ACTE m, SCENE VIIL
MONTGIÊRAN.
J'aime fort le plaisant.
MERVAL
Tu serais bien heureux A ma place.
MONTGJÉRAlr.
Dis donc? je suis très-curieux.
MERVAL
Ne vas pas croire au moins qu'à la raison contraire Je blâme dans autrui ce qu'en moi je tolère; Et que , prêchant tout haut contre l'ambition , Je n'absous que moi seul de cette passion. Non, non, j'en suis exempt.
MONTGERAN.
Certes , je dois te croire.
Mais d'un refus, d'ailleurs, je n'aurai pas la gloire.
MONTGERAN.
De refuser, quoi donc?
MERVAL
La plus grande faveur, Que vient 4e m'annoncer Dormon le gouverneur.
MONTGERAN.
Je le connais.
MERVAL
Ce soir, j'en ai fait la rencontre.
MONTGERAN.
Après....
MERVAL
TV sais aussi l'amitié qu'il me montre?
byGoogk
MOICTGEBAS^.
Eh bien?
MERVAL
Il vient à moi, puis me complimentant Sur un titre nouveau....
MONTGÉKAV.
Mais quel titre?
MERVAL
Il prétend Que nôtre souverain dans son conseil m'appelle.
MONTGlÉRAlf 9 à part.
J'étouffe!
MERVAL
D'un ministre il en tient la nouvelle.
MOirTGlÉRAN.
Oui!
MERVAL
J'ai ri de ce bruit; mais quant à mon départ, J'ai juré , par l'honneur, d'y mettre du retard.
MONT GÉRA N, avec amertume.
Eh ! mais, c'est très-bien fait; et, loin que je te blâme^ Je te fais compliment, et dç toute mon ame. # Tu vas donc, pour toujours, abandonnant tes bois, Soumettre ta paresse au fardeau des emplois; Et , toujours philosophe au sein de la richesse , Aux viertus d'une cour façonner ta sagesse. Moi , sans compter jamais arriver à ce point, Je ferai comme vous... Je ne partirai point.
( n sort. ) '