SUPPLÉMENT
(Gravures d’authenticité douteuse)
P. 343. Ce n’est pas Dürer qui a gravé ce dessin, dont il est d’ailleurs l’auteur. C’est probablement un Italien qui a exécuté la gravure. D’après Thausing ( Dürer II -, p. 80), ce serait une contrefaçon d’EGiDius Sadeler, faite d’éléments tirés de gravures sur bois ou en taille douce.
P. 344. Feuille volante qui parut en 1496 avec un poëme du médecin frison le Docteur Ulsen. Les armoiries placées au-dessus des épaules du malade sont celles de Nuremberg ; celles qui se trouvent sous ses pieds montrent un soleil. Au-dessus de la tête du malade on voit une sphère avec le zodiaque. La gravure est aussi coloriée, et de la même manière que celles de la Chronique universelle de Schedel. Thausing déclare qu’elle n’est pas l’œuvre de Dürer ; nous croyons qu’il a raison.
P. 345. Attribuée par Schmidt {Rep. f. Kunstw. XVI. 305) à Schàufelein , ce qui n’est guère soutenable. Dodgson y voit la copie d’un tableau original de Dürer. L’ensemble aussi bien que les détails rappellent assez la technique de l’artiste pour qu’on puisse la lui attribuer. Weisbach tient ce tableau, comme les copies mentionnées par Dodgson (v. remarque p. 195) pour une gravure copiée d’après un original de Dürer.
P. 346. L’original, en l’état primitif, se trouve dans le Cabinet d’estampes de Berlin. D’après Weisbach, c’est une gravure sur un fond dessiné par Durer, dont il faut placer la date vers 1500. Une seconde réplique, avec marge supérieure, se trouve au même endroit; deux autres états sont en la possession du Cabinet de Dresde.
Notes explicatives
P. 347. Feuille volante avec un poème de Celtes à la louange de S' Sebald. Au-dessous se trouvent les armoiries de Schreyer et de Celtes. Thausing assigne à la gravure la date de 1496. Dodgson l’attribue également à Dürer. D’après Weisbacu, paru tout d’abord dans le De Felicitate Noritnbergae (1501).
P. 348 et 349. Ces deux gravures ont d’abord paru dans le livre Revelationes Sanctae liri gittae (Nuremberg 1500). Ce n’est que dans la 3e édition du livre, publiée en 1501, qu’elles portent, avec les armes impériales, les initiales de Dürer. Thausing (Dürer I p. 276, 277) conteste que l’œuvre soit de Dürer.
P. 350. D’après une lettre de Nicolas Kratzer à Dürer, en date de 1524, cette gravure reproduit les traits de l’historiographe impérial STABIUS. Elle fut d’abord publiée en 1513 avec un poème en l’honneur de S1 Coloman. Thausing le premier en a conteste l’authenticité; Schmidt (Rep. f. Kunstw. XVI. 305) l’attribue à Springinklee ; Dodgson se range à cette opinion.
P. 351. Sur un exemplaire de Dresde se trouve encore l’inscription G. Bruder Conrad ei Mitbruder des Grossen Karthausen. Cette gravure ne rappelle guère la technique de Dürer et doit être attribuée cà un autre artiste, peut-être à Schâufelein.
P. 352. Sur des réimpressions postérieures, publiées isolément, se trouve le monogramme de Dürer, ajouté après coup. D’après Thausing, c’est une des meilleures œuvres de Dürer. Mais le caractère décoratif, de pauvre style, jure avec celui des ouvrages authentiques de la même époque. L’hypothèse de Dodgson, qui y voit une gravure de Springinklee, d’après une esquisse que Dürer aurait dessinée sur un bois, est plutôt tirée par les cheveux. On peut plus vraisemblablement attribuer entièrement l’œuvre à l’élève de l’artiste.
P. 353. Attribué à H. Weiditz par Dodgson dans les Mitt. d. Ges. f. vervielf. K . p. 66.
P. 354. La partie inférieure et les pieds ont été ajoutés après coup. La gravure n’est pas de Dürer.
P. 355. Malgré la maladresse du paysage, cette gravure offre tant d’analogie avec la technique de Dürer que Dodgson l’attribue au maître avec raison.
P. 356. Cette gravure servit d’ornement à un bref d’indulgence qui avait un texte de 32 lignes à gauche, 24 lignes à droite, l’un et l’autre textes placés au-dessous de l’illustration. Dans un second bref, la gravure fut allongée par le bas; mais cette addition dénote une main maladroite. Bartsch compte cette gravure parmi les œuvres authentiques ; mais aucune preuve n’étaie son opinion.
P. 357 à 359. Gravures destinées à l’ouvrage rêvé par Maximilien: le « Freydal ». Des 255 miniatures qui existent et qui ont été exécutées en 1555, cinq seulement furent gravées sur bois. Dodgson les attribue à Dürer. On ne peut guère être d’accord avec lui et l’on doit plutôt y voir la main d’un artiste tel que Burgkmair.
P. 360 à 383. Le « Cortège de l’Empereur Maximilien » était la seconde partie de la grande série de gravures dont l’empereur avait imaginé l’ensemble pour sa plus grande gloire. L’ « Arc de Triomphe » en formait la première partie. Le « Char de Triomphe tenait le milieu dans le cortège ; c’est également Dürer qui en a fait le dessin et qui l’a reconnu comme son ouvrage en le signant de son nom. Mais la part qu’il y a prise ne peut être exactement évaluée. Tandis que Bartsch attribue le dessin de tout le cortège à FIans Burgkmair, qui certainement a pris une grande part à l’exécution de l’ouvrage, Thausing veut que Dürer lui-même ait exécuté les gravures que nous avons reproduites. Schestag, tout en différent de THAUSING sur quelques points secondaires, (Annuaire des Collections d'art de l'Auguste Maison Impériale vol. I, 1883) a cherché à déterminer la part qu’a prise Dürer à l’œuvre commune.
Durer 51