LA DYSPEPSIE N’EST PAS FONCTION D'UN LAIT DÉFECTEUX
1) Au point de vue chimique. - Un allaitement régulier ne
peut être suivi de résultats satisfaisants, si le lait offert par la nourrice n’est pas normal. Mais, dans la dyspepsie que . nous étudions, le lait des nourrices à toujours paru de compo-
sititon normale :
TABLEAU IE. — Composition de quelques laits
(Nourrices d'enfants dyspeptiques).
BEURRE | LACTOSE | CASÉINE moyenne moyenne moyenne normale : 40 | normale : 70 | normale : 11 |
Mme À. — Os. D 61
Mme L. — Os.
Mme C. — Os.
Mme G. — O8s.
Mme J,
En ce qui concerne la lactose, nous avons exécuté cinq analyses supplémentaires, une expérience empirique nous
ayant appris que les symptômes cédaient à l'administration de sucre :
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Dans trois cas, au total, la richesse en lactose est inférieure à la normale ; mais la gravité de la dyspepsie n’est pas en rapport avec cette diminution : le syndrome le plus rebelle s'est trouvé correspondre avec un lactose presque normal.
Technique suivie : La fermentation du lait, depuis la prise de l'échantillon jusqu’à l'analyse, était empèchée par un excès de fluorure de sodium.
Beurre : méthode d'Adam.
Lactose : liqueur de Fehling {résultats en lactose anhydre, par litre).
Caséine : méthode de Denigès.
Chimiquement, donc, le lait se montre généralement normal : on ne trouve point là de cause à la dyspepsie.
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ns Au point de pue nucroscopique. — Le beurre ne doit pas être seulement en quantité convenable ; il doit, en outre, se présenter sous forme de globules divers : petits, moyens,
gros. Des globules exclusivement petits correspondent parfois à des troubles dyspeptiques. — L'examen microscopique n'a pas révélé cet état du lait, en ce qui concerne particulièrement notre tableau clinique.
De plus, nous n'avons pas trouvé, au microscope, des « corpuscules framboisés », caractéristiques du colostrum. Jadis, Donné (Du Lait, 1837) prétendait fréquent ce retour à l’état colostral, et lui attribuait, quant au nourrisson, toutes sortes de conséquences funestes ; Guiraud (Th. Bordeaux,
1897) en a démontré la rareté, au moins de nos jours.
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3) Au point de vue physiologique. — L'analyse chimiqué, l'examen microscopique ne suffisent pas pour prévoir les propriétés biologiques d’un lait : l’on a décrit des intolérances spécifiques, que certains nourrissons manifestent pour tel lait. Et la seule réaction décisive pour affirmer notre syn: drome dyspeptique indépendant du lait, serait le changement de nourrice.
Expérience difficile, surtout dans le milieu social où nous avons fait nos observations : toutes les mères sont nourrices de leurs enfants.
M. le professeur Leenhardt vient, cependant, de la pratiquer une fois, de façon fortuite. Un enfant qu'allaitait une « montagnarde » très saine, présentait fort nettement la triade symptomatique ; la nourrice fut obligée de retourner chez elle ; une Italienne la remplaça : guérison immédiate. — La dyspepsie paraît bien, dans ce cas, fonction de la nourrice.
Toutefois, nous hésitons à étendre cette conclusion. En effet :
1° La fréquence des dyspepsies (12 */,} est beaucoup plus élevée que la fréquence des intolérances spécifiques (qui ne se chiffrent point par un pourcentage, mais par observations publiées) ;
2° Tous les enfants que nous avons suivis étaient nourris par les mères : condition éminemment favorable, et nous avons quelque peine à suspecter cette condition eminemment favorable dans un aussi grand nombre de cas : |
3" Empiriquement, nous avons souvent observé la rémission des symptômes par administration temporaire du sucre à l'enfant, — c'est-à-dire par modification du «terrain » du sujet et non de la cause présumée (lait).