‹ Dyspepsie et consomptionChapitre 12 sur 30 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

M^e Maillard, Sgée d'environ quarante-cinq ans, d'une bonne constitution, perdit, en 1849, son mari d'une attaque violente de choléra. En 1854, dans les premiers jours de juillet, elle donna des soins à une de ses voisines qui mourut aussi très-rapidement du choléra. M"» Maillard en fut tellement impressionnée que, quelques jours après, elle fui prise elle-même de coliques, de diarrhée et de vomissements jaimâlres sans crampes ni refroidissement. Au bout de sept ou huit jours, tous ces accidents avaient cessé cl la faim se faisait sentir vivement ; on donna du bouillon léger et il passa bien, mais, au premier potage, la diarrhée et les coliques revinrent sans vomissement.

Diète sévère, tisane de riz très-légère adoucie avec du sirop de ratanhia.

(1 ) Docteur Berlhelol,

malin et soir, demi-laveinenl d'eau de son, d'amidon et de têle de pavot.

Après trois jours de ce traitement, la malade n'éprouvant plus rien, on lui donna de très-légers potages au tapioka ; aussitôt les coliques et la diarrhée reparurent; même régime qu'avant, et les accidents cessent de nouveau; on revient encore aux légers potages, qui sont supportés pendant deux ou trois jours, puis, pour la troisième fois, les coliques et la diarrhée reviennent encore avec une ténacité incroyable.

Malgré ces accidents, je Os continuer les potages, trois par joar, mais en mettant, dans la première cuillerée de chaque, 1 gramme de poudre nutrimentive, la digestion s'exécuta bien sans coliques ni diarrhée. On continua cette poudre pendant quinze jours de suite, 3 grammes par jour, à chaque repas; chaque jour on augmenta la quantité et la variété de la nourriture ; au bout de ce temps, Maillard pouvait manger toutes sortes d'aliments, sans avoir rien éprouvé depuis celte époque jusqu'à ce jour (8 novembre 1854).

OBSEUVATION XII (1).

(Recueillie par M. le D' Boulu^ méd. p. quart, de l'Empereur.)

M"" X., âgée de vingt ans, d'une constitution faible, eut, il y a deux ans, une fièvre typhoïde, qui dura quarante jours, avec des symptômes graves.

La malade ayant eu l'imprudence, alors qu'elle n'était qu'à peine convalescente, de manger sept crêpes, eut une violente indigestion; les symptômes de la Oèvre typhoïde reparurent, et cette deuxième affection dura également quarante jours, pendant lesquels elle eut des hémorragies intestinales inquiétantes, qui cédèrent cependant aux boissons sulfuriques et à l'usage du ratanhia.

Depuis cette époque, le bon état des voies digestives ne reparut point, et les forces faiblirent; la malade eut toujours un appétit languissant, des tiraillements d'estomac, des douleurs plus vives et des gonflements après les repas, très-souvent des vomissements, du malaise, de l'angoisse après dîner; tantôt de la constipation, tantôt de la diarrhée; la jeune malade resta maigre et décolorée.

Du quassia, puis du bismuth, le matin à jeun, l'eau de Vichy (un verre avec du vin par repas) n'amendèrent que légèrement cet étal.

Au mois de mars, je lui prescrivis une pilule nutrimentive à chaque repas, et je la fis manger beaucoup plus; elle suivit cette prescription vingtcinq jours de suite; dès les premières, les douleurs d'estomac disparurent, l'appétit se releva, la diarrhée ce«sa, les digestions furent parfaites et profitèrent, caria jeune personne reprit rapidement un air de santé. Malgré la cessation du médicament, elle se trouva parfaitement bien portante du côté des voies digestives pendant un mois ou six semaines. Des circonstances indépendantesde ma volonté empêchèrent que la malade reprît les poudres nulrimenlives.

Aujourd'hui, huit mois après ce traitement passager, la malade est derechef prise de maux d'estomac, de difficultés dans les digestions ; mais elle a conservé bien plus d'appétit qu'avant les poudres, et ne vomit plus.

Son état, d'ailleurs, est tout à fait différent de ce qu'il était avant elles ;

U) Obs. IX du Mon. des Hôp.

quoiqu'elle souffre, elle n'a plus l'air maladif, elle a des forces, plus d'embonpoint, etc.

Ce n'est point assez de calmer, comme on a vu par ces nombreux exemples, le malaise et les douleurs dyspeptiques, le vomissement ou la diarrhée, par l'emploi du médicament physiologique dont il est question, car sa puissance est plus grande, il faut qu'il détruise tout l'état morbide qui constitue la dyspepsie.

Bien que , dans les dyspepsies enracinées, le médicament, pendant l'usage qu'on en a fait, calme les symptômes incommodes; que, cet usnge cessé, le bien obtenu se soutienne plusieurs jours, plusieurs semaines , comme on le voit par la dernière observation , néanmoins plus tard, à une époque quelquefois éloignée, le mal reparaît, si on cesse trop tôt l'usage du médicament.

Si, au contraire, à l'aide d'interruptions momentanées, puis de reprises de plus en plus courtes, on a mis en jeu toute l'action thérapeutique, c'est-à-dire, si l'on a plus ou moins reposé l'estomac, suivant son plus ou moins de faiblesse, tout en opérant la transformation essentielle des aliments en nutriments 5 on détruit la dyspepsie de telle sorte qu'elle ne reparaisse plus, comme dans les deux observations (1) qui suivent.

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