LES DÉNONCIATIONS DES JOURNAUX
c Comment î — dit le gros Lacroix, — on possède une charogne, et on ne trouve pas un endroit de la terre où l'on puisse la dévorer en paix ! » — Et la charogne est belle, savez-vous! la charogne, c'est Paris et ses hôtels! la charogne, c'est la banlieue et ses châteaux. Ces apôtres de Sparte, ces prêcheurs de simplicité républicaine, ces proscripteurs de la ci-devant opulence nobiliaire, aujourd'hui fermiers généraux de la République, ils scandalisent de leurs fortunes ces jours de l'an II. de l'an III. de l'an IV, de l'an V, de l'an VI, de l'an VII! La voilà réalisée par les destins moqueurs, au delà même de la pensée du prophète, la prophétie de Dumouriez, « qu'une nouvelle aristocratie allait remplacer celle de la monarchie; que Chabot habiterait Chantilly; Bazire , Rambouillet Merlin, Chanteloup! » — Promenez-vous aujourd'hui par la grande ville, à tout hôtel à cour d'honneur, à fronton sculpté, demandez le nom du propriétaire : un nom de conventionnel, de ministre, de directeur, vous sera jeté. Sortez par toutes les portes de la grande ville, à ces châteaux clôturés d'une lieue de verdure, demandez le nom du propriétaire : un nom de directeur, de ministre, de conventionnel, vous sera jeté. Oui, ce que l'architecture a de merveilles; oui, ce que la nature a de magnificences : le palais et ses splendeurs, la terre et ses richesses, la forêt et ses ombres, c'a été les jetons de cette académie de sang, —la Convention!
Qu'un petit avocat à brevet ait amassé quinze ou dixhuit millions: que le républicain, père de quatre enfants, mette dans la corbeille de mariage d'une de ses filles huit cent mille livres ; que, sortant du Directoire, le républicain emporte pour ses galas futurs un
service de porcelaine de douze mille livres, — qui dit cela à la France? Un journal.
Qu'un tourneur de sabots pour l'hospice de la Pitié achète un des plus beaux hôtels de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et que l'heureux conventionnel, sous les bosquets de ce jardin borné par les Champs- Elysées, se plaigne des doctrines de Babeuf, — qui dit cela à la France? Un journal.
Qu'un chicaneau, qu'un maigre défenseur de maisons religieuses, achète et paye comptant deux cent cinquante mille livres la terre et le château de la Chevrette, où naguère les lettres et les arts venaient faire leur cour à Mmc d'Epinay, — qui dit cela à la France? Un journal.
Qu'un ancien enfant de chœur de l'abbaye d'Anchin, élevé par charité, achète le Calvaire ; qu'il le remanie et le transforme à grands frais; qu'il fasse le château retentissant des aboiements d'une meute, des piaffements dune écurie pleine, des fredons d'un chœur de filles, — qui dit cela à la France? Un journal.
Que l'un soumissionne pour trois cent mille livres le château de Grosbois, un château de trois millions, — qui dit cela à la France? Un journal.
Que l'autre ait fait construire toute une rue, ait dépensé deux millions à la bâtir, — qui dit cela à la France ? Un journal.
Qu'un autre accapare les plus belles terres de Seineet-Oise; qu'un autre accumule quatre châteaux; qu'un autre..., qu'un autre... — qui dit cela à la France? Le journal.
Pourtant, ils sont arrivés pauvres, tous ces hommes ; pourtant ils sont entrés besogneux au service de la Révolution; pourtant tout à l'heure encore, ils se plaignaient de l'insuffisance de leurs traitements... Comment donc millionnaires subits, ces commis de la patrie? Est-ce par les petites ventes de leurs chandelles, de leur morue, de leur huile, au temps où ils étaient myriagrammistest — Non. — Comment donc?
