‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 259 sur 292 · ACTE III, SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIIL

£Iie est dans tous^les ^œurs et de tous les étAts.

L'artisan fait valoir son active industrie;

Un artiste lui doit les fruits de son génie;

A braver mille morts elle porte un guerrier;

Chacun dans son état veut être le premier.

Je conçois ce désir, il agrandit nôtre être:

Qui prétend à l'honneur de se faire connaître,

Obtiendra des succès bien justement acquis ,

Et faisant tout pour soi , fait tout pour son pays.

Mais mendier un rang à force de bassesse.

Pour séduire et tromper se tourmenter sans cesse,

Chercher des protecteurs , les fatiguer de vous ,

Éprouver leurs ennuis , essuyer leurs dégoûts ,

Se courber sous le joug du puissant qu'on méprise ,

Ne parler, ne sentir, ne penser qu'à sa guise.

Sur l'esprit qu'il nous montre arranger son esprit,

Et lorsqu'il déraisonné approuver ce qu'il dit ,

Pour un cœur bien placé c'est un supplice horrible.

^Â. mes vrais intérêts je suis bien plus sensible : ^

Par ambition , moi je fuis l'ambition ;

Oui, je fuis ce désir de réputation,

Cette soif des honneurs et ce besoin d'entraves

Qui borne tous nos vœux à l'honneur d'être esclaves,

Qui nous fait employer les plus lâches moyens

Pour décorer un nom, pour augmenter nos biens.

C'est le mérite seul qui fait les nobles races;

Quand on méprise l'homme , en honorant ses places ,

Quand il n'y monte pas par un noble degré ,

Honoré de la sorte, il est déshonoré.

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44o LA MANIE DES GRANDEURS.

• MOHTGÉRAN.*

Ce mépris affecté qa'on a plour la fortune, Pour ceux qu'elle a tirés de la foule commune, Ne prouve à mes regards quun désir du pouvoir; On dédaigne toujours ce qu'on ne peut avoir. Quoi ! ne peut-on s'aider d'une main protectrice ,. Sans manquer à l'honneur, sans blesser la justice? Mais tel homme souvent n'a dû qu'à la faveur L'emploi qu'il exerça long-temps avec honneur. Le talent, trop souvent victime de l'envie, S'il ne sait demander, court risque qu'on l'oublie; Il verra ses rivaux, forts d'un superbe appui, Pour arriver au but, passer toi:^ avant lui.

MER VAL

Un semblable triomphe*est de peu de cjurée.

La justice tardive ctn est plus assurée.

Le génie a toujours, mais avec loyauté.

Accablé de son poids la médiocrité.

C'est en vain qu'on s'oppose aux grands faits qu'il médite;

Il ressemble au torrent : l'obstacle qui l'irrite

De ses efforts vaincus n'obtiendra d'autre fruit

Que d'augmenter du fleuve et la force et le bruit.

MOHTGÉRAN.

Ai-je dit qu'il fallait ne livrer la carrière Qu'à certains protégés et qu'à l'homme ordinaire ? Mais pour n'avoir pas fait des ouvrages cités, Fuira-ton les emplois autrement mérités ? Laissons au hasard seul à gouverner les choses : Que je sois distingué , peu m'importe les causes ; J'éprouve, j'en conviens, des désirs envieux.

byGoogk

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