu deux de ses adhérences vendant les mois de mars (rat sur rat, chat sur rat).
Depuis que nos expériences nous ont révélé l'influence de la température sur Les phénomènes adhésifs, le motif le plus puissant de la réussite des greffes que l’on pralique, soit dans la cavité péritonéale, soit dans le tissu
cellulaire sous-cutané ou intra-musculaire, se presente de lui-même :
Les greffes internes ont un résultat à peu près certain, parce que la partie entée est entourée d'une température constante élevée qui est celle de l'animal.
Cette même explication convient aux greffes que l’on peut appeler externes-internes, et qui sont, comme les précédentes, souvent accompagnées de réussite. Nous avons nommé les transplantations de cornée et lesin-rse tions de dents, qui deviennent de véritables greffes internes lorsque les paupières ou la bouche sont fermées, et qui, dès lors, sont, comme ces dernières, entourées d’une température élevée et constante.