Qui dit, qui dit à la France, qui dit à ce peuple misérable et leurré, volé de sa part dans le butin du bonheur, qui dit à ce peuple dont les enfants, aux armées, meurent des marchés conclus à Paris mieux que du fer de l'ennemi; — qui dit les sources honteuses de tant et de si colossales fortunes? Qui dit les pots-de-vin passés entre les rois de la République et les fermiers de la vie de ses défenseurs? Qui dit ces opulences bâties sur des guêtres à couvrir à peine la jambe d'un petit enfant, bâties sur ces chemises écourtillées dont les grenadiers parviennent à se faire des bonnets de nuit, bâties sur des semelles de souliers en carton, bâties sur le fourrage en roseaux de marécage, bâties sur les chevaux affamés, sur les pieds ensanglantés, sur les membres perclus, sur les rhumatismes, sur les jeûnes, sur l'amaigrissement, sur les maladies, sur le martyre des armées de la France?... Qui dit ces soixante mille bombes vendues dix-huit livres le millier? ces quarante-huit canons de bronze passés de l'arsenal de Metz chez un ferrailleur? ces cent cinquante mille canons de fusil vendus à un autre ferrailleur comme fer de rebut? Qui dit ces tentes militaires vendues dix-huit livres, ces habits neufs trois livres, ces vestes deux livres, ces gibecières cinq centimes, ces sacs de peau un décime? Qui dit ces arrestations de chariots crevant d'effets militaires? Le journal.
Qui dit ces marchés où du drap acheté par une compagnie six francs est vendu à l'État dix-sept livres dixsept sous? ces marchés où le quintal de farine acheté par une compagnie dix livres est vendu au ministre de la marine vingt et une livres? ces marchés qui laissent à une compagnie, après quatre millions restitués, huit ou neuf millions de bénéfices? ces marchés dont les concessionnaires deviennent propriétaires d'une rente de onze millions de francs pour un état de fournitures qui monte à onze millions six cent quatrevingt mille francs? — Qui dit cela? Le journal.
Qui dit encore celui-ci emmagasinant à sa maison de Suresnes cent cinquante mille francs d'objets d'art appartenant à lÉtat ? celui-là payant son boucher avec des tapisseries des Gobelins? celui-là emportant de Versailles quatre voitures de meubles pour meubler le parloir de sa pension? celui-là...? celui-là...? — Qui dit cela? Le journal.
Qui dit encore les spoliateurs de biens particuliers, et force les Abolins à restituer les biens des demoiselles d'Espagne? Le journal.
Tranquilles, ces hommes vivaient dans le repos de la fortune conquise, dans la paix de la possession, dans le luxe qui distrait la conscience; et pendant que, repus, ils dormaient le sommeil de leurs remords, par la rue, une criée nette et claire retentit, qui est l'acte de naissance de ces richesses impardonnables; par la rue, ces contrats de propriété sont exposés, sur lesquels des doigts rouges marquent encore ! sur lesquels des mains voleuses ont laissé trace ! — Feront-ils comme Legendre? afficheront-ils ce qu'ils possédaient avant, ce qu'ils possèdent après? — Non! — Qu'importe ! Le bilan des fortunes révolutionnaires est affiché dans toute la France, partout, comme la sentence criminelle de l'opinion publique. — Alors, toutes ces jouissances troublées se pressent autour du Directoire, et menacées, et tremblantes, et furieuses, et honnies, elles le poussent, elles l'entraînent à licencier la Vérité !
Portraits intimes du XVIIIe siècle.
Parmi les vingt portraits contenus dans ce très curieux volume qui donne les physionomies intéressantes de Bachaumont, de Mme Geoffrin, de Piron, de Beaumarchais, de Théroigne de Méricourt, etc., nous extrayons le début de celui de l'abbé d'Olivet :
l'abbé d'olivet Parfois le génie de la France semble dormir : il
enfante. Alors que le xvne siècle était mort, alors que le xvme siècle naissait et n'était pas encore né, entre Molière et Voltaire, il y eut un interrègne de la pensée française. De leurs gloires d'hier, les lettres marchaient sans gloire à leurs gloires de demain. Elles n'allaient plus aux sources vives: elles ne témoignaient plus de l'imagination nationale; penchées sur les lettres mortes, elles n'attestaient plus que l'effort, la patience, l'application de quelques esprits studieux. Elles étaient l'érudition , la glose, le commentaire. Elles ne s'inspiraient pas de l'antiquité : elles en vivaient.
