IV PRÉFACE
nerveux dans la grande majorité des affections gastro-intestinales, rôle que les écrits parus sur ce sujet n'ont pas toujours suffisamment mis en relief. Aussi quelques médecins envisagent-ils encore comme gastrite ou catarrhe ce qui en réalité n'est que névrose ou neurasthénie. Or, comme le traitement du catarrhe n'est pas le même que celui de l'atonie, qu'il en diffère même absolument, il importe de ne plus confondre ces deux états morbides ; et il est bon de se rappeler que, si le catarrhe est relativement très rare, la neurasthénie et la névrose de l'estomac sont en revanche extrêmement fréquentes, et représentent certainement de beaucoup la plus grande partie des affections gastro-intestinales.
Au point de vue thérapeutique, nous espérons démontrer que le traitement de l'atonie de l'estomac et des névroses de la digestion, relève essentiellement des agents physiques de la médecine et du régime alimentaire; qu'en outre, l'Hydrothérapie, V Electricité et le massage, combinés avec un régime approprié, doivent être aussi à la base du traitement des affections catarrhales et organiques de l'estomac; mais qu'il y aura lieu, dans ces cas, d'qouter au régime et aux agents mécaniques l'usage des eaux minérales, et plus particulièrement des eaux akaiims, dont les effets sur la muqueuse gastrique
prAfaob y
sont connus de tont le monde; tandis que ces mêmes eaux sont contre-indiquées dans la plupart des dyspepsies nerveuses. Nous disons la plupart, car les eaux alcalines seront encore ordonnées, et avec raison, dans la névrose HypercMorhydrique, et dans Vidcère de V estomac, auquel nous reconnaissons au surplus une origine nerveuse trophique.
Si nous n'hésitons pas à dédier ce livre à nos Clients aussi bien qu'à nos Collègues, ce n'est pas que nous ne sachions fort bien que pour beaucoup de malades, et notamment pour les nerveux et les neurasthéniques, la lecture des livres de médecine a plutôt une mauvaise influence sur leur état moral. Mais, sans prendre l'avis de personne, les neurasthéniques lisent presque tous un plus ou moins grand nombre d'ouvrages traitant de leur maladie. Ils sont même très souvent au courant de cette littérature spéciale, autant, si ce- n'est plus, que bon nombre de médecins. Or, généralement, leur choix est loin d'être très judicieux ; et ces malades ont lu le plus souvent un monceau de brochures, qui ne sont presque toutes que des réclames plus ou moins déguisées en faveur de cures soi-disant merveilleuses, et de certains spécifiques.
Ces livres, comme la plupart de ceux qui traitent de l'impuissance, et d'autres sujets délicats, sont des
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plus funestes : car ils exagèrent le plus souvent les effets possibles de la maladie, qu'ils exposent sous les couleurs les plus sombres; et ils augmentent ainsi la dépression morale des malades, en leur persuadant qu'ils sont incurables, et en faisant défiler sous leurs yeux tous les symptômes qu'ils pourraient présenter, et que Tauto-suggestion finit par rendre très réels chez ces malheureux impressionnables à l'excès.
Les avertissements du médecin ne leur ont pas manqué; mais pour le neurasthénique, le besoin de raconter et d'exposer ses maux à tout venant n'a d'égal que son désir de « s'instruire » sur sa maladie. Cela devient parfois une véritable obsession à laquelle le malade ne peut résister.
Il vaut donc mieux, à notre avis, autoriser ce qu'on ne peut empêcher, et remettre, entre les mains des neurasthéniques, des livres sérieux qui représentent les choses telles qu'elles sont, sans les assombrir, et sans tomber dans un optimisme excessif qui serait aussi dangereux que le pessimisme; car il n'est trop souvent que le prélude de ces désillusions et de ces désespérances si fréquentes et si tristes chez les malades en question.
D'une manière générale, il vaut donc mieux, selon nous, que le malade sache où il va. Aussi dans
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toutes les maladies d'ordre essentidlement subjectif, k livre, de même que la parole, peut avoir une influence très heureuse, et une importance suggestive qui ne sont certes pas à dédaigner.
C'est ainsi que nous n'avons pu tranquilliser les appréhensions d'un malade fatéx cardiaque, convaincu qu'il était atteint d'une maladie du cœur, qu'en lui démontrant par la lecture d'un traité de médecine que les symptômes qu'il présentait étaient l'effet d'actions réflexes de l'estomac, et non d'une maladie organique, dont il ne présentait du reste aucun symptôme objectif réel. Ce malade ne croyait pas aux assurances des médecins, qui, disait-il, cherchaient charitablement à le tromper sur la gravité de sa situation ; mais il se rendit aux raisons et aux arguments du livre, dont il ne pouvait nier l'objectivité et l'impartialité.
Dans quelques cas donc, la lecture d'un ouvrage médical, loin d'être nuisible, peut au contraire, si elle est bien dirigée, agir très favorablement sur l'esprit du malade, et aider à son entraînement psychique ; c'est parfois un moyen suggestif important qu'il ne faut pas mépriser, et dont on doit savoir tirer parti dans certaines occasions.
Le traitement des affections nerveuses est souvent si aléatoire, si délicat et si incertain ; il doit
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tenir un tel compte de Faction morale, que rien de ce qui peut agir sur Tidée et Timagination ne doit être négligé. Toutefois hfttons-nous d'ajouter que les malades feraient mieux de s'en tenir aux seuls conseils de leurs médecins, sans s'appliquer à l'étude de choses ou de faits qu'ils ne peuvent comprendre qu'à moitié ou même pas du tout, et dont en général ils interprètent faussement le sens. Ds éviteraient ainsi de suivre à tort et à travers, sans direction et sans raisonnement, toutes sortes de cures empiriques, le plus souvent inconscientes ou extravagantes ; et qui, la plupart du temps ordonnées et suivies en dépit du bon sens, ne font qu'aggraver cette malheureuse neurasthénie, pour le traitement de laquelle il faut avoir beaucoup d'expérience et de tact, faire montre d'une grande prudence, éviter toute exagération thérapeutique, et savoir souvent se borner aux petits moyens.
Telles sont les considérations qui peuvent expliquer notre double dédicace, et nous autoriser à recommander cet ouvrage à nos Clients comme à nos Confrères, dans l'espoir qu'ils lui feront bon accueil.
Nice, mars 1897.
ET
« Nur nicht mûde werden. »
Prçf. wm Bergman.
« The best iuRpirer of hope is the hwi physician. »
Cohrigii.
Il a été publié depuis quelques années tant de travaux sur les Dyspepsies nerveuses et la neurasthénie, qu'il peut sembler superflu de revenir encore sur un sujet en apparence épuisé. Mais les problèmes médicaux sont de ceux dont Tétude n'est jamais terminée ; et plus particulièrement, dans le domaine des maladies fonctionnelles, il sem toujours possible d'apporter, par les déductions pratiques que l'on saura tirer de l'expérience et de l'observation des faits, des matériaux nouveaux et utiles, susceptibles de perfectionner la thérapeutique, et de faciliter le diagnostic, sans lequel aucun traitement logique n'est possible. C'est ainsi que s'étendent
peu à peu nos connaissances, et que grandit Tédifice médical, dont la construction durera aussi longtemps que rhumanité.
Nous avons lu, avec toute l'attention qu'elles méritent, les nombreuses publications qui ont trait à la neurasthénie, et qui ont paini dans ces quinze dernières années. Mais nous devons constater que, si elles sont en quelque sorte innombrables, les travaux originaux, ou tout au moins ceux qui sont le résultat d'une pratique et d'une expérience personnelles suffisamment longues, sont en somme assez rares. La mode est aux publications prématurées, écrivait avec raison le professeur Charcot dans une de ses policliniques. C'est ce qui paraît être surtout le cas pour la neurasthénie et les affections nerveuses, oii, à part les ouvrages classiques parus sur ces sujets, nous ne trouvons plus que des études peu originales, et sans opportunité. C'est qu'elles ont été écrites par de jeunes praticiens spécialisés dans les maladies nerveuses, les maladies à la mode, ayant hâte de se signaler, mais manquant des connaissances et surtout de l'expérience spéciales. Or celles-ci, dans l'espèce, ne peuvent s'acquérir que par des observations assidues, et par une longue pratiqua des effets des agents physiques sur l'homme sain ou malade.
Les manifestations de la neurasthénie, et les symptômes si variés dont se plaignent les malades, présentent ce caractère de subjectivité qui caracté-
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rise les affections dynamiques et fonctionnelles. Elles exigent par cela même, pour être traitées avec autorité et compétence, une grande expérience des maladies nerveuses, et une observation patiente et attentive des faits de la neurasthénie. C'est Texpérience des neurasthéniques qui permet au médecin d'apprécier, et de ramener à leur valeur réelle, les phénomènes si extraodinaires parfois et si étranges que présentent les malades, et qui lui donne la confiance et la sûreté dans la thérapeutique. C'est elle seule qui rend possible un choix judicieux et rationnel dans Tencombrement des remèdes, et des traitements tour à tour recommandés pour les affections nerveuses et neurasthéniques. Aussi, est-ce surtout de ces maladies qu'on peut dire que la thérapeutique ne s'apprend pas dans les livres, mais au lit du malade.
