Tome VIL G
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8a . NOTICE *
droit à plus cFégarcls, par son affectueuse politesse, ses talents et toutes les qualités qui font Thonnéte homme et Thomme aimable. Afin de le faire reconnaître, j'ajouterai qu'il auni,sansfaste,à la résignation dans rinfortune un patriotisme aussi sin^ cère que généreux. • ^
M. le comte de S... voyant que l'empereur voulait entendre ma comédie, m'invita à recommencer ma lecture. — Non, dit l'empereur , qu'on me fasse l'exposition de l'ouvrage, et je serai bientôt au courant,— Nécessairement M. le comte de S... qui le premier avait pris la parole , pour m'engager à recommencer ma pièce , se crut obligé de faire cette exposition ; mais je ne sais par quelle fatalité, soit que je ne me fu^se pas fait comprendre -assez , soit que le comte de S... eût été distrait par l'arrivée de l'empereur , il s'écarta tellement de mes idées que je craignis que l'empereur ne comprît rien k l'intrigue de l'ouvrage. Plus le comte parlait , plus mon embarras augmentait : je m'agitais sur mon fauteuil, j'étais tout-à-fait mal à Taise; enfin, n'y pouvant plus tenir et emporté par mon amourpropre d'auteur , j'interrompis l'orateur en m'écriant : ilf. le comte y je vous demande pardon y mais ce n est pas là V exposé de ma comédie. M. le comte de S. .. me répondit avec sa politesse ordinaire , qu'il m'avait très-bien entendu, et qu'il lui semblait..;.
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quand il fut à son tour interrompu par l'empereur qui lui dit d'une Êiçon extrêmement brusque :^A/ ^ous vouiez mieux connaître la pièce que celui qtU l'a faite ! Parlez ^ M. Duval. Je rougis de chagrin et de plaisir; de chagrin d'avoir été la cause de cette sortie , et en même temps du bonheur de n'é* tre pas courtisan. D'après la permission que j'avais reçue Je pris la parole , et je fis l'exposition de ma comédie le plus clairement qu'il me fut possible. Lorsque la lecture fut finie , l'empereur me parla de quelques scènes de ma pièce qui Lui avaient fait plaisir; puis il finit par me demander pourquoi, dans mes comédies , je mettais toujours des rois en scène ? Je lui répondis naïvement et sans penser à faire une épigramme, que mes prédécesseurs ayant épuisé les ridicules des bourgeois^ fanais cru trouver dans ce nouveau choix de^personnagès une nouvelle mine à exploiter. Il sourit d'abord , puis se leva en me disant d'un ton assez dur : Eh bien f que faites-vous de votre Edouard? — Mais votre majesté sait mieux que personne qu'il est aux arrêts ; et qu'il ne dépend que d'elle de l'en faire sortir. — Il se mit alors à rire, mais d'une manière sardonique qui me parut dire : C'est bien y qu'il y reste; puis après il sortit suivi de toute sa cour.
J'ai eu depuis l'occasion de lui parler encore une fois ; mais ce n'est pas ici le moment de la rappe-
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1er; et je préfère, puisqu'il est question de Bonaparte , d'opposer au tableau de sa cour , celui d'une cour du nord. On verra, par la petite aneak)te que je vais rapporter, combien en Russie on Fait peu de cas de cette étiquette que Bonaparte avait fiait revivre dans toute sa ridicule rigueur. Cependant la couif de Russie est citée avec raison poiu* briller par une excessive magnificence; mais cette magniâcence est tempérée par une simplicité de manières polies qui empêche les courtisans de paraître tout-à-fait.des mannequins. Les plus grands seigneurs portent de la bonhomie dans toutes les relations du monde. Je me souviens avoir dîné plusieurs fois, chez M. Démétri Nariskin, avec le grand duc Constantin ; et j'étais à mille lieues de me douter que j'avais cet honneur. — Une autre fois l'empereur me rencontrant à une fête qu'il donnait à Pétérof, vint causer avec moi, me parler de la France, des événements de la révolution, du général Bonaparte; et si je n'avais pas sibque je parlais à l'empereur, je n'aurais pu m'en apercevoir qu'à la msmière bienveillante dont il me remercia de ma complaisance. La jeune impératrice portait encore plus loin cet honorable oubli de l'étiquette. Quelques jours après que j'avais eu l'honneur de lui lii*e une de mes comédies, le hasard l'offirit à mes yeux dans les jardins du palais
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de la Tauride , où elle se promaoùiit avec toute sa cour. La simplicité de mon costume me faisait mi devoir d'éviter sa présence Je pris une route qui m'éloignait d'elle : elle s'aperçut de mon intention; et probablement elle se fit un jeu, avec les dames de sa suite, de me contrarier dans mon projet de fuite, et de me forcer à la saluer. Après m'avoir fait faire dans les bosquets beaucoup de détours qui ressemblaient à une petite chasse, ainsi qu'un cerf je me trouvai forcé. Dès que je fus à sa disposition, elle se mit à rire de l'obstination que j'avais mise à la fuir ; puis me parlant avec une extrême bonté de l'effet du climat sur ma santé, elle engagea une conversation où j"dmirai , pour la troisième fois , la, grâce de son esprit, et la justesse de ses réflexions.— Si je me plais à rapporter une pareille rencontre , c'est qu'il m'est 4oux de rendra hoçimage aux belles qualités qui honorent le trône, et de prouver que la puissance n'a. besoin , pour avoir droit au respect, que de bonté et de vertus.
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PERSONNAGES
* Le Cuvyajaza de MORANGE , sous le nom du roi Stakislas.
Le Baaon PB K.EEBARË , gentilhoimne breton.
M. MONTROC, trésorier des états de Bretagne.
EDOUARD de SAINT-VAL, son neveu, jeune officier de
marine.
Le Comte du LAURE9 gouverneur de Brest.
DUMONT y valet de chambre du chevalier da Morange.
Un domestique du Baron.
La Marquise de ROSET, nièce du Baron de Kerbare,
JULIETTE DE KERBARE, fille du Baron.
Un Coureiee du Cabinet, personna^muet.
Lf soèna est dans Us enTirons de Brest , dans le châtem de Kerbare,
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