Les Santeuil, les Saumaise, les Ménage revivaient, cette fois seuls et maîtres de toute la scène, de tout le public, de tous les applaudissements, occupant la France, l'Europe, les places, le succès et l'Académie, Paris était devenu la maison de Philaminte. Il avait des « femmes savantes », et il avait des c hommes savants ». Le grec et le latin régnaient, les traducteurs gouvernaient, les restituteurs de textes florissaient, les annotateurs passaient grands hommes, les conseilleurs de sens hommes célèbres. Le latin était la passion, il était la mode du temps. Les Mnons ne se faisaient plus lire les comédies, mais du latin mis en français. La contagion passait les mers et gagnait Londres. La princesse de Galles étudiait le De Natura deorum. Le monde, le beau monde était en mouvement pour une leçon, en révolution pour une correction. Il y avait des insurrections pour un contresens, des batailles sur un monosyllabe, des victoires sur un mot. Il y avait des correspondances entières sur le Hanc de l'abbé Guyet. Il y avait des mémoires, il y avait presque un concile pour le circa res divinas de Cicéron. Les attaques étaient vives, les ripostes furieuses. Atteint d'un vers du Pœnulus de Plaute, on lançait une phrase de Nonius Marcellus. On s'abordait à brûle-pourpoint entre amis : « Comment prenezvous le Tollendum d'Hortensius? » Et l'on se serait
battu à la fin de la discussion si Ton ne s'était embrassé. C'était l"àge d'or des scoliastes, et aussi leurs guerres de religion. Huit lettres, un beau jour, faillirent brouiller la ville avec la ville et la cour avec la cour. Il s'agissait du protinus de Tirésias, dans Horace. Deux sens, deux partis, deux généraux étaient en présence : d'Aguesseau commandait à la moins grosse armée. Aux Tuileries, un fat accourt, brodé des pieds à la tète, essoufflé, s'essoufflant : « Réjouissez -vous, monsieur, réjouissez-vous (et il saute au cou de d'Aguesseau) ! je viens de Versailles ; je vous apporte la meilleure nouvelle du monde. — Eh! quoi donc? — M. de la Loubère se déclare pour votre sens ! »
Dans ce monde amoureux de latin, une petite société se forma qui tenta une grande entreprise. Six amis se cotisèrent pour comprendre les Tusculanes de Cicéron, les traduire, les annoter, les publier; allant d'Auteuil à Saint-Cloud, de chez l'abbé Fraguier, un des quarante, chez M. de Valincour, un des quarante. Un abbé, qui s'occupait des Tusculanes depuis 1721, avait eu l'idée de cette œuvre collective et méritoire. La tâche fut distribuée, entre tous, à l'amiable. Le premier livre demeurait à l'auteur du projet, qui était l'abbé d'Olivet. Le second, De tolerando Dolore, était attribué au pauvre abbé Fraguier, qui avait grand besoin de faire, contre la maladie, provision de stoïcisme. Le troisième était donné à M. le président Bouhier, le quatrième à M. de Valincour, le cinquième à l'abbé Gedoyn, tous gens de savoir, ou bien de zèle. M. Rémond était chargé de présenter l'œuvre au public, de dire d'agréable façon sa naissance et ses pères, et voilà six hommes heureux. Chacun se jette à la besogne, les plus jeunes brûlant d'ardeur, les plus vieux jaloux de n'être pas dépassés et de donner à Cicéron leurs veilles dernières et le dernier souffle de leur esprit. L'abbé Fraguier était de ceux-ci. Le corps épuisé, l'intelligence obscurcie, il forçait son âme et commandait à sa volonté, épiant, pour ainsi