Rien de plus illogique que de soumettre indifféremment tous les neurasthéniques à un traitement uniforme, thérapeutique de parti-pris toujours la même, comme par exemple les douches froides, ou la cure d'isolement, ainsi qu'elle a été conseillée par le médecin américain Weir-Mitchell. Les traitements exclusifs peuvent être aussi nuisibles qu'utiles ; et si nous avons vu certains cas, en apparence désespérés, guéris par la « cure Américaine, » nous en avons vu d'antres aggravés certainement par cette réclusion trop sévère, que bon nombre de malades ne peu-
vent supporter, et dont Tusage, imposé coûte que coûte, non seulement ne procure aucun soulagement, mais aggrave encore l'affaissement moral et la dépression psychique, qui rendent la vie si pénible aux neurasthéniques.
Nous ne pouvons recommander le traitement de Weir-Mitchell qu'aux neurasthéniques déprimés et très affaiblis; aux grands fatigués qui sentent la nécessité d'un repos absolu et complet ; à ceux qui, très affaissés moralement, sont indifférents à l'ennui s'attachant forcément à toute réclusion prolongée; et qui au contraire, trouvent une grande quiétude et un grand soulagement moral, à l'idée d'être isolés et séparés du monde, plu« particulièrement de toutes les personnes avec lesquelles ils avaient été en relation.
Ces malades sentent impérieusement et comme par instinct le besoin d'être gouvernés par une volonté ferme et étrangère, par une sorte de tuteur moral qui les aide, les remonte, leur redonne du courage en chassant leurs idées noires ; et qui, les conduisant par la main, les dirige peu à peu dans le chemin de la guérison, en iQur imposant le mot de la vie « lutte et aie confiance. »
Ce n'est que lorsque le traitement correspond à un vrai besoin, comparable en quelque sorte à celui de la morphine chez le raophinomane, que l'on peut espérer un résultat vraiment avantageux de la
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cure de Weir-Mitchell, et qu'il est permis au médecin d'insister sur Turgence de son emploi.
Là cure américaine, qui a pris en Allemagne le nom de « Mastkur, » nous ne savons trop pourquoi, car il s'agit ici bien plus d'une cure de repos, de traitement psychique, et d'un régime approprié à Tétat des voies digestives que d'une alimentation forcée, d'un gavage que le malade du reste ne peut que très rarement supporter ; la cure américaine dis-je, à été ordonnée beaucoup trop souvent à tort et à travers, sans que l'on ait pris au préalable la peine de consulter l'état moral du neurasthénique. Aussi les résultats en furent-ils souvent déplorables ; car, l'isolement, la solitude, la séquestration de la famille, n'ont qu'un effet délétère chez les pusillanimes, les malades sensibles, impressionnables, enclins à la dépression morale, et qui ne se soumettent qu'avec répugnance ou appréhension à cette cure qui les effraie par sa sévérité et son apparente dureté.
Quant à l'alimentation recommandée par Weir- Mitchell, — où l'usage du lait joue un rôle prépondérant, — nous ne pouvons l'admettre dans les cas de neurasthénie, et ce sont les plus fréquents, qui s'accompagnent d'atonie et de dilatation de l'estomac. Dans ces cas en effet tous les liquides sont mal digérés, et augmentent la distension et l'état dyspeptique; aussi le régime lacté ne peut-il être recommandé à la grande majorité des neurasthéni-
b INTRODUCTION
ques, chez lesquels nous avons pu bien souvent constater une aggravation de Tétat gastrique par Tusage abusif du lait.
CTest pourquoi nous avons modifié le régime américain de manière à bénéficier des avantages du lait, tout en évitant les inconvénients quMl présente comme liquide.
Bien entendu que ce r^me s'applique aux neurasthéniques gastriques, le traitement classique de Weir-Mitchell reprenant tous ses droits pour les hystériques ou les neurasthéniques non dyspeptiques, fort rares il est vrai.
Nous combinons l'isolement avec le massage et l'hydrothérapie par le drap mouiUé, dont l'importance paraît avoir échappé à la sagacité du médecin américain ; car il ne parle nulle pari de cet agent thérapeutique aussi simple qu'efficace. Le traitement et le régime alimentaire sont ordonnés comme suit :
Le matin à 7 h. : friction au drap mouillé (eau froide de 14"^ à 10° C, friction énergique, drap bien tordu).
A 8 h. : deux soucoupes de porridge, deux œufs à la coque, toast, beurre.
A 9 h. : massage de tout le corps de Va heure à 1 heure.
A 10 h. : un à deux œufs, bouillie au tapioca, une petite tasse de lait.
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A midi : viandes rôties, légumes verts, parée aux lentilles, macaronis, riz, pain grillé, un verre de Porto ou de Bordeaux, ou de Bourgogne, séjour en plein air jusqu'à 3 heures.
A 4 h. : 2"^ massage, puis : œufs, purée aux lentil* les, on farine lactée, du thé au lait et pain de Gra* ham (brown bread ou pain complet), beurre. Séjour en plein air, ou promenade de 80 à 60 minutes.
A 5 h, : s'il y a lieu, faradisation de tout le corps avec la brosse ou le pinceau métallique.
A 6 h. : même repas qu'à midi, puis repos en plein air sur une chaise longue jusqu'à 8 heures.
A 8 Vs h. : maillot calmant, ou friction au drap mouillé, suivant l'indication du moment. Le maillot, ou plus simplement le drap mouillé, pratiqués au moment du coucher, produit un sommeil calme, tranquille et réparateur, que l'on n'obtient jamais par les hypnotiques ordinaires (sulfonal, chloral, bromures, trional, etc.).
Cette cure mitigée, plus aisée à supporter que le traitement sévère de Weir-Mitchell, suffit certainement dans la plupart des cas de neurasthénie simple. Mais il faut combiner ce même régime avec le repos absolu et complet, tel qu'il a été formulé par Weir-Mitchell dans tous les cas de neurasthénie grave, ou de neurasthénie qui résiste aux traitements ordinaires.
On peut aussi combattre l'insomnie, en appliquant
au malade le procédé de Strttmpell, qui consiste à supprimer les excitations sensorielles de l'ouïe 'par V occlusion totale des oreiUes; mais il faut en même temps isoler complètement le malade, et lui suggérer ridée fixe du sommeil. Si l'on ajoute à cela le massage léger, ou plutôt l'effleurement de la tête avec compression très légère des yeux, on arrive assez facilement à faire perdre au sujet son état de conscience.
Le prof. Raymond a du reste montré qu'il y avait une relation ceiiaine entre la suppression des sensations et le sommeil naturel ; il cite un malade auquel il était impossible de faire garder un état de conscience lorsqu'on lui bouchait les oreilles. On fait compter le malade; on lui bouche les oreilles au nombre 4 : il compte 5, puis sa langue et ses lèvres sont agitées de quelques mouvements qui cessent aussitôt, et le malade est dans un état particulier : yeux fixes, aspect hébété, bouche entr'ouverte. Et au réveil, il ne se souvient de rien*.
Il est clair que, dans ces cas, la suppression des sensations doit amener le repos du système nerveux, une sorte de syncope psychique, par la suppression de l'activité cérébrale. Est-ce en supprimant les
* F. Raymond. Sur un cas cTanesthésie généralisée chez Vhomme. (Bulletin médical, 1893, et Revue de médecine, 1891.)
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matériaux nécessaires à Tactivité cérébrale, ou en diminuant l'activité nutritive, que la fermeture des sens atteint la vie psychique ? (voir Bévue de tnéde' cine, n"" 5, 1896. F. Roland. Sn/ppreamn des sensor tians). Le prof. Raymond conclut que l'activité cérébrale, qui constitue Tétat de veille, ne peut se maintenir qu'à la faveur des excitations du dehors.
Qu'on épargne aussi aux neurasthéniques toutes les inutiles préparations de la pharmacie, dont Tinterminable liste n'est guère qu'une marque d'impuissance ; et dont l'effet le plus clair est de rendre l'estomac de plus en plus faible et paresseux, de plus en plus dyspeptique. On les remplacera, pour le plus grand avantage du malade, par les sages prescriptions de l'hygiène et du régime.
Ce n'est pas aux médecins à faire la fortune des trop nombreux chimistes et pharmaciens, qui chaque année trouvent un nouveau remède, ou lancent une nouvelle spécialité, pour leur plus grand bien et <^lui des journaux, mais au détriment de la boui'se et parfois de la santé de leurs clients.
Qui a jamais obtenu un résultat vraiment palpable de l'acide salicylique, de la résorcine, de l'eau chloroformée, des valérianates, du naphtol, des amers, de l'oréxine, des injections de Brown-Séquard, ou de cervelle de mouton, et de tous les toniques recommandés et employés dans l'atonie et la neurasthénie gastrique ? Nous ne voulons pas dire
certainement que tons les médicaments doivent être condamnés a priori ; et Ton aura souvent à mettre à contribution les phosphates, la strychnine, Thuile de foie de morue, la kola, les injections de sérum» etc., dans le traitement de la neurasthénie. Aussi, ne proscnvons-nous pas l'emploi des médicaments qui ont fait leurs preuves, et qui, par leurs effets toniques et reconstituants de la cellule nerveuse, sont bien indiqués dans l'épuisement nerveux. Mais, nous nous élevons contre leur abus, et surtout contre Tabus de cette foule de drogues, dont nous lisons les réclames pompeuses dans la quatrième page des journaux, et dont chaque neurasthénique est ou a été plus ou moins saturé.
