ACTE V, SCENE V
Mais je ne le dois pas.
AMÉLIE. '
Par égard pour madame.
MOWTCÉRAN.
Non , non , c'est sur moi seul que doit tomber le blâme ; C'est en vain que mon cœur de son crime a gémi , Tout en me détestant, j'ai trahi mon ami.
Hélas ! que je te plains !
MONTGERAW.
Tu me dois ta colère.
LA COMTESSE
Au lieu de s'attendrir, il faut parler d'affaire. Du ministre on connaît, le singulier espritî; , Il est très-réservé , mais tout bas il agit. Il m'a dit, il est vrai, qu'un homme de mérite Ne devait qu'à mes soins sa prompte réussite ; Mais il m'a dit aussi que monsieur connaîtra Ce que du souverain son ouvrage obtiendra. Tout en riant, son air était froid et sévère... Comme on a toujours tort dans une telle affaire. Il serait très-prudent que mo nsieur se cachât.
AMÉLIE, vivement.
Quoi ! le voilà forcé ?. . .
MONTGÉRAW. . .
Malheureux!
LA COMTESSE
Point d'éclat ^
byGoogk
484 LA IHâNIE DES GRANDEURS.
Je prétends le sauver.
3IERVAL.
Et moi je v^us déclare
LÀ. comtessï:.
Quand on a fait le mal , il faut quou le répare. Dès cett? nuit, d'abord, je prends rengagement De soustraire monsieur à tout enlèvement* A vingt milles, au plus ^ je possède une terre ; On vous y conduira; l'endroit est solitaire; Et demain dans Paris pour vous je m'emploîrai : J'irai , je parlerai , j'écrirai , je verrai ; Ma princesse, surtout, vous sera bien utile. Je remûrai si bien et la cour et la ville. Que je prétends enfin , peut-être avant huit jours , Vous rendre à vos amis ainsi qus^ vos amours.