SCÈNE IIL
MONTGÉRAN, MERVAL.
MERVAL
Ah! je vois que j'avais mal jugé la comtesse; Elle est bonne.
MONTGERAK,
{ A part. )
Très-bonne... Oui , grâce à son adresse.
MERVAL
Je craignais , il est vrai , que par séduction Elle n encourageât ta folle ambition.
MONTGERAN.
Ah ! tu vas donc encor me faire une querelle.
MERVAL
Non ,• vraiment , je me suis repenti du grand zèle Que fort mal à propos tantôt j'ai déployé ; Il était cependant l'effet de l'amitié; Mais après ton départ , j'ai ri de ma folie. J'en conviens franchement , mon arae enorgueillie N'était pas insensible au choix du souverain. Sans toi, j'allais me croire un personnage enfin. C'est un moment d'erreur : je n'ai plus d'autre envie Que de passer mes jours au sein de ma patrie; Et pour te le prouver,, me rendant à tes vœux ,
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Aujourd'hui pour Bordeaux nous partirons tous deux.
MOl^TGÉRAN.
Quoi ! Merval, tu roe fais un paml sacrifice?
MERVAL
Je ne fais , mon ami , que me rendre justice.
S'il dépendait de moi que de cette faveur
Dont le prince, dit-on, veut bien me faire honneur,
Je pusse disposer... en plaignant ta faiblesse.
Je porterais sur toi la main qui me caresse;
Trop heureux de prouver au meilleur des amis
La force du lien qui nous a réunis.
M ONT G £&AN, attendri.
Ah ! dieu ! cachons mon trouble; et craignons qu'il ne voie...
( Avec liffectation. )
Ta générosité....
MEBVAL.
Ton regard pànt la joie , La franchise du cceur ; et je veux, à mon tour. De ta sœur et de moi te parler sans déixmr. Oui , Montgéran , instruit qu'oubliant ta promesse , Tu voulais à l'oi^ueil immoler ma tendresse, Je suis vite accouru pour réclamer mes droits ; Ils te seront sacrés, ton cœur t'en fit des lois. Souviens-toi de ces jours passés dans la retraite , Qu'on aime à rappeler quand l'ame est satisfaite : Nous ne nous quittions pas, lorsqu'un soir tu me dis, Dans ces épanchements connus des seuls amis : c( Merval, dé l'amitié consolidons la chaîne; « Je sais que pour ma sœur un doux penchant t'entraîne, a Je l'ai vu dans tes yeux, et j'ai lu dans les siens
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