Il existe depuis quelques années un nouveau genre de réclame médicale, très fin de siècle celui-là ; il dénote bien la pléthore qui sévit actuellement dans la profession médicale, comme dans toutes les professions, libérales et autres du reste : c'est la publicité que font certains pharmaciens, fabricants de spécialités, dont les remèdes à la mode, et plus par* ticulièrement la kola, les glycérophosphates, le coca foi-ment généralement la base. Ces lanceurs d'affaires ont des médecins à leur solde, et créent des journaux qu'ils expédient dans le monde entier. — Ce n'est pas sans un certain sentiment de tristesse et de confusion, que nous assistons à cette main mise sur des confrères intelligents, forcés par les difficul-
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tés de la vie à vendre leur plume à ces thérapeutistes fantaisistes, qui ne pensent qn^à tirer profit de la crédulité publique.
Us pourraient certainement trouver mieux que cela ; car la plupart des articles qui représentent le côté sérieux du journal sont généralement fort bien faits, écrits dans les meilleurs termes, et ne dépareraient aucune revue de médecine. Mais hélas ! on a beau avoir du talent, il faut vivre ; et si Ton est sans fortune et sans réputation, que devenir ? Du reste, n'est-il pas plus agréable de faire de l'argent avec des articles de journaux, que de peiner et de « trimer » avec une clientèle souvent difiicile, toujours fatigante. De même que l'ouvrier, l'étudiant, qui a pris l'habitude des villes, ne veut plus entendre parler de la campagne. Où trouverait-on encore le médecin de campagne de Balzac ? Aussi, nous marchons à grands pas au prolétariat scientifique et littéraire, qui, à défaut de révolutions, nous conduira fatalement au protectionnisme des études et des fonctions libérales, ce qui serait les préliminaires de la décadence des hautes études, comme les tarifs prohibitifs sont finalement la ruine du commerce et de l'industrie. Espérons que les idées d'autrefois, qui sont celles du bon sens, épargneront à l'Europe cette nouvelle cause d'infériorité dans la lutte qu'elle soutient, et qu'elle aura toigours de plus en plus à soutenir, avec les grands pays d'outre-mer.
On ne peut écrire sur la neurasthénie sans avoir présent h l'esprit le livre classique de Beard. Mais la part d'admiration faite à la façon magisti*ale dont ce médecin, au coup d'œil remarquable, a décrit et déj)eint la pathogénie et les symptômes de la neurasthénie, on ne peut néanmoins retenir son étonnement à la lecture des recettes extraordinaires que Beard recommande au chapitre de la thérapeutique. L'ergotine, l'arsenic, le chanvre indien, des composés de zinc, le phosphure de zinc, l'oxyde de zinc, les bromures et valérianates, la caféine, la kola, le coca, la duboisine, l'eucalyptus, l'hydrastis, sans parler des phosphates, du fer, de l'opium, du chloral,de la strychnine, etc., etc., sont tour à tour administrés et préconisés par Beard, qui avait ainsi mis à la mode une déplorable thérapeutique basée uniquement sur la polypharmacie. Car c'est à peine si Beard fait mention des agents de la « médecine physique » qui, aujourd'hui, réprésente à peu près seule le traitement de la neurasthénie et des différents états nerveux.
J'ai actuellement sous les yeux la liste des médicaments absorbés et employés par un jeune neurasthénique de vingt ans, dont voici brièvement l'observation :
Développement de la neurasthénie à l'âge de quinze ans, après quatre attaques d'infiuenza dans la même année. Le malade est nerveux, irritable, très amai-
gri et débilité, souffre d'une dépression morale et d'une extrême mélancolie. Il est très frappé de son état, se plaint d'un serrement à la tête, d'insomnie, de faiblesse générale, de prostration, et comme tant de neurasthéniques, des symptômes les plus bizarres et les plus divers. Sans avoir du dégoût pour les aliments, il n'a pas d'appétit : après les repas, il sont une pesanteur à l'estomac, et éprouve souvent une sensation pénible qu'il ne peut définir, mais qui n'est ni une douleur, ni une pression ; nausées fréquentes, sans vomissement; pas de constipation, ni de diarrhées; pas d'hérédité appréciable; urines noiTOales. Le malade ayant consulté de nombreux médecins a pris, sans résultat du reste, l'énorme quantité de médicaments dont ci-joint l'énumération, d'après les ordonnances qui nous sont présentées : divers glycéro-phosphates, de la kola granulée, du coca, de la cérébrine,de la strychnine, des injections sous-cutanées de phosphates, du vin de Chassaing, du chanvre Indien, de l'eau de Vichy, du valérianate de quinine, du valérianate de Pierlot, du valérianate de caféine et des bromures, de l'antipyrine, de la phénacétine, de la pepsine et de l'acide chiorhydrique, de la pancréatine, du bicarbonate de sotide à hautes doses, du salicylate de magnésie et de bismuth, de la quinine, du quinquina, du trional, du sulfonal, des gouttes d'HoflFmann, de l'ammoniaque anisée, des pilules de Méglin, du chloroforme, de la
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teinture diode à rintériear, puis des lavages de Pestomac, et la diète lactée; enfin une cure theimale combinée à l'hydrothérapie, et consistant en un bain tiède à 8 heures, à 11 heures une douche tiède à 85^ C, et le soir une douche écossaise ; dans Taprès-midi, massage de tout le corps.
Ce cas ne laisse pas que d'être instructif, et même suggestif; car malgré, ou grâce à la surabondance des drogues, la dyspepsie et la neurasthénie ne firent qu'empirer. « Dans les maladies, certains symptômes sont moins Tefiet du mal que des remèdes. » Voilà ce que disait Sydenham, il y a deux siècles, et rien ne peut s'appliquer avec plus de justesse à certains traitements des dyspepsies.
Nous entreprenons la cure de ce neurasthénique, en supprimant d'abord tout médicament, ainsi que la diète lactée. Nous lui ordonnons le régime alimentaire que nous faisons suivre aux neurasthéniques gastriques, et nous prescrivons pour toute hydrothérapie la simple friction au drap mouillé pratiquée le matin au lit. Après le drap mouillé, repos au lit pendant une heure, puis séjour au dehors sur une chaise longue jusqu'à 11 heures; enfin, « bain sMiqtM » de cinq minutes, suivi d'une promenade d'une demi-heure. Dans l'après-midi, léger massage pendant dix minutes, puis repos en plein air. Les fenêtres de la chambre à coucher sont laissées ouvertes pendant la nuit, ce qui a pour effet
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de proeurer presque aussitôt un sommeil tranquille. Pour mâdf^r une transition entre la diète lactée et le r^me alimentaire des neurasthéniques, nous prescrirons : 1^ déjeuner : tapioca au lait et zwiebachs à 8 heures ; à 10 heures : extrait de malt et lait, un biscuit anglais ; k midi : un œuf à la coque, riz au lait, pain grillé, purée de pommes de terre ; à la fin du repas, une tasse de thé au lait. A 4 heures : potage épais au tapioca, pain grillé. Le soir vers 6 heures, même repas qu'à midi. Le traitement hydrothérapique fut porté peu à peu à une douche froide le matin (10° C. 2 atmosphères, 10 secondes) et un demi-bain refroidi le soir.
Ce malade gravement neurasthénique, mais sans hérédité prononcée, et jusqu'alors rebelle à tous les traitements, ce malade qui voulait guérir, et avait confiance en notre traitement, quitte notre établissement au bout de trois mois absolument guéri, et si bien transformé que ses proches avaient de la peine à le reconnaître.
Voilà, pensons^nous, un exemple de neurasthénie entretenue, sinon aggravée par un vrai surmenage thérapeutique; et, il faut le reconnaître, les résultats du traitement pharmaceutique à outrance, comparés à ceux des empiriques en hydrothérapie, en massage, ou même en v^étarisme, ne sont pas, tant s'en faut, à l'avantage des produits de la pharmacie.
De plus, la douche tiède ne pouvait être d'aucune
utilité an malade, tant qu'elle était maintenue à 35*^6. pendant toute sa durée. En effet, la douche chaude n'est pas tonique; elle est facilement et agréablement supportée; mais elle fatigue à la longue, et ne doit être envisagée que comme une préparation à la douche fraîche ou froide ; elle ne peut jamais constituer un traitement complet et unique de la neurasthénie. Quant à la cure balnéaire, prescrite fort mal à propos, on peut le dire, elle ne pouvait qu'empirer la lassitude et la débilité générales.
Une douche tiède, un bain chaud et une douche écossaise, administrés dans la même journée, sont certainement un excès de thérapeutique balnéaire, qui ne peut qu'exagérer la fatigue nerveuse et la dépression morale. Aussi le malade était-il tombé dans une sorte de faiblesse irritable, d'autant plus grande que l'insomnie n'avait fait qu'augmenter, malgré toutes les applications tièdes, qui avaient censément pour but de calmer l'excitation nerveuse, et de combattre le manque de sommeil.
Le neurasthénique ne peut supporter de pareils traitements ; sa force de résistance est insuffisante, et l'épuisement augmente au lieu de diminuer. Bien mieux, nous estimons qu'aucune personne, aussi forte soit-elle, ne pourrait supporter sans en être fortement éprouvée, un traitement consistant en trois bains ou douches tièdes par jour.
