SCÈNE m
MONTGÉRAN, seul; MERVAL, AMÉLIE, iians
le /and,
MONTGERAN, entre sans voir personne.
Tout Paris sait déjà ce g^and événement,
Et de tous les côtés on m'en fait compliment.
Le cher Mondor m'a dit , dans sa franchise extrême ,
Qu'il savait tout avant le ministre lui-même ;
Et Mer val ne croit pas... Tantôt en ma fureur.
J'ai répondu peut-être avec trop de hauteur.
Non, je ne devais pas me rendre si coupable;
Je triomphe! et j'ai là certain poids qui m'accable.
(n s'assied.) MERVAL, allant k Montgéran .
Ah! Montgéran!
Restez.
MONTGÉRAN, tonjoarb sans voir personne.
Est*-il donc des regrets Qui doivent aujourd'hui bahunôèr mèk sucdès ? Une fois élancé dans la vaste carrière. Doit-on porter jamais un régsiisd en arrière ?
AMÉLIE
Vous l'entendez, Merval?
Qui ; puisque le destin Semble me protéger, poursuivons mon chemin. J'ai commencé l'ouvrage, il faudra qu'il s'achève;
byGoogk
ACTEV, SCÈNE IIÏ. 473
Je vois dans rarvènir à- quel pôirit je m'élève» Sans doute y dès demain par mon âiaître honoré. Je me montre en tous lieux noblettient décoré.
am£li£.
L'entendez-vous, Merval? il dk...
MERVAL
Faites silence :
Cest de l'ambitieux le réve qui commence.
MONTGÉRAir. *
Le prince , qui m'estime et prise mon talent , Me donne à gouverner un grand département. > J'arrive ; et mon palais , -séjour de l'abondance, Sert d'asile aux plaisirs , à la magnificence ; Tous les arts réunis enchantent ce beau lieu , Et c'est un temple enfin dont je deviens le dieu. Pour moi dans tous les yeux la complaisance éclate, La beauté me sourit , tout le monde me flatte ; On prévient mes désirs , on craint de m'offenser ; On voudrait m'épargner la peine de penser : S'il m'échappe un seul mot, on l'applaudit d'avance; Et je suis plein d'esprit jusque dans nK)n silence.
MEBVAL.
Le voilà bien heureux.
MOlTTGléRAir.
Quand un événement Auprès du souverain m'appelle en un moment ; Il s'agit' d'apaiser une cour étrangère ; A ce conseil secret on me croit nécfessaire; J'y parais , j'y combats de dangereux avis , Et je vois mes projets adoptés et suivis.
byGoogk
Quel honneur! je reçois de Tauguste monarque Du prix de mes travaux la plus illustre marque,. Le titre le plus rare et le plus recherché, Le grand cordon de l'ordre avec un beau duché.
AM BLIE,* enriam,
Merval , le voilà duc.
M E R V A L , Tobservant.
Il se plaint , il soupire.
MONTGERAN.
Ma joie, à ce bienfait^ va jusques au délire.
Mon cœur reconnaissant^ dans un transport soudain..
MERVAL
Il souffre.
MONTGERAN.
Je me jette aux pieds du souverain.
( A rinttant où il va pour se relever de son fiiutenil et se jeter à genoux , il éprouve une douleur si forte , qu il y retombe. )
Ah ! cruelle douleur ! mon ame en est saisie.
AMIÉLIE.
Mon frère !
MERVAL
A son secours volons , chère Amélie.