COMMENT LA DURÉE DEVIENT MESURAHLE
de la divisibilité de sa trajectoire, la pure mobilité, je veux dire la solidarité ininterrompue de l'avant et de l'après qui est donnée à la conscience comme un fait indivisible : nous faisions tout à l'heure cette distinction quand nous parlions de la ligne de feu tracée par l'étoile filante. l'ne telle conscience aurait une continuité de vie constituée par lesentimcntininterronipu d'une mobilité extérieure qui se déroulerait indéfiniment. Et l'ininterruption de déroulement resterait encore distincte de la trace divisible laissée dans l'espace, laquelle est encore du déroulé. Celle-ci se divise et se mesure parce qu'elle est espace. L'autre est durée. Sans le déroulement conlinu, il n'y aurait plus que l'espace, et un espace qui, ne sous-tendant plus une durée, ne représenterait plus du temps.
Maintenant, rien n'empêche de supposer que chacun de nous trace dans l'espace un mouvement ininterronqiu du commencement à la fin de sa vie consciente. Il pourrait marcher nuit et jour. Il accomplirait ainsi un voyage coextensif à sa vie consciente. Toute son histoire se déroulerait alors dans un Temps mesurable.
Est-ce à un tel voyage que nous pensons quand nous parlons du Temps impersonnel? Pas tout à fait, parce que nous vivons une vie sociale et même cosmique, autant et plus qu'une vie individuelle Nous substituons tout naturellement au voyage que nous ferions le voyage de toute autre personne, puis
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fee DE LA NATURE DU TEMPS.
un mouvement ininterrompu quelconque qui en serait contemporain. J'appelle « contemporains » deux tlux qui sont pour ma conscience un ou deux indifféremment, ma conscience les percevant ensemble comme un écoulement unique s'il lui plait de donner un acte indivisé d'attention, les distinguant au contraire tout du long si elle préfère partager son attention entre eux, faisant même l'un et l'autre à la fois si elle décide de partager son attention et pourtant de ne pas la couper en deux. J'appelle « simultanées » deux perceptions instantanées qui sont saisies dans un seul et même acte de l'esprit, l'attention pouvant ici encore en faire une ou deux, à volonté. Ceci posé, il est aisé de voir que nous avons tout intérêt à prendre pour « déroulement du temps » un mouvement indépendant de celui de notre propre corps, A vrai dire, nous le trouvons déjà pris. La société l'a adopté pour nous. C'est le mouvement de rotation de la Terre, Mais si nous l'acceptons, si nous comprenons que ce soit du temps etnonpasseulementderespace, c'est parce qu'un voyage de notre propre corps est toujours là, virtuel, et qu'il aurait pu être pour nous le déroulement du temps.
Peu importe d'ailleurs que ce soit un mobile ou un autre que nous adoptions comme compteur du tenq)s, l»cs que nous avons extériorisé notre propre durée en mouvement dans l'espace, le reste s'ensuit, Désormais le temps nous apparaîtra comme le