dire, ses heures les moins mauvaises, pour traduire et pour dicter, ramassant ses forces et les usant pour faire une page en quatre ou cinq matinées; et à la fin, vaincu, désespérant de sa tête, s'affaissant sur le livre, il fondait en larmes comme un enfant. L'abbé d'Olivet accourait le consoler et lui défendre de se tuer. Il lui affirmait le projet abandonné et deux des associés déjà quittant la partie. L'abbé Fraguier se rendait à grand'peine. Il se rendait pourtant. Un magistrat, grand ami de l'abbé d'Olivet et des lettres, M. dOby, avocat général au Grand Conseil, relayait l'abbé Fraguier. La troupe était recomplétée. Mais le premier feu était passé. L'abbé Gedoyn était rebuté par la quantité de vers jetés dans la deuxième Tusculane. M. de Valincour, qui n'aimait guère à traduire seul, perdait M. Boivin; et M. Boivin mort, c'était beaucoup du latin de M. de Valincour dans la tombe. Cependant tant de gloire était promise à l'entreprise, elle était une œuvre si académiquement pie, qu'un autre abbé Fraguier, le vieux La Monnoye, entrait dans la société, « consultant son cœur plus que ses forces », et s'établissait dans la deuxième Tusculane. A peine M. de la Monnoye entrait-il dans la confrérie, que l'abbé d'Olivet était forcé d'en exclure son ami d'Oby pour refus de corrections, manque de docilité et de capacité. Bientôt il y eut plus de déserteurs que de recrues. L'abbé d'Olivet courait et se démenait dans la débandade. Il battit le ban et l'arrière-ban des latinistes. Il revint à l'abbé Gedoyn, qui fut inexorable. Il vint à l'abbé Mongault, qui lui avoua ingénument ne plus rien faire. Une des meilleures maisons de Paris avait prié l'abbé d'Olivet de venir lire sa deuxième Tusculane; il vint, il lut, on bâilla : « Cicéron fut peu goûté. On jugea qu'en ôtant les répétitions et les inutilités, il ne lui resteroit pas trois bonnes pages... Il ne faut pas vouloir pousser l'amour pour Cicéron jusqu'à vouloir qu'on se moque de nous à son occasion. » Pour un peu l'abbé, qui était fort esclave de l'opinion,
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eût laissé les Tusculanes. Mais quoi! tant de commencements, tant d'ébauches, tant de promesses, un livre projeté, fait et défait pendant des années, une si longue attente du public, ne défendaient-elles pas le renoncement et le découragement à l'abbé d'Olivet? Et l'abbé reprenait son courage et ses plans. Il songeait à l'abbé Sallier pour la cinquième Tusculane; il n'avait pas d'éloignement à retoucher à frais communs, avec le président Bouhier, la Tusculane de La Monnoye et la Tusculane de M. Adam, quand une pensée fort simple lui vint, celle de dissoudre la société et d'être, avec le président Bouhier, le successeur de la société, son représentant et son légataire. L'entreprise aboutit enfin de cette sorte. L'abbé d'Olivet l'avait conçue en juillet 1726. Onze ans après, mois pour mois, en juillet 1737, il avait l'honneur de remettre au Dauphin ces Tusculanes si contrariées. Le Dauphin ouvrait les volumes l'un après l'autre, disant, selon l'endroit où il ouvrait le livre : « Voilà du latin ! voilà du français ! » et ayant vu du grec : « Celui-là est bien mal écrit; je ne sais ce que c'est. » Puis il posa les volumes sur un tabouret, fit deux ou trois gambades, alla dans une embrasure de fenêtre, parla à M. de Mirepoix. Après quoi, d'un petit air de présomption, il revint à l'abbé d'Olivet : « Vous croyez peut-être, monsieur, que je ne sais pas ce que c'est que les Tusculanes? Ce sont des discours tenus à Tusculum, qui est une ville auprès de Rome qu'on appelle aujourd'hui Frascati. » La visite valut à l'abbé quinze cents livres de pension sur la cassette.
