ACTE II, SCENE V
LE CHEYALI£R»
Ne VOUS ai-je pas deviné tout de suite ? Ces expressions faciles, ee ton libre et franc, cette loyauté peinte sur tous vos traits, ce regard subtil du génie.... Vous n'eussiez pas dit un mot, que j^aurais dit tout de suite: qui prendra cet homme-là pour un sot.... {^ji pari.) aura cent fois raison.
LE TRliSORIER.
On me I^ bien dit, le roi Stanislas se connaît en hommes;
LE CHEVALIER
Ah ! pourquoi n'étes-yous pas né dans mes états ? c'est près de moi que vous passeriez vos jours.
LE TRÉSORIER
Ma reconnaissance, sire.
LE CHEVALIER
D'abord, pour commencer, je vous mettrais à la tête de mes finances.
LE TRÉSORIER
C'est un très-beau commencement.
L« CHEVALIER
Je voudrais de plus qu'un hymen brillant, et de ri-/ ches possessions, achèyas9ent votre fortune.
LE TRÉSORIER
Oui, oui; une grande alliance, une grande fortune, il n'y a que cela....
LE CHEVALIER
Mais, que je suis donc déraisonnable avec mes projets! je vous en parle comme s'ils ppuvaient s'exécuter.
UE TRÉSORIER
Pourquoi donc ^ sire? On cause d'affaires, et pour peu qae.... d'ailleurs....
* -LE CHEVALIER^ * '
Quoi! mon cher trésorier, vous consentiriez à quitter votre patrie?...
LE TRÉSORIER
Je VOUS suis attaché,, sire;, et comme fa fort bien dit tout npuvellement un certain.M. de Voltaire, dont il se peut que vous ayez entendu parler : « La patrie « est aux lieux où l'âme est. enchaînée. »
LE CHEVALIER.-
Quelle érudition! Vous ne me trompez pas? quoi! vous consentiriez à devenir mon ministre des finances?
LE TRÉSORIER
Monr devoir sera toujours de vous obéir.
LE CHEVALIER
Bien; mais je n'y pourrai consentir, qu'autant que vous accepteriez la terre d'Orbeccanovodoroski.
LE TRÉSORIER
Le tout pour vous être agréable. (^ part.) La belle terre, si j'en juge par le nom!
LIÇ CHEVALIER.
Quant à la princesse d'Ineska, je ne dois pas, sans que vous l'ayez vue....
LE TRÉSORIER, àpart.
Une princesse!
LE CHEVALIER
C'est une orpheline à laquelle je m'intéresse.... Elle
byGoogk