‹ Dyspepsie et consomptionChapitre 11 sur 30 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Communiquée par le docteur Rilliet, médecin en chef de l'hôpital

de Genève).

Une dame de vingt-six ans est atteinte de dyspepsie qui revient à des intervalles variables. Le traitement par les préparations nutrimentives est suivi

(t) Obs. XTI du Moniteur des Hôpitaux.

(2) Extraite d'un mémoire intitulé De la dyspepsie et de l'apepsie, par M. Rilliet, Revue médico-chirurgicale, 1854-1855. — Le lecteur trouvera dans ce mémoire les détails les plus intéressants et un certain nombre d'observations relatives à l'emploi des préparations nutrimentives.

d'une rapide amélioration. ~ M»" C..., âgée de vingt-six ans, a eu, il y a un an et demi, dans le cours d'une grossesse, une maladie caractérisée par de la Dèvre et du dévoiement; la convalescence a élé longue; depuis lors sa santé s'est rétablie. Après ses couches, qui ont eu lieu au mois d'août 1853, elle a eu de la fièvre pendant quinze jours, et depuis celle époque elle a éprouvé de la dyspepsie, qui est revenue à intervalles d'une longueur variable, de quelques semaines à deux ou trois mois. La dernière crise date du mois d'avril 185i.

Les symptômes dyspeptiques consistent dans une grande difficulté dans la digestion, dans de fréquents renvois ayant le goût des aliments et dans de la constipation sans gonilemenl abdominal. La soupe est l'aliment qui pèse le plus, elle la sent encore quatre heures après l'avoir prise. La viande rôtie passe mieux.

Depuis le début de cette dernière attaque, M"" C... a pâli et maigri, ses forces ont sensiblement diminué, toute application intellectuelle lui est impossible après le repas. Elle est naturellement fort nerveuse et depuis qu'elle est malade, elle l'est encore plus qu'à l'ordinaire. Cependant elle n'a jamais eu de véritable attaque hystérique.

Je vois M'-'e c... le 11 juillet 1854. C'est une femme délicate, au teint pâle et légèrement bistre. Son apparence est chlorotique et anémique ; cependant je ne perçois pas de bruit de souffle dans les carotides. Ses époques manquent depuis deux mois. Les symptômes dyspeptiques sont très-caractérisés. Ainsi l'appétit fait défaut, la bouche est habituellement pâteuse, il y a de la soif^ soit pendant les repas, soit dans leur intervalle, la constipation est opiniâtre, la langue humide tachetée de points rouges. L'abdomen est indolent, et l'on n'y sent ni tumeur ni résistance.

Jusqu'ici on n'a fait aucun traitement. Le 11, je prescris un régime sec, composé de viandes rôties, d'œufs, de poissons, de bons légumes et chaque jour deux poudres nutrimentives, une un quart d'heure avant le déjeuner, l'autre un quart d'heure avant le dîner.

Le 12, elle a pris ses deux poudres, une avant le dîner d'hier, composé d'une petite quantité de trois viandes, l'autre avant le déjeuner, à la fourchette, de dix heures du malin. Elle a mieux digéré ces deux repas. Le chocolat qu'elle a pris le matin lui a pesé, il n'avait pas été précédé par une poudre.

Le 13, même traitement. M"" C. . . remarque que la pesanteur épigastrique débute presque immédiatement après l'ingestion des aliments, mais aussi qu'elle est débarrassée plus lôl de cette sensation pénible.

14. Le dîner d'hier a parfailemeat bien passé; elle a mangé une côtelette et des carottes. Aujourd'hui 14, elle a déjeuné, à dix heures et demie, avec du poisson et deux œul's; il est une heure et elle ne sent pas son repas. Deux poudres.

15. Le déjeuner a très-bien passé et le dîner beaucoup mieux qu'autrefois. Je prescris une cuillerée nutrimentive avant le déjeuner, et une avant le diner.

16 et 17. M"'<' C... a pris quatre cuillerées nutrimentives; elle se trouve beaucoup mieux ; sa digestion est plus courte et plus facile, point de chaleur à l'estomac. Même appétit. Elle n'a pas augmenté la quantité de la nourriture.

18-19. Trois cuillerées nutrimentives. L'amélioration se soutient, la di-

gestion continue à être beaucoup plus facile, mais l'appélil n'est pas plus vif et la constipation persiste. M^eC... quitte Genève dans un état de santé satisfaisant.

Remarques. C'est à l'état cliloro-anémique que je rattache la dyspepsie de cette maladie. Le traitement que je lui ai fait subir a été suffisamment prolongé et a réussi à dissiper presque tous les .symptômes.

J'avais prié cette dame étrangère de me faire savoir si la maladie avait récidivé; je n'ai reçu jusqu'ici aucune communication qui puisse me faire penser que la guérison ne se soit pas soutenue.

J'ai recueilli plusieurs autres observations que je ne reproduis pas ici, parce qu'elles ne sont pas terminées; mais je puis dire que, dans la plupart des cas,, j'ai constaté une influence favorable de la méthode nutrimentive. Lorsque ces faits seront au complet, ils pourront faire le sujet d'une nouvelle communication.

OBSERTA.XION X.

(Recueillie par M. le D'Huet.)

Dyspepsie. — Usage des prises nutrimentives. — Aussitôt les digestions sont bonnes. — La malade cesse l'usage du médicament. — Il revient du malaise.— M"^ Ap., d'Ecouen, âgée de trente-huit ans, bien portante habituellement, a, depuis quelque temps, des digestions dilTiciles.

Cette dame, après chaque repas, éprouve de la chaleur, de la pesanteur, et une sensation de barre à l'estomac.

Je lui conseille, le 6 septembre, des poudres nutrimentives. Pendant deux jours elle en prend, mais une seulement et au principal repas. Les digestions sont rendues plus faciles. Du 9 au 16, pendant sept jours. M"" Ap. prend deux prises, l'une à déjeuner, l'autre à dîner. Pendant tout ce temps la malade digère bien, n'éprouve plus cette chaleur et cette pesanteur après chaque repas.

Du 6 septembre au 5 octobre, M"" A. a cessé le médicament. Pendant ce temps, elle a éprouvé un certain malaise après ses repas. Aussi le 5 octobre, je l'engage à reprendre quelques prises.

Page 1