‹ Dystocie par anomalie de la symphyse pubienneChapitre 5 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La lecture des ouvrages classique révèle une étude très poussée des rétrécissements du détroit supérieur, au chapitre des bassins viciés. Par contre, les investigations apparaissent nettement moins fréquentes et moins étendues au sujet des anomalies de l’excavation du détroit moyen et du détroit inférieur.

Il ne fait aucun doute que la particulière et relative fréquence des malformations — souvent si typiques — du détroit supérieur, justifie cette attention élective. Il est de fait, d’ailleurs, que ces atteintes du bassin en sa partie supérieure commandent souvent les viciations qui siègent plus bas. Cependant, il nous paraît important de

rappeler que ces anomalies du détroit supérieur, actuel-

lement les mieux connues, sont aussi les moins difficiles à reconnaître et même à estimer — grâce à l'épreuve du travail —, par conséquent à traiter. Par contre, le anomalies de l’excavation, du détroit moyen et du détroit inférieur, si elles peuvent, plus ou moins aisément être dépistées, sont d’une estimation presque toujours délicate et parfois même impossible. En effet, l'épreuve du travail qui renseigne avec une fidélité qui ne se dément presque jamais sur les dystocies du détroit supérieur, devient ici d’une réalisation et d’une interprétation si malaisée qu’on est entraîné souvent à la remplacer par une véritable « épreuve de l’accouchement », le déroulement complet de celui-ci devenant une condition nécessaire à toute évaluation suffisamment précise de la dystocie. De plus, c’est surtout au niveau

D, Dear

des étages inférieurs que se rencontrent, avec une relative fréquence certaines séquelles de rachitisme, dont les caractères, s’ils sont trop discrets pour permettre une reconnaissance, sont tout de même assez marqués pour constituer un grave obstacle à l'accouchement. Ces dystocies dont les apparences anodines ne révèlent leur véritable caractère lésionnel qu’au moment critique, sont ainsi beaucoup moins connues, quoiqu’aussi dangereuses. C’est pourquoi il nous a semblé intéressant de fixer notre attention sur l’une d’elles que nous avons nommée : bassin à symphyse horizontale dont la fréquence, la traîtrise extrême et le sombre pronostic qu'elle entraîne nous semblent exiger une étude détaillée.

Il s’agit d'anomalies portant sur la hauteur, l’épaisseur et surtout le degré d’inclinaison de la symphyse pubienne. (Dans quelques cas, celle-ci est à ce point couchée que, se présentant presque horizontale chez la femme debout, elle crée à elle seule une dystocie de la plus haute gravité.) Ces atteintes symphysaires assez fréquentes dans la contrée où nous opérons sont les séquelles discrètes d’un rachitisme naguère florissant, et depuis quelques lustres régressif. Leur discrétion dangereuse tenderait à faire d'elles des variétés très atténuées certes, mais non encore négligeables, de ce que les anciens auteurs appelaient « la vulve barrée » ou la « barrure du bassin ».

Page 1