ACTE V, SCENE IV
(A part.)
Dieu ! que dire ?
M £R V A L , avec inççrtîtiide.
Qui! moi! vous soupçonner... Oh! non.... Mais d'après vos mépris et la cruelle scène Qui , malgré nioi, tantôt a rompu notre chaîne, Vous devinez que tout vous oblige au devoir De nje rendre l'écrit que seul je dois avoir.
MOKTGÉIlAiN.
(A part.)
Puisque vous le voulez.... O crainte, salutaire !
MERVAL, à Amélie.
Hélas ! il ne l'a plus.
MONTGiRAN.
Je vais vous satisfaire.
MERVAL , à Amélie.
Il cherche une défaite.
AMÉLIE
Ah ! je rougis déjà.
MERVAL
Vous allez donc bientôt?....
MONTG^RAir.
Oui , monsieur , le voilà ; Sur moi je J'avais pris afin de vous le rendre.
* MERVAL
O ciel ! qu'avons-nous fait ?
AMÉLIE
Ah! nous devions attendre.
MERVAL
£h bien! chère Amélie , avons-nous eu raison
De croire qu'il pouvait , par une trahison , Exposer son ami?.... Ce souvenir m'accable. Pardonne , Montgéran , je suis le seul coupable.
HONTGERAir. •
Quoi donc ?
MERVAL
Il n'est plus temps de rien dissimuler. Apprends donc... mais avant tu dois te rappeler Que, condamnant au feu cet ouvrage éphémère , Je n'ai voulu garder que ce seul exemplaire; £h bien! j'ai su tantôt, et par mon imprimeur, Que le ministre...
MOWTGÉRAIC, à part.
Ah ! dieux !
MERVAL
En est le possesseur.
Tu frémis, Montgéran, tu répugnes à croire Qu'un jaloux, qu'un méchant, ait eu l'ame assez noire Pour m'aller dénoncer , exciter contre moi Le courroux des puissants, la rigueur de la loi; Cependant, mon ami, rien n'est plus véritable. Eh bien! si ce méchant te paraît méprisable. Je le suis plus que lui , lorsque j'osai penser Que ce n'est que par toi qu'on m'a pu dénoncer ; Je t'accuse tout haut d'une lâche faiblesse' D'avoir communiqué ce livre à la comtesse. Qui, jalouse déjà de mes droits sur ton cœur, Maîtresse de l'écrit, court dénoncer l'auteur; C'est ainsi que tantôt, dans ma coupable crainte, A l'honneur d'un ami j'osai porter atteinte.
byGoogk