Il est très avantageux de débuter dans le traite-
ment hydrothérapique de la neurasthénie par l'application du drap mouillé, qu'on aura soin de faire le matin au saut du lit. Les effets sont excellents, et de plus aucun procédé hydrothérapique ne prépare mieux à la douche, ou aux autres opérations de l'eau froide.
Le drap mouillé s'emploie de deux manières différentes, avec des effets absolument contraires, calmants ou excitants suivant la méthode employée. On peut appliquer d'abord le drap « non tordu, » ruisselant, après l'avoir trempé dans de l'eau tempérée, de 28° à 18° C. Dans cette opération, il faut éviter toute friction énergique ; le doucheur à soin de n'exécuter qu'un léger tapotement, qu'il continue pendant une à deux minutes au plus; soit jusqu'à ce qu'il sente que la peau et le drap deviennent chauds ; ensuite le patient est essuyé avec un drap sec, et se repose pendant une demi-heure au moins.
L'opération du drap mouillé calmant peut être répétée deux ou trois fois de suite, s'il y a lieu ; ensuite on verse sur le corps ou sur le drap deux ou trois baquets d'eau tiède, fraîche ou froide, suivant le cas et l'indication.
Cette application est toigours calmante ; elle est aussi antithermique. Dans l'excitation nerveuse ou cérébrale, ainsi que dans la fièvre, on enroule le drap mouillé autour du malade, au lieu de le lui poser simplement sur le corps. Cet enveloppement.
qui cesse dès que le drap devient chaud, ne doit pas être confondu avec celui de Priessnitz, dont il diffère entièrement En effet, dans le maillot de Priessnitz, le malade est enveloppé pendant une heure, et même plusieurs heures, dans un drap mouillé fortement tordu; puis il est recouvert de plusieurs couvertures de laine, et reste ainsi emmailloté jusqu'à transpiration plus ou moins profuse ; ce qui peut exiger une application prolongée pendant une, deux et même plusieurs heures ; tandis que la durée de Fenveloppement calmant ne doit pas dépasser quelques minutes; car il s'agit alors d'éviter non seulement la sudation, mais encore une réaction trop énergique. Si la chaleur revient très vite, si la réaction est exagérée et immédiate, comme dans la fièvre ou dans Tagitation nerveuse, on renouvellera deux, trois et même quatre fois l'application du drap mouillé.
L'enveloppement calmant n'est jamais suivi d'une immersion ou d'une douche froide, mais d'affusions ou de piscines tempérées. Nous employons fort souvent le drap mouillé calmant chez les malades très impressionnables, que la douche irrite ou excite outre mesure, et empêche de dormir pendant les premiers temps de la cure hydrothérapique. Les douches en effet troublent parfois le sommeil, et agitent les nerfs des personnes qui n'en ont pas l'habitude. Il suffit alors le plus souvent de rempla-
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cer simplement, pendant quelques jours, la douche du soir par le drap mouillé calmant, pour empêcher la douche du matin d'être excitante, ce qui permettra au malade de prendre plus tard, si on le juge nécessaire, et sans en être éprouvé, deux douches par jour.
Le drap mouillé et le maillot calmant, la douche et la piscine tempérées conviennent tout spécialement à ces formes d'excitation nerveuse et cérébrale, si fréquentes chez les personnes à tempérament nerveux et impressionnable, fatiguées par les veilles ou surmenées par des travaux intellectuels exagérés, ou ébranlées par les chagrins et les émotions. L'excitabilité nerveuse se manifeste par de l'insomnie ou un sommeil agité, troublé par un réveil prématuré, par des cauchemars ; les malades éprouvent dans la journée le besoin de dormir, et dans la nuit, ils ne peuvent trouver le sommeil; la sensibilité intellectuelle est exaltée, le cerveau travaille incessamment, mais avec incohérence, tandis qu'une étude suivie est impossible. L'eau froide est dans ces cas absolument défendue au début du traitement ; «lie aggraverait sûrement l'état nerveux ; aussi, l'on ne permettra les douches et les piscines Iroidea qu'après entier apaisement de l'excitation nerveuse. O'est dans ces cas qu'il faut se rappeler la r^le fondamentale de l'hydrothérapie appliquée aux maladies nerveuses : « Calmer â^ abord, tonifier ensuite. »
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On prescrira le même traitement aux malades atteints de cérébrasthénie. U y a de fait une grande ressemblance entre les symptômes de la cérébrasthénie, et ceux de l'excitation nerveuse par fatigue cérébrale ou surmenage intellectuel. Au fond, ce sont les résultats d'une même cause, « Tépuisement nerveux. » L'épuisement nerveux et l'excitation nerveuse se confondent en effet presque toujours dans le même individu ; mais, suivant la prédisposition du sujet, c'est tantôt l'asthénie, tantôt l'excitation qui prédominera. Chez les littérateurs, les romanciers, les hommes de lettres, les politiciens, les gens d'affaires, etc., nous remarquons fréquemment cette simultanéité de l'excitation et de la dépression nerveuse. Ces malades se plaignent d'écrire» de parler, de penser avec diflâculté ; s'ils se livrent h l'étude, ou même à une simple lecture, ils éprouvent aussitôt une sensation de fatigue cérébrale, avec serrement aux tempes ; ils ont des vertiges accompagnés d'un sentiment désagréable de vide dans la tête» qu'ils doivent soutenir et appuyer ; la moindre émotion est suivie d'une sorte de choc à la tête, avec sensation de constriction douloureuse du crâne ; leur imagination n'est plus que passive ; elle né peut combiner les impressions qu'elle reçoit pour en former de nouvelles créations ; la mémoire est indécise et affaiblie ; ils souffrent d'insomnie, ou s'ils dorment, le sommeil n'est nullement réparateur ; ils sont trèa
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impressionnables, excitables à Texcès, d'humeur inhale, inquiète et chagrine. Lorsque cet état se complique d'excitabilité nerveuse de la moelle, il peut aller jusqu'à simuler une affection organique des centres nerveux, comme la paralysie générale ou la sdérose en plaques. Les malades ont alors une exagération des réflexes, des vei*tiges, éprouvent de la difficulté dans la marche, ont la parole embarrassée, lente. Le diagnostic différentiel est parfois très épineux, et nous avons vu des médecins distingués diagnostiquer une sclérose en plaques chez des malades qui n'avaient qu'une exagération fonctionnelle de l'excitabilité spinale, qu'une cure hydrothérapique faisait relativement vite disparaître. Nous avons assisté, en revanche, au développement progressif et continu de tous les symptômes classiques de la paralysie générale chez des malades apparemment neurasthéniques et regardés comme tels.
D n'est pas toujours facile, en effet, de savoir si l'on a affaire à une simple neuroMhénie, ou à la période « prodromique » ou préparalytique de la paralysie générale progressive. La céphalée, les vertiges, la dépression morale, l'hypocondrie, la lassitude, la faiblesse, les troubles dyspeptiques, les syncopes, les crampes, les troubles de la motilité, la perte de la mémoire, etc., sont autant de symptOmes qu'on rencontre dans les deux cas. Les stigmates neurasthéniques ne donnent pas une assurance
absolue de neurasthénie simple, ces mêmes symptômes pouvant représenter à eux seuls la première phase de la démence paralytique.
Le diagnostic dijBférentiel de la neurasthénie et de la paralysie générale s'établira surtout sur les symptômes suivants :
l"" Le neurasthénique ne perd jamais Tidée de sa maladie; il en est au contraire obsédé. Son hypocondrie est la conséquence de Tobsession de la maladie, et de Texagération de ses sensations morbides qui, périphériquement faibles, s'accroissent peu à peu par Tauto-suggestion, et arrivent en avalanche au cerveau. Tandis que le dément paralytique crée dans son cerveau de vésanique des phénomènes bizarres, invraisemblables, mais n'ayant aucun rapport ni aucune corrélation avec des sensations physiques réelles ; c'est ainsi qu'il imagine des maladies qui n'existent pas en réalité, qu'il prétend ne pas avoir d'estomac, ou que son estomac est un sac, qu'il ne peut ni uriner, ni avaler, que ses conduits sont bouchés, etc., etc.
2® Le grand caractère de la paralysie générale, celui qui seul permet d'établir avec sûreté le diagnostic, c'est I'euphobie. Tous les autres symptômes sont incertains, même les troubles de la parole, le tremblement des mains et de la langue, rophthalmopl^ie interne, les idées délirantes, l'affaiblissement intellectuel, l'irritabilité du caractère ; mais
la méningo-encéphalite ne fait plus de doute quand le malade a perdu le sentiment de la maladie. Toutefois, lorsque le caractère d'un individu s'est brusquement modifié, qu'il est devenu extrêmement irritable, que l'intelligence a en même temps sensiblementet progressivement baissé, qu'il a de l'inégalité pupillaire, de rembari*as de la parole, que la tristesse et le découragement font place à un optimisme et à une satisfaction personnelle exagérés, il ne s'agit plus d'un simple neurasthénique, mais d'un délirant.
Pami les signes prémonitoires de la paralysie générale, il faut encore noter des convulsions, un accès brusque de surexcitation ou de manie. L'aphasie temporaire est aussi un symptôme important, n en est de même de la sciatique double, quand elle est accompagnée d'une altération dans les manières, et le caractère tantôt gai, tantôt abattu.
