ACTE I, SCENÏ IIL
L'auteur qu'à l'Institut quelque talent désigne, Le danseur^'qui désire entrer à l'Opéra, Recherchent son appui que chacun obtiendra ; Partout on peut la voir, dans la même journée, Chez un homme en faveur, au bal ^ à l'Athénée, Parlant à tout le monde .et se mêlant de tout. Jugez si Montgéran la trouve de son goût. Elle, qui juge aussi très-bien son caractère. Caresse , avec esprit, sa brillante chimère; Le flatte , le séduit et lui montre très-près Le terme glorieux qu'elle offre à ses projets. C'est en lui promettant les honneurs qu'il désira, Qu'elle a pris sur son cœur un souverain empire. Moi , s'il faut l'avouer, j'ai lè certarin soupçon Que la dame de cour n'a pour bien que son noin ; Et que ses beaux dehors, sa maison si brillante, Ne sont dus qu'aux talents d'une noble intrigante.
MERVAI..
Je pense comme vous.
Eh bien ! j'aurai l'honneur.
Si ce qu'on dit est vrai , de la nommer ma sœur.
MERVAL
Soit! nous assisterons à ce grand mariage.
AMÉLIE
Oui; mais, eç attendant, fatigué du voyage. Vous devez au repos....
MERVAL
Non; bien qu'il soit très-tard, Je vais courir Paris;.
AMrÉLIE. .
Ce soir !,.par quel hasard ?
* MlfRVAL.
Vous pavez que toujours je me mêle d'écrire.
AMÉLIE
Je sais aussi qu'on a du plaisir à vous lire; Je ne vous croyais pas un auteur si connu; Jusque chez l'étranger votre non parvenu Par, d'utiles écrits qu'a chaque instant on cite....
MERVAL,ria[nt. :
Oui, pour un campagnard, j'ai beaucoup de mérite; Mais, bêlas ! le chiagrïn suit le titre d'auteur. Je sais que mon ouvrage, encor chez l'imprimeur, Paraît très-dangereux ; qu*U faudra le soustraire.... Demain dans ses détails je vous dirai l'afTaire. C'est peu de chose; mais il. est prudent de voir Mon. honnête imprimeur; je le verrai cç .soir.
AMÉl^IE.
Ne perdez pas de temps, Merval, je vous en prie.
MERVAL
Allons, vous le voulez, je vous, quitte, Amélie.
(Il sort.)