ACTE III, SCENE. VI. 43i
Quand je romps un obstacle, et sans vous compromettre, Vous venez me citer des titres d'amitié Qui sont bons pour les sots , et qui me font pitié.
MOIfTGÉRAN, embarrassé.
Madame!...
LA. COMTESSE
Terminons un débat qui m'offense.
Je veux bien, comme vous, agir avec prudence, Et dès que votre ami vous tient si fort au cœur, De la place vacante il sera possesseur.
( Appuyant. )
Le ministre pour vous me la pourtant promise; A vous en avertir déjà l'on m'autorise : Même il m'a fait sentir que votre nouveau rang N'était qu'un premier pas vers l'emploi le plus grand; Que , bientôt de l'état nommé sous-secrétaire , Vous pourriez bien un jour saisir le ministère. Mais puisque vous montrez des sentiments si beaux, Puisque des vrais amis vous êtes le héros , Je ne veux pas, monsieur, vous enlever la gloire D'être cité comme eux, de briller dans l'histoire. Héritant de vos droits , grâces à mon soutien , Merval aura la place, et vous n'obtiendrez rien.
BIO^TG]ÉRA.N.
Vous avez droit, sans doute , à ma reconnaissance ; Mais le sort à trompé vingt fois notre espérance.
LA COMTESSE
Oh ! je puis, cette fois, garantir le succès.
MONTGIÉRAN, avec curiosité.
Et cet espoir est donc appuyé sur des faits ?
byGoogk
43a LA MANIE DES GRANDEURS.
LA COMTESS£.
Ce n'est point un espoir, c'est une certitude.
MÔBTT&ÉRAN.
Un ministre promet souvent.... par habitude.
LA COMTESSE
On peut compter sur lui , lorsque ses intérêts; Le portent à servir.
MOWTGîêRAN.
Vous m'étonnez ; après ? „ .
Quel si grand intérêt en ma faveur le presse ?
On veut moins vous servir qu'obliger la princesse.
M O N t G É R A W, soùiiant.
En effet , c'est pour vous qu'elle m'a protégé.
LA GOlkiTESSE.
Elle s'est compromise , et c'est le tort que j'ai; Mais je vais , dès ce jour , m'opposer à son zèle.
MONTGIÉRAK, avec impatience.
Pourquoi donc, s'il Vous plaît, me brouiller avec elle
LA Comtesse.
Que vous sert un pouvoir si méprisé de vous ?
MOWtGÉRAir.
De sa protection je suis toujours jaloux.
lA comtesse.
Il faudra bien pourtant que monsieur y i*enonce.
MQNTGERAN, arec plus d*impatieiicé.
Attendez que je puisse au moiiis faire réponse Sur un tel objet.
LA COISCTES^E.
Non, je Vois que j'avais tort.
byGoogk