Le médecin, qui fait de l'hydrothérapie, doit plus que tout autre savoir distinguer ces différents états, et reconnaître dès le début le neurasthénique simple du neurasthénique candidat à la paralysie générale: car la douche froide est nuisible aux paralytiques généraux. Il est vrai qu'il est permis de discuter l'avantage qu'il peut y avoir à prolonger la déchéance de ces malheureux malades; nous avons tous vu dans nos établissements de ces faux ou soi-disant neurasthéniques, qui ne sont en réalité que des pa-
ralytiques généraux au début, dont la maladie va suivre son cours habituel et fatal. Or, il faut connaître ces cas, et savoir en faire le pronostic, pour s'éviter Taccusation aussi inévitable que peu fondée d'avoir transformé par l'hydrothérapie un neurasthénique en dément paralytique !
La friction au drap mouillé excitante et tonique s'exécute de la manière suivante : un drap de grosse toile écrue est trempé dans de l'eau froide, puis fortement tordu. Le doucheur applique ce drap sur le corps du baigneur, en ayant soin de l'enrouler et de le serrer autour des extrémités inférieures. Avant l'application du drap, comme avant n'importe quelle opération hydrothérapique (douches, piscines, demi-bain, etc.), il ne faut pas oublier de mouiller la figure, la poitrine, la nuque, le dos, les aisselles du malade, de lui poser une compresse froide sur la tête ; et enfin chez les malades, qui se plaignent de céphalalgies et ont facilement le sang à la tête, de faire mettre pendant la douche les pieds dans l'eau chaude, et de finir l'opération par un jet brisé dirigé pendant quelques secondes et avec force sur les pieds. Toutes ces précautions sont nécessaires pour prévenir la possibilité d'une congestion interne, et surtout atténuer dans les limites du possible la première impression toujours désagréable que chacun ressent, quand il reçoit le premier jet d'eau froide.
INTBODUCTION 25
Lorsque le patient est enveloppé dans le drap mouillé, le baigneur fait avec le plat de la main d'énergiques frictions sur tout le corps, jusqu'à ce qu'il ait communiqué une cùaleur intense à la peau. Le drap est alors enlevé et, l'opération finie.
Cette application du drap mouillé est stimulante et révulsive, et par conséquent tonique et décongestive. Elle représente en petit les effets de la douche froide et de la douche écossaise. Le premier effet de l'application du drap est de produire une irritation énergique des nerfs terminaux de la peau. L'irritation de la peau est aussitôt transmise aux centres nerveux, et provoque un grand nombre d'actes réflexes. Ainsi, on observe d'abord un arrêt momentané de la respiration, suivi d'inspirations rapides et profondes. L'irritation transmise à la moelle allongée et au nerf vague a pour conséquence un ralentissement du pouls. Sur cent individus, Pleiniger aurait remarqué que la friction au drap mouillé (l'eau de 10^ à 14^ G.) abaissait pendant quelques minutes le pouls de vingt pulsations, pendant que les mouvements respiratoires augmentaient de cinq par minute. Lorsque la friction au drap mouillé produit l'eflfet qu'on cherche à obtenir, on remarque, comme du reste après chaque application froide suivie d'une bonne réaction, que la première contraction des vaisseaux cutanés est suivie d'une dilatation de ces mêmes vaisseaux.
La tension dans le système aoilique s'abaisse. Pour remplir les vaisseaux périphériques dilatés^ un volume de sang considérable est nécessaire ; le sang afflue alors à la peau, allégeant d'autant les organes internes. Nous avons assisté à quelques expériences du docteur Schûller, qui nous a démontré expérimentalement sur des lapins que, pendant la friction au drap mouillé, les vaisseaux de la piemère se contractaient tandis que le cerveau semblait s'affaisser. L'accélération de la circulation sanguine et lymphatique, l'hypérémie cutanée, tous ces effets, résultant de la première impression que l'eau froide produit sur la peau, sont renforcés et augmentés par la friction qui agit mécaniquement, et s'ajoute à l'action thermique de l'eau.
Les effets du drap mouillé sont donc, toute proportion gardée, identiques à ceux de la douche. Aussi le drap mouillé suffit-il déjà pour guérir des cas légers d'anémie, de lymphatisme, de chorée, de neurasthénie, ou pour préparer le malade à la cure hydrothérapique proprement dite. L'effet obtenu sera d'autant plus énergique que là température du corps sera plus élevée ; c'est pourquoi l'application du drap mouillé doit se faire autant que possible le matin au sortir du lit.
La friction au drap mouillé est, de toutes les opérations balnéaires/une des plus utiles, et seule elle a sauvé bien des nerveux, et bien des neurasthéniques.
IMmODUCTION 27
Nous avons donné des soins à une dame, h laquelle nous n'avons appliqué pendant toute la durée du traitement, soit pendant cinq semaines, que le drap mouillé le matin. Cette simple opération a amené, dans ce laps de temps si court, une vraie transformation de la malade, neurastbéni» que sérieuse depuis plusieun> mois, et qui jusqu'alors, n'avait pu, disait-elle, supporter l'hydrothérapie, c'estrà-dire les douches. Car pour quantité de personnes, et même encore pour quelques médecins,/aire de l'hydrothérapie veut dire .'prendre des douches. Or, cette malade était prévenue non seulement contre la douche, en laquelle elle n'avait plus foi, mais encore contre le drap mouillé dont un confrère lui avait parlé en haussant les épaules; geste toujours facile à faire, mais qui ne prouve pas grand'chose. Ce médecin avait ajouté il est vrai que le dn^ mouillé ne pouvait que soustraire de la cha«^ leur, et qu'il était bon pour les fiévreux, non pour les anémiques. L'assertion était avancée assez légèrement ; et ce n'est certes pas la conclusion qu'on est en droit de tirer des effets du drap mouillé quand on l'a employé méthodiquement, j'oserai dire scientifiquement Si, en effet, on a soin de n'appliquer le drap mouillé que le matin au saut du lit, lorsque la chaleur du corps a été préalablement élevée, en ouvrant le malade avec des couvertures et un édredon, l'on n'a certainement rien à redouter.
Dans ce cas, on peut faire abstraction de la soustraction momentanée de chaleur, amplement compensée qu'elle est par Ténergie d'une réaction immédiate ; la circulation cutanée est accélérée, la respiration plus profonde, l'action du cœur plus complète, et le malade éprouve une extrême sensation de bien-être, de chaleur agréable à la peau, et de tonicité générale. Pendant qu'il se repose au lit après Topération, il est pris souvent d'un invincible besoin de sommeil, qui laisse après lui un sentiment de force et de détente dans les nerfs des plus réparateur.
En un mot l'application du drap mouillé tcmifie, sans exiger du malade aucun effort, conséquemment sans produire aucune fatigue. Voilà pourquoi il est bon de commencer la cure hydrothérapique des neurasthéniques et des anémiques par la friction au drap mouillé, en suivant la méthode que nous venons d'indiquer; car, suivant la manière dont il sera appliqué, le drap mouillé peut aussi bien manquer son but que réussir.
La question du drap mouillé nous engage à dire quelques mots du traitement hydrothérapique du giMre exophthalmique, maladie autrefois rare, mais qui devient toujours plus fréquente, grâce au développement continu et progressif des affections nerveuses; de même que toutes les névroses, elle relève aussi de l'hydrothérapie calmante et tonique. Ceci cependant est encore discuté : quelques méde-
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cins s'élèvent absolument contre le traitement par l'eau froide, et veulent qu'on se serve de l'eau tempérée ; d'autres autorisent l'emploi des douches, à condition qu'elles soient tièdes ; un certain nom^ bre ne permettent que les demi-bains refroidis, lea affusions et les draps mouillés calmants ; mais ils proscrivent rigoureusement toute douche; enfin quelques hydropathes plus courageux, et nous som-^ mes du nombre, ne redoutent nullement la douche froide, pourvu qu'elle soit appliquée à propos, c'està-dire non seulement quand la nature de la maladie le pem^t, mais encore quand l'état actuel du malade le réclame. Il serait certainement intem^ pestif et même dangereux de commencer par l'eau froide le traitement de la maladie de Basedow, et c'est ce qu'un médecin ne s'aviserait de faire dans aucun cas ; mais si l'on suit les règles d'une hydrothérapie prudente et méthodique, et qu'on ait soin d'habituer peu à peu et graduellement le baigneur à l'eau fraîche, il n'y a aucune raison de craindre même l'eau froide quand le malade la supporte bien, et qu'elle paraît lui convenir.
Dans le traitement de la maladie de Graves, com-^ .me dans celui de toutes les névroses, il faut atteins dre le but, sans le dépasser; et si l'on ne doit jamais débuter par des températures trop basses, il con-^ vient de terminer le traitement par l'eau froide, ce qui est presque toujours possible, et même néces-.
«aire, si Ton veut obtenir de l'hydrothérapie un résultat définitif. Cela est surtout vrai dans les névroses qui, comme la maladie de Graves, sont si intimement liées h Tanémie que bon nombre de médecins accordent à l'anémie le rôle étiologique principal du goitre exophthalmique. Ce point de vue peut se soutenir en s'appuyant sur des faits. Toutefois nous pensons avec le Prof. Eulenburg, qu'il faut considérer la maladie de Basedow comme uneaffectionnévropathiqueconstitutionneile, comme une névrose ou névro-psychose, du genre de l'hystérie et de la neurasthénie, mais en renonçant à localiser le processus morbide. De là l'indication du traitement hydrothérapique antinerveux par l'eau tempérée, et tonique par la douche froide.
