ACTE IV, SCENE VL
MOWTGÉRAN.
Pour arriver au but, il me manque un suffrage, C'est le votre. Ah! ah! ah !c est vraiment grand dommage !
M E R V A L , un peu piqué.
Pourquoi donc ce dédain et ce rire offensant ?
MONT6£RA?r,8urle même ton.
Et, si je vous en crois, je suis un ignorant.
MERVAL
On peut très -bien, sans être accusé d'ignorance, De nos hommes d'état dédaigner la science; Par penchant, j'ai voulu sonder sa profondeur. Et je me crois encore un très-petit docteur.
AMÉLIE, bas à Merval.
Voyez comme il s'irrite à cet aveu modeste.
MONTGÉRAJDT, amèrement.
Soit ! je ne serai rien.
MERVAL, avec un peu d'humeur.
Et, que m'importe, au reste!
Attends seul à Paris ce que l'on te promet, Deviens des intrigants la djupe et le jouet: Puisque de ton ami , qu'un zèle pur enflamme , L'exemple et les conseils ne font rien sur ton ame , Je te laisse en ces lieux attendre le bonheur Que m'offrent ma retraite et ton aimable sœur.
MONTGÉRAN.
Pour mon aimable sœur.... Ah! c'est toute autre chose ! Il me faut quelque temps avant que j'en dispose : Je ne suis rien; pourtant, selon l'ordre établi, Il faut qu'à cet hymen mon maître ait consenti. I^ contrat portera, selon ma conjecture.
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De notre souverain l'auguste signature.
AMELIE.
Mon frère à nos dépens veut-il se divertir?
MERYAL.
Ah! cest aller trop loin, je n'y puis plus tenii*.
( Sèchement. )
Montgéran, écoutez : d'après votre langage^ Je vois qu'au ton plaisant va succéder l'outrage} Je lis dans vos regards certain air méprisant Qui semble m'annoncer un triomphe insultant. Tel est l'ambitieux, bas près de ceux qu'il flatte^ Une fois qu'il s'élève , eu mépris il éclate.
MONTGÉRAN.
Vous avez....
AMÉLIE
Pourquoi donc , Merval , vous emporter?
HERVAL.
C'est qu'il est certain air qu'on rie peut supporter.
Terminons une fois. Vous savez qu'Amélie
Par de tendres liens à mon sort est unie....
N'allez pas croire au moins que de ses biens épris,
D'un odieux calcul je recherche le prix;
Je n'ai pas, grâce au ciel, une ame si commune;
Je réclame sa main , et non pas sa fortune.
(•A Amélie. )
Ah ! dites qu'avec moi le bien de mes aïeux , Dans sa modicité , suffira pour nous deux.
AMIÊLIE.
Puisque vous m'y forcez, je vous le dis, mon frère, Pour m'unir à Merval, j'ai l'aveu de ma mère;
byGoogk