Depuis quatorze ans, l'abbé d'Olivet était de l'Académie française. Dès la première promesse des Tusculanes. il avait été élu. Pourtant, si puissant que fût le latin à pousser les gens, la promesse et la menace d'un autre livre avaient, mieux encore, recommandé l'abbé aux suffrages du docte corps : c'était Y Histoire de V Académie française depuis 4 652. L'idée de cette histoire venue à l'abbé en 1720, l'abbé avait été embarrassé
pour la mettre à exécution. D'Academus à certains académiciens français, il ignorait, ainsi que les plus savants, beaucoup de choses, et, ainsi que le public, bien des noms. Quand il fut à peu près édifié par Suidas et Diogène Laërce sur l'ancêtre grec de l'Académie, sur son surnom de héros, sur son parc et sur Tannée où Platon y ouvrit école, il rencontra de bien autres difficultés. Il lui fallait retrouver tous les illustres inconnus de l'Académie, retrouver leurs titres, retrouver leurs livres, retrouver l'acte de naissance de leur gloire, de leurs talents, de leurs droits, en un mot reconstruire la biographie de beaucoup d'anonymes pour justifier tous les choix de l'Académie. Dure besogne ! « T ai divisé mon histoire en deux parties, — écrivaitil; — la première contient l'histoire générale de V Académie, et la seconde l'histoire personnelle des académiciens morts. Quant à la première, elle est faite, et c'est peu de chose; mais je serai peut-être dix ans à faire la seconde, parce qu'il y a beaucoup d'académiciens sur lesquels je ne trouve rien à dire, et il faut attendre que le hasard me présente des matériaux. D'ailleurs, je ne veux point me presser, de peur qu'on ne soupçonne que je fais cet ouvrage dans la vue d'avoir une place à l'Académie. Je vous dirai là-dessus franchement : 1° que, si j'en avois envie, je croirais la pouvoir demander sans ce titre-là; 2° que je comprends bien qu'on peut en avoir envie pour trouver une société avec qui causer deux ou trois fois la semaine, quand on est vieux; mais comme j'ai encore bon pied et bon œil, je trouve encore à faire un plus agréable emploi de mes aprés-dinées. C'est feu M. Huet qui m'exhorta à entreprendre ce travail, me promettant de m' aider; mais quand je m'y déterminai, il n'ètoit presque plus en état de me fournir les lumières dont j'avois besoin. Cependant, comme j'avois recueilli et mis par écrit diverses choses qu'il m'a contées, je n'ai pas voulu les- laisser périr, parce qu'au fond un autre que moi ne trouvera rien de plus, et que si je ne fais pas cet ouvrage, il ne sera jamais fait. » Et le courageux abbé de se mettre en chasse, de s'enquérir, de fureter, de dépister ces popularités tombées dans
l'oubli par l'injustice des temps, de chercher la vie et les œuvres des moins immortels, et même les manuscrits des plus modestes. Mais n'avait-il pas eu le fauteuil sur parole? Il fallait le mériter; et l'abbé fouillait dans la mémoire des uns et dans le savoir des autres, quêtant ses notices de côté et d'autre. Il y en eut sept à huit pourtant qui firent damner le Plutarque, un surtout, le premier académicien exclu de l'Académie pour cas pendable. « Je sais — disait d'Olivet — que ce fut pour avoir nié un dépôt, et qu'il se nommoit Auger de Mauléon, sieur du Granier. Mais de quel endroit de Bresse étoit-il? Quand est-il mort? Et de quel ouvrage a-t-il procuré V édition? car je doute qu'il ait rien composé. » Cette pénible exhumation ne dura que neuf ans : aussi faut-il dire que labbé d'Olivet s'était résolu à faire de peu ses personnages et de rien ses éloges. Il avait plus grand souci des convenances que de l'histoire, et il croyait ne devoir la vérité qu'à ses critiques. S'il trouvait en son chemin, dans les lettres manuscrites de Chapelain, quelque grande et vilaine querelle académique, par exemple la querelle de Pellisson et de Gilles Boileau, il ne s'avisait point d'en régaler la malignité du public ni de ressusciter la mémoire d'un schisme de mauvais exemple.
Marie -Antoinette .
L'éloge n'est plus à faire de ce livre désormais classé dans l'histoire ; il suffira donc de donner d'abord :