Voici la marche que nous suivons généralement, et dont nous nous sommes toujours bien trouvé dans le traitement du g&Ure exophthalmique :
Nous commençons par préparer le malade à la médication hydrothérapique par l'application du drap mouillé calmant. Lorsque les malades sont habitués à ces préliminaires, nous prescrivons le matin une douche en pluie h 26°, 24° ou 22° C, et le soir une piscine tempérée. Nous abaissons chaque jour la température de la douche de 1° à 2° C, pour arriver insensiblement à l'eau froide, en conformant notre traitement à la susceptibilité du sujet. Kous finissons généralement la cure par les douches
froides ; de cette façon, non seulement nous n'avons jamais observé aucun accident, mais nous avons réussi à guérir des cas de gottre exophthalmique ancien, et qui paraissaient incurables.
La maladie durait, en effet, depuis des années» et n'avait obtenu qu'une amélioration passagère et un résultat insuffisant, de traitements prolongés par Teau tempérée, pratiqués par quelques confrères en hydrothérapie.
Outre l'hydrothérapie calmante et tonique, nous avons généralement recours à l'électricité, en particulier à la galvanisation de la moelle cervicale et allongée, et à celle du nerf sympathique au cou, avec des courants très faibles et de courte durée. L'électrisation produit un effet remarquable sur les mouvements du cœur; et après l'emploi des courants continus, nous avons souvent constaté une diminution notable du nombre des pulsations.
Chvostek, Eulenburg et d'autres ont aussi dans les mêmes cas constaté qu'après le traitement électrique le pouls tombait de 120 à 92, de 130 à 84, etc. ; de plus on voyait se régler les mouvements fréquents et tumultueux du cœur, et la respiration devenait plus facile.
L'irritation produite sur les nerfs périphériques par l'eau froide est toujours suivie d'une réaction excitante, partant tonique, et convient à la chlorose, à l'anémie et aux personnes dont la nutrition se
fait mal, aux tempéraments lymphatiques dont la cellule paresseuse doit être excitée. Mais si, d'un côté, en employant l'eau d'une certaine manière, nous mettons en jeu l'action excito-motrice du système nerveux ; et si, par cela même, nous venons à exciter et à augmenter les échanges organiques, nous pouvons, en revanche, et à volonté, exercer sur ce même système nerveux une action calmante ou sédative. Disons tout d'abord que l'action sédative est celle qui s'obtient le plus difficilement, exige les soins les plus attentifs, de la patience et de la persévérance de la part du malade, de la sagacité et de l'expérience du côté du médecin.
Trousseau se trompait en regardant l'eau froide comme le médicament sédatif par excellence : une application froide de courte durée est excitante; renouvelée fréquemment elle devient antiphlogistique; prolongée elle deviendra sédative, ou plutôt produira une sorte d'engourdissement du système nerveux; mais les applications froides prolongées sont grosses de dangers, et l'hydrothérapie calmante n'aurait jamais existé, si le médecin n'avait eu à sa disposition que l'emploi ininterrompu de l'eau froide. L'action excitante de la douche froide résulte de la température et de la pression de l'eau; la percussion et le froid produisent, sur les nerfs sensibles de la peau, une irritation transmise aussitôt aux centres nerveux, qui, conduisent Tîm-
pression, Tordre (ici nue eoccUatian), aux nerfa moteurs ei trùpJUques', dont les filets se distribuent à tous les organes et à tous les muscles de notre corps.
Le premier effet de l'irritation des nerfs périphériques est d'augmenter et de rendre plus parfait le mouTement d'assimilation et de désassimilation. Si la d^ense est exagérée, la réparation est plus complète ; l'équilibre entre l'usure et l'apport se rétablit ; et c'est ainsi que nous guérissons les affections dont la cause première est un trouble de la nutrition (anémie, scrofule, lymphatisme, diabète, etc.). Pour obtenir ce but, l'impression du froid doit être courte, le choc de l'eau énergique.
Il est certes incontestable que l'on peut obtenir un effet sédatif de l'usage prolongé de l'eau très froide. L'irritation première passée sera suivie d'une dépression, d'une vraie sidération des centres nerveux, en vertu de cette loi de physiologie balnéaire que tout ce qui porte atteinte à la réaction entrave, gêne ou arrête même le mouvement réflexe centrifuge. Mais cette méthode de la sidération par l'emploi prolongé de l'eau froide est dangereuse, et peut être cause d'accidents* Exceptionnellement l'emploi du bain froid continu peut être bien supporté*; mais il serait facile de citer des
^ Voici à ce siiget une observation curieuae du D^^ Pomme,
cas, où sans pousser l'audace aussi loin que Pomme, remploi exagéré de Teau froide a eu des conséquences graves : la réaction âKmifée, le sang refoulé vers l'intérieur, et n'ayant pas la force de lutter contre l'impression persistante du froid, ne peut affluer à la périphérie ; Faction réiexe est interrompue, ou arrêtée, et nous pouvons assister à tous les efifets désastreux d'un arrêt prolongé de la circulation
médecin qui pmtiqsait en France, yen le milieu dn dixhuitième siècle : « Etant à Lyon en 1763, dit^il, pour madame de Cligny, je fus prié de me rendre chez mademoiselle Roux, fille cadette d'un négociant de cette yille, chez laquelle je trouTai deux médecins assembléB (Pestalochy et RMne), et un chirurgien d'une r^utation bien méritée (M. Pouteau) ; ces trois consultants étaient à délibérer sur l'opération de la néphrotomie, et mademoiselle Roux était le sujet sur lequel on allait opérer. Cette demoiselle, âgée de dix-huit ans, était hystérique, sans qu'aucun de ces trois messieurs s'en fût jamais douté. Parmi le nombre des symptômes de sa maladie, un seul les avait déconcertés ; c'était une douleur fixe et continuelle dans le rein droit, pour laquelle on employa d'abord plusieurs topiques adoucissants qui n'eurent aucun succès : on saigna ensuite et on resaigna jusqu'à ce que l'on eût amené les mouvements convulsifiB ; la douleur se soutint néanmoins avec la même force ; on soupçonna pour lors un embarras dans le rein, et on se décida en faveur du vésicatoire ; le mal augmenta considérablement après cette application ; on en fit une seconde : celte-ci n'ayant rien opéré, on fit faire un seton sur l'endroit douloureux ; et dès ce moment la jeune fille fut livrée aux convulsions les plus terribles: on suspendit alors toute autre tentative chirurgicale, pour se livrer aux antispasmodiques ; la dose de ceux-ci ne fut
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périphérique. Nous devons donc toujours commencer le traitement hydrothérapique sédatif et calmant avec d'infinies précautions; débuter par do l'eau dont la température ne s'écarte pas trop de celle du corps (de 34° à 28® C), en évitant toute pression, tout cboc ; la douche doit être mise de cdté, et c'est aux piscines tempérées, aux draps mouillés
pas ménagée, mais les convalsions redoublèrent, et le danger commençait à devenir très pressant. »
Pomme raconte alors les motifs qoi déterminèrent les consultants à se prononcer pour l'opération de la néphrotomie. Dès qu'il connut les symptômes présentés par la malade et la cause qui les avait fait naître, il rejeta, de la manière la plus absolue, toute idée d'opération sanglante, et il dédara qu'il se chargeait de la guérison de cette longue maladie. Voici le traitement qu'il employa.
« Mademoiselle Roux fut plongée le même jour dans un bain froid, malgré les convulsions (nous étions au mois d'août) ; elle y fut attachée, l'eau du bain s'écliauffift en peu de temps; il fallut la renouveler plusieurs fois dans l'espace de douze heures qu'elle resta dans sa baignoire, ce qui m'assura que la raréfaction dominait chez elle sur la tension de la fibre. Cette première épreuve ne fat pas sans succès ; les douleurs diminuèrent et les convulsions cessèrent; on y revint le lendemain ; l'eau du bain s'échaufiBst encore par la seule chaleur du corps; les douleurs furent moins vives que la veille, et la malade dormit ; le troisième jour, même remède et même succès; au huitième, enfin, les douleurs disparurent entièrement, et la guérison fîit assurée. La boisson fut abondante, les lavements d'eau froide ne furent pas épargnés, et au bout de trois semaines, mademoiselle Roux fut si radicalement guérie qu'elle fit avec moi le voyage de Lyon en Languedoc, où elle fut trouver sa famille. »
suivis d'affusions fraîches qu'on aura recours; aux applications, en un mot, dont l'effet calmant est manifeste et facile à obtenir.
Nous pouvons donc, par certains procédés de rhydrothérapie, affaiblir ou augmenter le double mouvement nerveux qui va de la périphérie aux centres, et qui des centres nerveux domine les mouvements volontaires, et les phénomènes de la vie végétative.
