‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 269 sur 292 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

MONTGÉRAN, MERVAL.

MERVAL

Ah! je vois que j'avais mal jugé la comtesse; Elle est bonne.

MONTGERAK,

{ A part. )

Très-bonne... Oui , grâce à son adresse.

MERVAL

Je craignais , il est vrai , que par séduction Elle n encourageât ta folle ambition.

MONTGERAN.

Ah ! tu vas donc encor me faire une querelle.

MERVAL

Non ,• vraiment , je me suis repenti du grand zèle Que fort mal à propos tantôt j'ai déployé ; Il était cependant l'effet de l'amitié; Mais après ton départ , j'ai ri de ma folie. J'en conviens franchement , mon arae enorgueillie N'était pas insensible au choix du souverain. Sans toi, j'allais me croire un personnage enfin. C'est un moment d'erreur : je n'ai plus d'autre envie Que de passer mes jours au sein de ma patrie; Et pour te le prouver,, me rendant à tes vœux ,

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Aujourd'hui pour Bordeaux nous partirons tous deux.

MOl^TGÉRAN.

Quoi ! Merval, tu roe fais un paml sacrifice?

MERVAL

Je ne fais , mon ami , que me rendre justice.

S'il dépendait de moi que de cette faveur

Dont le prince, dit-on, veut bien me faire honneur,

Je pusse disposer... en plaignant ta faiblesse.

Je porterais sur toi la main qui me caresse;

Trop heureux de prouver au meilleur des amis

La force du lien qui nous a réunis.

M ONT G £&AN, attendri.

Ah ! dieu ! cachons mon trouble; et craignons qu'il ne voie...

( Avec liffectation. )

Ta générosité....

MEBVAL.

Ton regard pànt la joie , La franchise du cceur ; et je veux, à mon tour. De ta sœur et de moi te parler sans déixmr. Oui , Montgéran , instruit qu'oubliant ta promesse , Tu voulais à l'oi^ueil immoler ma tendresse, Je suis vite accouru pour réclamer mes droits ; Ils te seront sacrés, ton cœur t'en fit des lois. Souviens-toi de ces jours passés dans la retraite , Qu'on aime à rappeler quand l'ame est satisfaite : Nous ne nous quittions pas, lorsqu'un soir tu me dis, Dans ces épanchements connus des seuls amis : c( Merval, dé l'amitié consolidons la chaîne; « Je sais que pour ma sœur un doux penchant t'entraîne, a Je l'ai vu dans tes yeux, et j'ai lu dans les siens

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