ACTE II, SCÈNE X. i4i
voulu savoir si j'étaÎB d'humeur à porter mes grands talents dans les pays étrangers.
CA MARQUISE
Hein! qu'çst-çe que cela veut dire?
LE TRESORIER
Comme il a de l'esprit, il m*a pris par mon faible, qui est l'and^ition.
. LA MARQUISE, àpart.
Stanislas vouloir emmener un sot !
LE TRÉSORIER
Comme vous dites, ce n'est pas sot de sa part. Aussi , pour me séduire , il ne veut ni plus ni moins que me faire son ministre des finances. C'est une belle chose que les finances!
LA MARQUISE, à part.
Un ministère! Mon incertitude renaît.
LE TRÉSORIER
Et puis , il me promet encore une petite princesse avec une grande terre.
LA. MARQUISE
Et vous acceptez tout cela , sans doute ?
LE TRÉSORIER
Oh ! je ne suis pas encore bien décidé. Ce n'est pas qiie la petite terre et la gfânde princesse ne soient des objets suffisants pour contenter un honnête homme !
LA MARQUISE
Oui; mais vous!...
LE TRÉSORIER
Cependant , j'aj presque accepté. Le^ moyen q|ji'on refuse un roi qui connaît votre mérite , et qui veut
byGoogk
i42 LE FAUX STANISLAS.
absolument que vous lui soyez utile!... Mais une chose
m'embarrasse : c'est le baron.
LA. MARQUISE
Eh bien ! qu'est-ce que tout cela fait au baroii ?
LE TRESORIER
Ah! cela fait que si j'épouse une princesse en Pologne , je ne pourrai pas épouser sa fille en Bretagne ; du moins, je ne crois pas. Ne pourriez-vous , chère marquise, arranger cette affaire à l'amiable? le baron est un peu brutal ,et je ne crois pas, vu ma dignité future , devoir.... avoir une affaire qui pourrait avoir.... des suites très-fâcheuses.
LA. MARQUISE
Voyons : que puis-je faire pour vous ?
LE TRÉSORIER
Je vais vous l'expliquer avec la clarté qui m'est naturelle, y
LA MARQUISE, àpart.
Les intérêts de la petite cousine sont on ne peut pas mieux servis par le roi.