‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 283 sur 292 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

(A part.)

Dieu ! que dire ?

M £R V A L , avec inççrtîtiide.

Qui! moi! vous soupçonner... Oh! non.... Mais d'après vos mépris et la cruelle scène Qui , malgré nioi, tantôt a rompu notre chaîne, Vous devinez que tout vous oblige au devoir De nje rendre l'écrit que seul je dois avoir.

MOKTGÉIlAiN.

(A part.)

Puisque vous le voulez.... O crainte, salutaire !

MERVAL, à Amélie.

Hélas ! il ne l'a plus.

MONTGiRAN.

Je vais vous satisfaire.

MERVAL , à Amélie.

Il cherche une défaite.

AMÉLIE

Ah ! je rougis déjà.

MERVAL

Vous allez donc bientôt?....

MONTG^RAir.

Oui , monsieur , le voilà ; Sur moi je J'avais pris afin de vous le rendre.

* MERVAL

O ciel ! qu'avons-nous fait ?

AMÉLIE

Ah! nous devions attendre.

MERVAL

£h bien! chère Amélie , avons-nous eu raison

De croire qu'il pouvait , par une trahison , Exposer son ami?.... Ce souvenir m'accable. Pardonne , Montgéran , je suis le seul coupable.

HONTGERAir. •

Quoi donc ?

MERVAL

Il n'est plus temps de rien dissimuler. Apprends donc... mais avant tu dois te rappeler Que, condamnant au feu cet ouvrage éphémère , Je n'ai voulu garder que ce seul exemplaire; £h bien! j'ai su tantôt, et par mon imprimeur, Que le ministre...

MOWTGÉRAIC, à part.

Ah ! dieux !

MERVAL

En est le possesseur.

Tu frémis, Montgéran, tu répugnes à croire Qu'un jaloux, qu'un méchant, ait eu l'ame assez noire Pour m'aller dénoncer , exciter contre moi Le courroux des puissants, la rigueur de la loi; Cependant, mon ami, rien n'est plus véritable. Eh bien! si ce méchant te paraît méprisable. Je le suis plus que lui , lorsque j'osai penser Que ce n'est que par toi qu'on m'a pu dénoncer ; Je t'accuse tout haut d'une lâche faiblesse' D'avoir communiqué ce livre à la comtesse. Qui, jalouse déjà de mes droits sur ton cœur, Maîtresse de l'écrit, court dénoncer l'auteur; C'est ainsi que tantôt, dans ma coupable crainte, A l'honneur d'un ami j'osai porter atteinte.

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