SCÈNE VL
FLORIMON, BÉLISE, DERBAIN.
FLORIMON.
Au théâtre , aujourd'hui , je ne viens qu'en tremblant.
BELISE.
Mon cher, vous n'êtes pas au moins très-rassurant : Allons , que votre front un instant se déride. Si notre premier rôle est à ce point timide. C'est fait de nous ce sair.
IXERBAIN, àP*".
Ah! ce sont des a^anrs!
Je ne leur trouve pas des airs.... triomphateurs.
BÉLISE
Et d'ailleurs Florimon peut-il avoir à craindre ? Moi-même du public je n'ai pas à me plaindre; Et pourquoi voulez-vous qu'ici plus rigoureux Il veuille nous traiter plus mal qu'en d'autres lieux ?
FLORIMON.
Songez f en contemplant les beaux lieux oîinous sommes ,
byGoogk
ffi LE VIEIL AMATEUR.
A l'effet que produit le regret sur les hommes.
Si le public nous vit d'un regard indulgent ,
C'est qu'il crut voir en nous quelque espoir de talent;
Mais qu'est-ce que l'espoir? lorsque dans cette enceinte
Tout , jusques à ces murs , va nous porter atteinte.
Ils seront contre nous peuplés de souvenirs ;
On se rappellera tous ses premiers plaisirs....
Des acteurs pleins de feu....
BÉLISE
Deg actrices très-belles.
FLORIMON.
Des {Mèees d'un talent....
BÉLISE
Qui n'étaient pas nouvelles.
FLORIMOH.
Enfin, en ce moment, et quoiqu'épouvanté Du châtiment qu'on garde à la témérité, Je ne puis m'empêcher de songer , sans ivresse , Au temps ou je venais, dans ma grande jeunesse, Jouir du charme heureux de dix acteurs parfaits Qu'on admirait alors au Théâtre Français.
♦ # . I)£RBÂ.IN, à part.
Ce jeune homme a du bon.
BÉLISE, apereevabt Derbain.
Eh mâi« ! l'on nous écoute !
Ce monsieur serait-il de la maison ?
DERBAIIf.
Sans doute ; J'y suis fort attaché.
byGoogk