‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 272 sur 292 · ACTE IV, SCÈNE Vl · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE Vl

AMÉLIE, à Merval.

Oui, c'est un air de cour que d'avance il prenait.

MERVAL

Quelque heureuse nouvelle en ce moment t'arrive, Sur tes traits on en voit la trace la plus vive; Ton air est radieux.

MONTGIÉ R AN , wêshû YéconteT.

Il le faut ; dès demain J'augmente ma maison : je veux le plus grand train , I^ plus belle livrée.

AM]ÉLI£.

• Eh! rêvez-vous, mon frère?

MON'TGERAN, d'un ton protecteur.

Non, je ne rêve point, entendez- vous, ma chère. Faites faire au plus tôt quelques habits de cour, Ils doivent vous servir peut-être fiu premier jour.

AMÉLIE

J'aurais un fort bon air, de la sorte ajustée ; Mais quand vous plaira-t-il que je sois présentée?

MERVAL, à AmcUe.

Que cela veut-il dire ?

AMÉLIE

Et qui le sait , Merval ?

A moins qu'un sort heureux....

MERVAL, à Montgéian ^sourità ses idées.

Dites un sort fatal.

MONTGERAN, avec fiituité.

Mais peut-être aujourd'hui j'aurais tort de m'en plaindre ; Et d'un poste élevé....

MERVAL

Tu n'y pourras atteindre.

MONTGÉRAN.

Le destin, cependant, me promet....

MERVAL

Des rigueurs.

MONTGÉRAir.

Non, je vais obtenir....

Des rebuts.

MONTGERAN.

Des faveurs.

MERVAL

Quoi! toujours vers l'orgueil une chimère vaine, Malgré tous mes avis, te tourmente et t'entraîne? Si ton. ambition embrasse ce seul point D'être un homme important, tu ne le seras point. Je suis loin d'attaquer ton noble caractère ; Je connais tes vertus : généreux et sincère. En amitié constant, bon frère, homme de bien; C'est tout pour le public, pour l'état c^ n'est rien.

MONTGÉRAN, avec un rire moqoeitr.

Je ne puis être rien, si je sais te comprendre.

MERVAL

J'ai parlé clairement , c'est à toi de m'entendre.

MONTGERAN, toajoors en ricanant.

Je n'ai que le désir d'être un homme important; Je ne le serai point.

AMJÊLIE, bas.

Mais il rit, et pourtant...

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