SCENE^V
BiRENGER.
Oh ! je sais que daâs vos galantes exdursiofis^ votre magnificenôe dissipe toutes les. peines.
GUILLAUME
Eh quoi! suis-je donc si coupable! J^aime la gloire autant que lés belles, je les sers également» Si le vulgaire me- trouve inconstant, étourdi, extravagant même ; si Ton ma surnommé le greuuji tronqmir de dames y je me console de ma mauvaise renûfi&inée par quelques bonnes actions, et plus encore par le plaisir»
BER^NGER.
Je rends jiéttiîe à vos bonnes qualités; mais cet amour pour les aVentures*... Toujours- prendre des fits..^ ^
GUILLAUME
Il le faut bien : sous ma véritable forme , je porte partout la terreur. Cest là le motif qui m*a fait parler à la tante delà charmante, Laurette^ de mes tendres ardeurs, convaincu qu'il n'y a -point de filles, femmes, vieilles, jeunes, belles ou laides, qui uniment beau-, coup les ardeurs. Maintenant, changeons de rôle. Tu es un sage , toi, un savant; je t'abandonne mademoiselle Babolein avec tous ses avantages. Quant à Laurette , j'ai des projets que jç té dirai. En attendant , il faut mettre quelques domestiques dans nos intérêts : ainsi parcours le château , prodigue l'or , les pro-
messes, et.
BERENGER
Ne comptez pas Sur mon secours, mon prince^
agS LE PRINCE TROUBADOUR.
Chevalier et troubadour , ma harpe et mon épée sont à votre service. Cest à chanter vos exploits, à vous défendre dans lies cômt>ats, que se bornent mes devoirs.
^ GUILLAUME
C'est superbe ! Diable ! tu fais bien le difficile ! U n'est pas un de mes plus hauts barons qui ïke voulût être à ta place. Allons, monsieur le troubadour , on se passera de vos secours. Tu crois me contrarier beaucoup ; tu vas v.oir qu'avant une heure je serai l'ami de tout le monde dans le château : j'ai de l'esprit et de l'or. Je t'ordonne lé secret, tu m'entends? Adieu, je vais seul à la découverte; compose, en m'attendant , jolie chanson d'amour pour les beaux yeux de mademoiselle Babolein.
( Il s'en va en; riant. )