La première impression, irritante ou calmante, a toujours son point de départ dans l'extrémité terminale ou périphérique des nerfs sensibles. La sédation semit la conséquence d'une dilatation, pour ainsi dire d'un épanouissement du bout périphérique nerveux, relâchement consécutif à une irritation première, mais fugitive. Le bain tempéré et prolongé, pendant plusieurs heures, place les nerfs dans un état de relâchement, et par cela même apaise l'irritabilité du nerf; la physiologie nous apprend que, si on soustrait de l'eau au corps, on excite le système nerveux, tandis que le contraire calme. Dans le bain prolongé, où il n'y a du reste aucune absorption d'eau possible, on admet que les nerfs périphériques deviennent plus humides, non parce que la peau a absorbé du liquide, mais parce que le bain empêche la perspiration ou l'exhalation insensible de la peau, et qu'il y aarrêt dans la production de la sueur. C'est de même qu'agit le maillot
Pflttger a comparé Texcitation, qui da nerf va au muscle, à une avalanche; la première impression étant insensible, et le travail final énorme. Une excitation minime de la périphérie peut devenir avalanche dans sa course jusqu'au cerveau ; il en est de même des incitations qui ralentissent les mouvements moléculaires. C'est ainsi qu'on peut comprendre la diminution de la sensibilité cutanée, le sentiment de bien-être et de calme que produit le bain après une fatigae ou une excitation nerveuse, l'apaisement des affections convulsives, des crampes, etc., bref, l'effet sédatif des opérations calmantes de l'hydrothérapie (draps mouillés suivis d'affusions fraîches, piscines tempérées, demi-bains refroidis, et dans certains cas même la piscine froide).
On i>eut interpréter de deux manières les effets thermiques de l'eau sur le système nerveux :
V Bar la théorie dite themUqueé
D'après cette théorie, le premier effet d'une application froide ou chaude est toi^ours excitant, mais eu sens inverse; le contact de tempâmtures différentes produit sur le système nerveux un courant électrique qui se dirige du milieu le plus chaud vers le milieu le plus frtNd. Le contact de l'eau chaude avec la peau produit un courant nerveux asœncboit, tandis que l'eau froide produit un courant descendant, renforçant ou affaiblissant l'^t électro-tonique du nerf. C'est l'explication que l'on
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peut donner de l'identité des phénomènes produits soit par l'hydrothérapie, soit par l'électricité.
2"" La th^me mécanique explique les effets des différentes températures par le changement de volume des molécules, suivant que celles-ci reçoivent l'impression de la chaleur ou du froid. Enfin, s'il est exact, comme le prétend Fleischd, que le cylindre-axe est liquide dans le nerf vivant, il e^t certes logique de rapporter à une action mécanique les effets thermique de l'eau sur la surface cutanée.
C'est ainsi qu'on peut comprendre comment les excitations thermiques périphériques sont transmises aux centres nerveux pour réagir de là, soit sur les nerfs moteurs, soit sur les vaso-moteurs, en augmentant ou en affaiblissant l'action de ces nerfs.
Nous ne pouvons admettre l'idée de Gigot-Suard, qui prétend que l'effet sédatif de l'hydrothérapie se produit lorsque les capillaires sanguins sont contractés, et que la circulation est ralentie. Le calme des nerfs dépendrait donc de l'abaissement de la température des parties qui sont en contact avec l'eau.
Cette théorie, admissible pour le bain frmd prolongé, est en contradiction flagrante avec la physiologie des applications froides de courte durée suivies d'une réactkm^ c'est-à-dire d'une pamlysie vaso-motrice avec hypéréœiie cutanée plus ou moins prononcée.
DîTEODUCTION 39
Du reste, quelle que soit la manière dont on ex* plique les effets calmants ou excitants de Thydrothérapie, ces effets ne peuvent être mis en doute : ils ont bien leur siège et leur point de départ dans la moelle, à laquelle la peau les communique par voie centripète.
En augmentant Toxydation, et en accélérant la circulation, la friction au drap mouillé est incontestablement tonique; en favorisant, de même que la douche, les échanges organiques, elle active la nu* trition et la dénutrition. La friction au drap mouillé sera donc très efficace dans toutes les affections qui r^ultent d'une oxydation insuffisante des matériaux organiques ; elle combattra aussi avec succès les congestions et les stas^ des organes internes. On la recommandera dans les troubles de la circulation, dans les affections organiques du cœur ou des poumons, et enfin dans les dyspepsies et les catarrhes gastro-intestinaux.
Nous pouvons affirmer, en nous appuyant sur notre longue expérience, que la plupart des médicaments sont inutiles dans la neurasthénie, et que le malade se portera d'autant mieux qu'il en usera moins. Mais nous le répétons, nous ne sommes ni sceptique, ni exclusif à outrance ; et i^us reconnaissons que dans certains cas bien déterminés, le fer, les phosiphates surtout, la strychnine, les brcnuurea peuvent être fort utiles, et aider dans une large
mesure les cures d'hydrothérapie, de massage et d'électrothérapie.
Tout spédatiste, qui a la prétention de guérir la neurasthénie par une méthode ou un système particulier, ne prouve qu'une chose, c'est qu'il prend ses désirs pour la réalité, et qu'il ne se rend pas bien compte de Textréme variété des manifestations de la neurasthénie, ni même de l'essence de cette maladie, qui, avant tout, d'oixlre moral, est ^r cela même sujette aux symptômes les plus divers et les plus disparates, et réclame ainsi des traitements variés et appropriés à chaque cas particulier. Chacun sait en outre que si la neurasthénie spontanée guérit généralement vite quand elle est combattue dès le début, il n'en est plus de même de la neurasthénie héréditaire, psychique et chronique, qui résiste souvent à n'impmie quelle action ; ce qui d'ailleurs ne doit pas la (aire i*egarder comme absolument et fatalement incurable. Usàh alors la durée de la maladie sera toujoui's très longue, ce qui naturellement rend le jmttostic relativement sérieux, ou tout au moins toujours circonspect
Quant à la dyspepsie n^veuse et neurasthénique, elle est eaeore malheureusement trop souvent conlbndtte avec le catarrhe de l'estonac, ou avec la dilatation ; et cela au plus grand détrimettt dn malade^ auquel on recommaBde les cures d'eaux akaliaes, positivement contraires à l'atonie
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gastrique avec ou sans diminution de la sécrétion du suc gastrique. Nous avons publié en 1877 une brochure sur l'hydrothérapie; et incidemment nous avons eu à parler du traitement de la neurasthénie par cette importante méthode thérapeutique.
Nous exposions aussi en 1891, dans un travail sur Tatonie de Testomac, les résultats de notre expérience sur le traitement de l'épuisement nerveux et de Tatonie gastro-intestinale. Depuis lors nous avons eu à soigner encore un grand n<»ibre de neurasthéniques ; et le résultat, ainsi que l'étude de nos observations, ont quelque peu changé nos idées d'autrefois concernant le traitement de ces aifections, et plus particulièrement la méthode hydrothâmpique qu'il convient d'appliquer aux différents états et aux diverses phases de la neurasthénie. C'est le iriiit de cette expérience assez longue déjà, puisqu'ell^mbrasse une période de vingt années, que je voudrais exposer ici. Je crois pouvoir rendre ainsi quelques services, tant aux Confrères qui déshrent pratiquer l'hydrothéra]He, qu'aux nombreux malades qui viennent dans nos élaUissements, en leur épargnant des tfttonncnents toiqoors regrettables. Or, ils les connaissent ou les conmÉtrent ces tfttonnements, les médecins qui débutent dans la inratique délicate de l'hydrothérapie et du traiteinent des affections nerveuses, et qui ont l'intention de diriger on de créer
un de ces Etablissements d'hydrothérapie, dont le nombre augmente chaque année dans des proportions peut-être quelque peu exagérées.
Qu'il me swt permis à ce propos de réagir si possible, dans une certaine mesure tout au moins, contre l'idée de plus en plus répandue aujourd'hui d'assimiler l'Etablissement hydrothérapique aune sorte de Maisonde8antéouverte,oiLÏon ne traite plus que des hystériques, des névrosés, ou des dégénérés, dont l'état n'exige pas un internement spécial absolu, mais qui doivent cependant être isolés sous une surveillance plus ou moins rigoureuse. Cette manière d'envisi^er l'Etablissement d'hydrothérapie n'est pas juste, et peut à la l(mgue compromettre l'avenir de ces institutions.
Les maladies nerveuses sont certes du ressort de l'hydrothérapie, qui compte dans ce domaine ses plus beauj^ triomphes; mais nous demandons qu'on en écarte les maladies mentales, qui n'ont rien à faire dans nos établissements. Et du reste, en dehors des affections du système nerveux, combien de maladies ont à bénéficier de l'hydrothérapie ! Toutes les maladies des voies digestives, qui relèvent de l'atonie de l'estomac et des intestins (et ce sont à peu près les trois quarts de toutes les affections gastro-intestinales); tous les étaits arthritiques qui se compliquent si souvent de neurasUiéttie; l'anémie; le lymphatisone; certaines formes de la tubercu*
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lose; Tétat de faiblesse générale que les maladies infectieuses laissent après elles ; les affections musculaires; la névralgie sciatique, pour ne citer que les plus communes : toutes ces maladies sont heureusement modifiées par Thydrothérapie, à condition qu'on ne comprendra pas dans Thydrothérapie seulement la douche froide, mais aussi le maillot, les sudations, les douches chaudes, les bains chauds, les demibains, etc. — Quel traitement balnéaire peut être comparé à l'hydrothérapie comme tonique, stimulant, régulateur de la circulation, ccmimc moyen d'endurcir la peau, d'activer et d'augmenter les échanges fonctionnels, et de rendre l'organisme plus résistant aux attaques du dehors ?
