‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 8 sur 292 · R6AIN · texte numérisé non relu

R6AIN

Bon, et ce soir j'espère...

GERMAIN

Ou'i, vous pourrez les voir, en passant la rivière.

OERBAIN.

Quoi! ce n'est pas ici que de leur grand talent...

GERMAIN

Eh! mais d'où tombez-vous, monsieur? du firmament? Venez-vous de Pékin ?

* M. Fleuri. ** Mademoiselle Conrat. *** MM. Dugazon et Dazincourt.

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DERBAIN.

Mais d'aussi loin, je pense.

Si l'on connaît partout les destins de la France, Ses guerriers, ses héros, leur chef et ses succès, On peut bien oublier le théâtre Français. Toi qui, depuis trente ans, vis à la comédie, Apprends-moi le destin des enfants de Thalie.

GERMAIIC.

Monsieur, c'est un récit que vous me demandez; Je sais comme on les fait... Bon , j'y suis : attendez. A peine la Discorde, et l'Orgueil, et l'Envie, Ont formé de poisons l'affreuse zizanie. Que la troupe bientôt et sans ordre et sans chef...

DERBAIN.

Finiras-tu, Germain?

GERMAIN

Vous n'en voulez pas ? Bref, Tous les malheurs des temps, les petites recettes, D'autres opinions, et les Madelonnettes *, Les ayant séparés , tous nos joyeux enfants Allèrent dans Paris colporter leurs talents. Las ! que devient la gloire , argent, quand tu commandes ! Ils furent à mes yeux divisés en trois bandes. Quelques comédiens, fidèles à leurs vœux. Gardaient du feu sacré les restes dans ces lieux ; Mais ce feu-là, monsieur, brûla bientôt le temple. Quel incendie! ô ciel! en est-il un exemple! J'ai vu dans un instant consumer cinq palais

* Les comédiens français furent incarcérés aax Madelonnettes , en 1792.

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