ACTE III, SCÈNE VIII
Moi ! ton ancien ami , qui si franchement t'aime , Si je t'eusse fermé le chemin des honneurs, Si ^u voyais en moi l'obstacle à des faveurs, Et si la passion enfin qui te domine Ne pouvait s'assouvir qu'en tramant ma ruine, Dès lors tu me verrais comme un homme odieux, Et, me persécutant...
MONTGÉRA^ir.
* N'achève pas, ah! dieux!
( Après on siltace. )
C'en est Eût, je renonce à la fausse espérance Des biens et des honneurs; je crains ma conscience. Oui , le cœur le plus tendre et le plus vertueux Peut tromper, peut trahir, s'il est ambitieux* Toi seul peux me sauver , quittons cette demeure. Retournons à ma terre; oui, partons tout à l'heure; C'est près de mon ami , c'est au fond des forêts , Que je puis retrouver mon estime et la paix. Je vais pour le départ...
MERVAL
Quelle ardeur imprévue. . . ?
MONTGERAN.
De ce que tu m'as dit mon ame encore émue....
MERVAL
Contre ta passion j'ai dû te prévenir.
MOHTGERAN.
Non , ce n'est qu'en fuyant que je pourrai guérir.
MER V Ail.
Nous partirons....
byGoogk
moutgéran:
Demain.
HERYAL.
Demain? et le pourrai -je?
J'ai promis..*
MONTGÉRAir.
Eh quoi donc?
MERVAL, riant.
Je suis pris dans un piège.
MONTGÉRÂN.
Tu ris..
MERYAL.
J'en ai sujet.
MONTGÉRAN.
' Et quelle est la raison?
MERYAL.
Je songeais à l'effet qu'a produit ma leçon.
M017TG1ÉRA1V.
Quoi! serais-tu fâché qu'elle eût touché mon ame?
MERYAL.
Qui ? moi ! j'en suis ravi ; c'est moi seul que je blâme... Mais je veux me punir en partant dès demain.
MOITTG^RAN.
En restant à Paris, quel était ton dessein?
MERYAL»
Ma foi, c'est tout au plus si j'ose te' le dire?
C'est donc un grand secret?
MERYAL.
Oui, qui te fera rire.
byGoogk