‹ Durée et simultanéité, à propos de la théorie dEinsteinChapitre 30 sur 39 · L'EFFET TRANSVERSAL · texte numérisé non relu

L'EFFET TRANSVERSAL

double effet transversal-longitudinal, qui serait « la contraction de Lorentz ».

1° Effet transversal ou « dilatation du temps ».

Donnons à la vitesse v des grandeurs croissantes à partir de zéro. Habituons notre pensée à faire sortir, de la primitive figure de lumière OAB, une série de figures où s'accentue de plus en plus l'écart entre lignes de lumière qui d'abord coïncidaient. Exerçons-nous aussi à faire rentrer dans la figure originelle toutes celles qui en seront ainsi sorties. En d'autres termes, procédons comme avec une lunette d'approche dont on tire les tubes dehors pour les emboîter ensuite de nouveau les uns dans les autres. Ou mieux, pensons à ce jouet d'enfant formé de tiges articulées le long desquelles sont disposés des soldats de bois. Quand on les écarte en tirant sur les deux tiges extrêmes, elles s'entrecroisent comme des X et les soldats se dispersent; quand on les repousse l'une contre l'autre, elles se juxtaposent et les soldats se retrouvent en rangs serrés. Répétons-nous bien que nos figures de lumière sont en nombre indéfini et qu'elles n'en font pourtant qu'une seule : leur multiplicité exprime simplement les visions éventuelles qu'en auraient des observateurs par rapport auxquels elles seraient animées de vitesses différentes, — c'est-à-dire, au fond, les visions qu'en auraient des observateurs en mouvement par rapport a elles; et toutes ces visions

irtuelles se télescopent, pour ainsi dire, dans la vision réelle de la figure primitive AOB. Quelle est la conclusion qui s'imposera pour la ligne de lumière transversale O^Oi, elle qui est sortie de OB et qui pourrait y rentrer, qui y rentre même effectivement et ne fait plus qu'un avec OB à l'instant même où l'on se la représente? Cette ligne est

égale à 2l , alors que la double ligne pri-

mitive de lumière était SI. Son allongement représente donc exactement l'allongement du temps, tel que nous le donne la théorie de la Belativité. Nous voyons par là que cette théorie procède comme si nous prenions pour étalon du temps le double trajet d'aller et de retour d'un rayon de lumière entre deux points déterminés. Mais nous apercevons alors tout de suite, intuitivement, la relation des Temps multiples au Temps unique et réel. Non seulement les Temps multiples évoqués par la théorie de la Belativité ne rompent pas l'unité d'un Temps réel, mais encore ils l'impliquent et la maintiennent. L'observateur réel, intérieur au système, a conscience, en effet, et de la distinction et de l'identité de ces Temps divers. 11 vit un temps psychologique, et avec ce Temps se confondent tous les Temps mathématiques plus ou moins dilatés; car au fur et à mesure qu'il écarte les tiges articulées de son jouet — je veux dire à mesure qu'il accélère par la

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