‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 273 sur 292 · ACTE IV, SCENE VL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VL

MOWTGÉRAN.

Pour arriver au but, il me manque un suffrage, C'est le votre. Ah! ah! ah !c est vraiment grand dommage !

M E R V A L , un peu piqué.

Pourquoi donc ce dédain et ce rire offensant ?

MONT6£RA?r,8urle même ton.

Et, si je vous en crois, je suis un ignorant.

MERVAL

On peut très -bien, sans être accusé d'ignorance, De nos hommes d'état dédaigner la science; Par penchant, j'ai voulu sonder sa profondeur. Et je me crois encore un très-petit docteur.

AMÉLIE, bas à Merval.

Voyez comme il s'irrite à cet aveu modeste.

MONTGÉRAJDT, amèrement.

Soit ! je ne serai rien.

MERVAL, avec un peu d'humeur.

Et, que m'importe, au reste!

Attends seul à Paris ce que l'on te promet, Deviens des intrigants la djupe et le jouet: Puisque de ton ami , qu'un zèle pur enflamme , L'exemple et les conseils ne font rien sur ton ame , Je te laisse en ces lieux attendre le bonheur Que m'offrent ma retraite et ton aimable sœur.

MONTGÉRAN.

Pour mon aimable sœur.... Ah! c'est toute autre chose ! Il me faut quelque temps avant que j'en dispose : Je ne suis rien; pourtant, selon l'ordre établi, Il faut qu'à cet hymen mon maître ait consenti. I^ contrat portera, selon ma conjecture.

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De notre souverain l'auguste signature.

AMELIE.

Mon frère à nos dépens veut-il se divertir?

MERYAL.

Ah! cest aller trop loin, je n'y puis plus tenii*.

( Sèchement. )

Montgéran, écoutez : d'après votre langage^ Je vois qu'au ton plaisant va succéder l'outrage} Je lis dans vos regards certain air méprisant Qui semble m'annoncer un triomphe insultant. Tel est l'ambitieux, bas près de ceux qu'il flatte^ Une fois qu'il s'élève , eu mépris il éclate.

MONTGÉRAN.

Vous avez....

AMÉLIE

Pourquoi donc , Merval , vous emporter?

HERVAL.

C'est qu'il est certain air qu'on rie peut supporter.

Terminons une fois. Vous savez qu'Amélie

Par de tendres liens à mon sort est unie....

N'allez pas croire au moins que de ses biens épris,

D'un odieux calcul je recherche le prix;

Je n'ai pas, grâce au ciel, une ame si commune;

Je réclame sa main , et non pas sa fortune.

(•A Amélie. )

Ah ! dites qu'avec moi le bien de mes aïeux , Dans sa modicité , suffira pour nous deux.

AMIÊLIE.

Puisque vous m'y forcez, je vous le dis, mon frère, Pour m'unir à Merval, j'ai l'aveu de ma mère;

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