Tous les fatigués, les surmenés, les débiles, les enfants lymphatiques, à disposition scrofuleuse et à hérédité tuberculeuse ou syphilitique, trouveront dans l'hydrothénqpie le remède fortifiant par excellence, et l'alliée la plus sûre dans la lutte de l'organisme contre la maladie.
Pour pratiquer avec succès l'hydrothérapie, il faut d'abord, ce qu'on feint d'ignorer dans certains milieux, avoir une connaissance aussi exacte que possible des effets physiologiques de l'eau ; puis surtout, posséder l'expérience des effets thérapeutiques produits par les différents procédés hydrotb^apiques, les résultats que donnent telle pression de la douche ou tdle température de l'eau. Ce n'est qu'avec
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ces connaissances préliminaires indispensables, que Ton saura indiquer sans hésitation le bain ou la doucbe qui convient à chaque malade et à chaque maladie, mieux encore à chaque phase ou période de la maladie. Outre cela, il faut une longue expérience des maladies nerveuses, de la maBik*e de les traiter, non seulement physiquement, mais aussi et peut-être surtout moralement.
La guérison de l'hystérie et des formes psychiques de la neurasthénie est à peu près impossible, si le médecin ne sait pas s'imposer au malade, lui communiquer une confiance absolue dans le traitement qu'il lui fait suivre; s'il ne sait le suggestiimner, en quelque sorte, en substituant sa vol<mté à la sienne. Ni les douches, ni l'électricité, ni le massage, ni l'isolement ne pourront réussir, si le médecin reste passif; s'il se contente de faire ses prescriptions, de donner ses conseils, en négligeant, ce qui est fort difficile et très fatigant, il est vrai, l'entraînement de l'esprit du malade ; s'il ne sait remplacer, par l'énergie de sa volonté, par le jugement sain et l'idée juste, le jugement faux et le raisonnement déséquilibré du névn^Mtthe.
En rompant l'habitude morbide par une afirmation suggestive capable de faire disparaître l'obsession et les diverses manifestations qui en résultent, on finit par convaincre le malade qu'il ne souffre plus, et on substitue l'idée de la gui^son à l'idée de
la maladie, et la gnérison a lieu. C'est grftoe au même mécanisme psycho-thérapique, grftce à la même suggestion, que des personnes atteintes dWfections orgimiques prétendent avoir été améliorées par les pilules Mattel, la tisane des Shakkers, etc.
On peut dire que d'une manière générale le malade neurasthénique ou nerveux qui vettt guérir, ou plutôt dont la volonté de guérir est suffisante, guérira, sMI a une confiance entière dans le médecin et dans le traitement qui lut est imposé.
Quelques peuples sauvages n'ignorent pas la puissance de la suggestion ; M. L. de Saussure nous apprend par exemple que les Guaranis, indigènes du Haut-Uruguay, quoique connaissant bien la vertu des plantes médicinales, ont plus de confiance dam la médedne parlée, qtii opère desffuériêons miraculeuses.
C'est ainsi seulement qu'on arrivera, non sans peine du reste, à ramener à un état normal, dans les limites possibles, les nerfs momentanément fatigués ou agités du malade. En réveillant son énergie morale, on chassera l'hypocondrie et ses tristes pensées; on dissipera les folles idées qui résultent de la dépression ou de l'excitation psychique. Mais, pour obtenir ce résultat, il faut que le médecin soit doué lui-même d'une grande énergie, d'un sang-froid imperturbable et d'une volonté tenace et persévérante ; il faut avant tout quMl ne soit troublé dans son œuvre que par un minimum
d'ennuis ou de préoccupations étrangères à son art ; il faut enfin qu'il ait le calme et la tranquillité de Tàme, pour entreprendre avec quelque chance de succès la tâche, déjà suffisamment difficile sans cela, de relever Tétat physique et moral des gens nerveux et neurasthéniques. Cela est si vrai, que nous avons remarqué bien des fois que nous n'avions pas la même influence sur nos malades, suivant que nous étions bien ou mal disposé nous*même, moralement ou physiquement; si nous étions épuisé par un travail excessif; ou si notre volonté faiblissait sous Tinfluence de préoccupations, ou de toute autre cause morale dépressive.
Le médecin ne devrait jamais avoir l'esprit absorbé par aucun souci, par aucun ennui; ce qui évidemment est impossible à réaliser entièrement, quoique cela soit de la plus haute importance. II doit être, outre cela, optimiste, et montrer qu'il croit en lui, et qu'il a confiance en son traitement ; d'autant plus que cette confiance est permise, et l'optimisme justifié par les guérisons obtenues dans les Etablissements d'Hydrothérapie. Du reste, au point de vue nerveux, rien n'est impossible ; et chaque jour nous pouvons constater des guérisons si extraordinaires qu'elles paraissent miraculeuses aux personnes dont la foi n'est pas tempérée par le savoir et la raison. Et cette suggestion, à l'état de veille, est sous tous les rapports bien préférable à
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l'hypnotisme, qu'il est bon de n'employer qu'avec la plus extrême prudence, et dont, au surplus, nous n'avons jamais vu de résultats bien appréciables, ni surtout durables.
Le médecin pessimiste, ou celui dont la pensée s'assombrit facilement, n'est pas fait pour les névropathes. Toutefois, il faut éviter l'excès contraire, et ne pas croire que le rire et les plaisanteries représentent à eux seuls le traitement d'^ affectionvS nerveuses. Au surplus, l'homme badin, folâtre, celui qui se complatt dans les plaisii-s, ne peut avoir le tempérament qui convient à un médecin sérieux, et qui voit dans la pratique de son art une sorte de sacerdoce.
Le « castigat ridendo humares » est la boutade spirituelle d'un lettré, mais ne peut être la pensée d'un vrai praticien.
Le médecin sombre entretient la dépression du malade; le jovial outré le trouble, et perd vite sa confiance. Car le malade pense alors, ou que le médecin ne le prend pas au sérieux, ou qu'il ne comprend pas sa maladie, idées qu'il faut éloigner à tout prix de l'esprit inquiet et soupçonneux du neurasthénique. A ce point de vue, il n'est certes pas sans utilité pour le médecin d'avoir essuyé lui aussi quelques légères atteintes de neurasthénie. Il se rend mieux compte ainsi des plaintes des malades; il compatit plus volontiers à leurs souffrances, et est mieux qualifié pour les exhorter et les récon-
forter moralement. Le malade sent yite s'il a affaire à un homme sérieux et humain, qui croit à ses maux, et qui en a pitié; il lui en sera certainement d'autant plus reconnaissant, qu'il aura été plus méconnu et moins entouré. Un optimisme de bon aloi, sûr de lui, toujours le même, sans exagération, et qui im|)ose par une parole tranquille et ferme, portant juste et à propos, relève bien vite le moral du malade, lui donne un espoir nouveau, sait lui faire envisager son avenir et sa maladie sous des couleurs moins sombres. Voilà les qualités indispensables au médecin qui veut traiter avec quelque chance de succès les maladies nerveuses, et neurasthéniques. De toutes les maladies de Testomac, la dyspepsie n^reuse et neurasthénique est certainement de beaucoup la plus fréquente, et Ton peut affirmer, sans exagération, que les deux tiers des dyspeptiques sont des nerveux ou des neurasthéniques. On confond généralement, mais à tort selon nous, la dyspepsie nerveuse et la dyspepsie neurasthénique. Il importe pourtant d'établir une distinction entre ces deux syndromes si semblables sous certains côtés, et d'autres fois si complètement différents, qu'ils commandent une thérapeutique diamétralement opposée; ccHume par exemple dans l'atonie avec diminution ou suppression du suc g&strique, et dans la névrose hyperehlorhydrique. Au surplus, cela se comprend : la dyspepsie nerveuse est caractérisée
par des troubles fonctionnels simples des nerfe de Testomae, troubles purement nerveux, dynamiques, sans participation de Télément musculaire ; c^est la dyspepsie on névrose vago-sympathique. Dans la dyspepsie atonique, ou neurasthénique, c'est le muscle qui, distendu, fatigué, est entravé et gêné dans son action ; la dyspepsie nervo-motrice est due dans ce cas à Tinsuffisance motrice des muscles de Testomac ou des intestins ; elle est purement mécanique, musculaire dans ses manifestations, quoique nerveuse d'origine. L'épuisement nerveux, neurasthénique en est la cause première ; Tatonie musculaire, parfois la dilatation et Tentéroptose en sont Teffet final.
Dans son ouvrage sur la JaUgtis inteUectudk et physique, le prof. Mosso écrit : « La force nerveuse est unique dans ces spécialisations diverses, de telle sorte que le fonctionnement exagéré de Torgane retentit sur celui de tous les autres. La consommation de la force est un fait général, et les provisions d'énergie de notre corps peuvent se dissiper par l'activité exagérée d'une seule partie de celui-ci. Des expériences que j'ai faites sur la fatigue, il résulte qu'il n'en existe qu'une seule espèce: la fatigue nerveuse. C'est du moins là le phénomène prépondérant, et la fatigue des muscles n'est au fond qu'un phénomène d'épuisement nerveux. La complication des phénomènes réside surtout en ce que ceux-ci sont sentis différemment par les divers individus. »