CONCLUSIONS
1° [lexiste un tableau clinique d’hypoalimentation ; mais il ne doit pas être confondu avec la « dyspepsie chronique bénigne ».
2°. L'histoire clinique des hypoalimentés n’est pas celle de nos dyspeptiques ; et nous pensons avoir établi suffisamment ce point, par la critique de nos observations. Nos dyspeptiques étaient bien nourris, les symptômes gastro-intestinaux que nous avons décrits chez eux n'ont pas été la conséquence d'une alimentation insuffisante, ou rendue insuffisante par les vomissements : ces vomissements ne sont pas assez considérables ; d’ailleurs, ils n'ont pas apparu toujours les premiers dans le tableau clinique, et l'on ne saurait leur attribuer alors to5s les symptômes, à titre de simples conséquences.
Toutefois, dans deux observations {I et IV), nous trouvons des poids faibles : l'enfant vomit beaucoup, il ne prospère pas. L'hypotrophie peut bien avoir été une conséquence de la dyspepsie ; mais la limite entre l'hypoalimentation de Variot et notre dyspepsie chronique n’en reste pas moins bien tranchée : il y a alors hypoalimentation par dyspepsie, — et non dyspepsie par hypoalimentation. (Peut-être trouverait-on des cas analogues dans :certaines observations de Variot, où le lait de vache donnant d'excellents résultats, il fut conclu à dyspepsie par hypoalimentation.}
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REMARQUE. — Au chapitre III, $S 3, nous avons donné les raisons «de laboratoire » qui en contre l'hypoalimentation.
IF. Laits défectueux
L'analyse du lait doit toujours être pratiquée : elle permettra de rapporter à leur véritable cause, l'hyper ou l'hypo-
alimentation, certains troubles digestifs ; car il existe des __ laits trop pauvres et d’autres trop riches. Mais nous insis-
tons ICI sur certaines anomalies particulières, ne portant que
Sur un seul élément.
1) Excès de beurre. — Depuis longtemps, l'excès de beurre est reconnu comme cause de dyspepsies. Elles sont essentiellement caractérisées par une diarrhée verte, persistante, avec atteinte assez rapide de l'état général. L'analyse du beurre ie des chiffres nettement au-dessus de Îa
moyenne : 50 gr.; 50 gr. 8 (Guiraud); 49 gr. [analyse de
M. Derrien).
Mais il faut compléter ces renseignements par l'examen microscopique (Fleichsmann), voir si les globules de beurre ne sont pas tous uniformément petits : état de division extrème, qui a été parfois incriminé.
2) Etat colostral. — L'examen microscopique peut aussi indiquer, en plus où moins grand nombre, des « corpuscules framboisés », analogues à ceux du colostrum. Un vieil auteur, Donné, leur attribuait grands méfaits : enfants hypotrophiques, ne prospérant pas. Aujourd’hui, l'on met ces accidents
sur le compte de l’hypoalimentation, l’observation ne mon-
trant que rarement des corpuscules framboisés {1 fois sur 45 recherches, d’après Guiraud).
Pas de diagnostic à faire avec notre syndrome.
LS
3) Excès de sels minéraux. — IT arrive, surtout avec le lait de vache pur, très riche en sels minéraux, que l'enfant reçoive une ration saline exagérée ; pendant un certain temps, l'excès est éliminé par les reins (polyurie): puis, les reins se fatisguent, les sels'se fixent dans les tissus. Alors, troubles histologiques (Le Play), et ‘troubles digestifs (Barbier,. L'enfant a besoin d'eau pour rétablir les équilibres osmotiques ; il a «soif » et absorbe d'énormes quantités de lait ; des diarrhées s'installent, autant par hyperminéralisation, que par hyperalimentation. — Tableau bien différent de celui que nous étudions dans cette thèse. :