LA MARRAINE DU ROCOCO
Et maintenant allez au Louvre, et regardez le portrait de la Tour. Dans la fleur et la poussière de vie du pastel, une tout autre femme vous apparaîtra. Habillée d'un satin blanc où courent les branchages d"or, les bouquets de roses et les fleurettes, robe d'argent aux grandes manchettes de dentelles s'ouvrant au coude, au corsage fleuri d'une échelle de rubans dont le violet pâle est tendre comme le calice d'un pavot lilas, Mme de Pompadour est assise sur un fauteuil de tapisserie, dans une attitude familière qui retrousse un peu sa jupe et laisse voir un bout de jupon de dentelle, et sous le jupon deux pieds qui croisent l'une sur l'autre deux mules roses au haut talon. Sa main droite appuie à peine, d'un geste qui voltige, sur le papier d'un cahier de musique qu'elle tient de l'autre main, le bras plié et accoudé sur une
console. Un œil de poudre est jeté dans ses cheveux. Son regard n'est point au cahier de musique; doucement distrait, il semble écouter quelque joli rêve, tandis qu'un demi-sourire, d'une sérénité délicieuse, errant sur ses lèvres, rayonne sur tout son visage. Derrière elle , c'est une tenture bleue , coupée de baguettes dorées qui encadrent sur un côté un panneau de peinture : une marche de paysans dans un chemin de montagnes. Auprès d'elle, sur un canapé, une guitare encore frémissante dort sur un cahier de musique. Sur la console où son coude repose, des volumes reliés en veau, comme des livres d'usage et des amis de tous les jours, montrent, à portée de sa main, la compagnie de son esprit : c'est le Pastor fido, sorti des presses d'Elzevir en 1659, la Henriade vendue à sa mort sous le n° 721 de sa bibliothèque, le tome III de l'Esprit des loix, et le tome IV de l'Encyclopédie, A côté d'une sphère, un livre à couverture bleue à demi ouvert, portant sur le dos : c Pierres gravées », laisse pendre sur la console au pied d'or une gravure au bas de laquelle on lit : Pompadour sculpsit, et ces mots : c Représentation de la situation où est le graveur en pierres fines et des divers instruments... » Au bas, un carton noué de bleu et armorié aux trois tours, est le carton de l'Œuvre gravé de Mme de Pompadour. Quelle image adorable de la favorite, peinte et vivante dans sa beauté spirituelle, dans les amitiés de son intelligence, dans le règne de ses goûts! Toutes ces choses qui l'entourent et qu'elle aima lui prêtent leurs séductions, leur reflet et leur lumière. Portrait magique ! qui semble personnifier sa mémoire, et figurer la charmante immortalité qui lui restera : l'immortalité de l'Art.
Mme de Pompadour a véritablement aimé l'Art. Elle l'a protégé, elle l'a pratiqué, et ses eaux-fortes, si peu qu'elles vaillent, si maladroites qu'elles soient quand sa pointe n'a point d'aide, témoignent au moins de son zèle et de ses goûts d'amateur. Une passion d'ama-
teur, voilà ce que Mme de Pompadour apporta dans le patronage des arts de son temps. Ce n'est point chez elle l'encouragement banal et de convenance commandé aux personnages qui régnent comme une grâce de leur rôle et comme un devoir aimable de leur pouvoir. Mme de Pompadour met à toutes les choses de l'art un goût et un zèle dont les caractères sont frappants et ne peuvent tromper. Elle donne à l'art les meilleurs loisirs de sa pensée, tout le temps qu'elle dérobe aux affaires, une part de sa vie, tout son cœur. L'art, l'art français de son temps, est sa distraction, son passe-temps, sa consolation même. Il est sa dépense et sa ruine. Par le ministère de son frère, la favorite répand sa faveur et les grâces du Roi sur le monde des artistes. Peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, montrent ses bienfaits et s'honorent de son applaudissement. L'art du xvnie siècle est son client, de Boucher à Chardin, d'Oudry à Vien, de Cochin à Guay, de Soufflot à Gabriel, et de Gabriel à L'Assurance. Elle suit ce petit peuple de grands noms dans ses efforts, dans ses travaux. Elle apporte à les juger la vivacité de son sentiment; elle leur distribue la critique ou la louange selon la conscience de son impression. Elle leur donne son imagination, ses idées ; elle leur montre des chemins nouveaux. Elle enlève un moment à l'Olympe et au monde de la Fable son peintre favori, le dessinateur et le conseiller de ses eaux-fortes, Boucher, dont si souvent les trois crayons entourent des attributs des arts le médaillon de la marquise. Elle exige de lui des dessins de la vie commune, des personnages familiers, une jardinière, une batteuse de beurre, une laitière, dont elle fera des statues à son château de Crécy. Inspiration remarquable, et dont on a oublié de lui rapporter le mérite, elle indique, elle dicte à Vanloo la Conversation espagnole. Elle veut tirer l'art français de la servitude et de la monotonie des sujets de tradition; elle veut délivrer notre école des Alexandres, des Césars, des Scipions,
des héros grecs et romains. Elle rappelle enfin les artistes à une représentation de la vie contemporaine; elle les pousse, malgré leurs résistances, leurs objections, leurs préjugés et leurs habitudes, à faire de leur temps leur proie et le royaume de leur génie.
Et pour que cette gloire de Mme de Pompadour ait plus de gages de durée, des rappels plus journaliers, un caractère particulier de rayonnement, ce ne sera point seulement l'Art qui protégera et accompagnera sa mémoire. Pour vaincre le temps, elle n'aura point seulement pour elle la toile, le marbre, le cuivre gravé. Elle aura aussi l'industrie de l'art; et son souvenir restera attaché à l'art de son temps dans tout ce que cet art a eu d'intime, de familier, de pratique et de particulièrement lié à la vie de l'homme. Il semble en effet que la grâce et le goût de toutes les choses de son temps lui appartiennent. Elle a marqué à son cachet, on pourrait presque dire à ses armes, ce monde de matière que semble animer d'un bout à l'autre l'idéal des habitudes d'un peuple et des besoins d'une société. Tout le siècle est comme une grande relique de la favorite. Sa personnalité vit dans tous ces témoignages du passé que la curiosité garde dans le musée des mœurs. Elle préside à cette variété et à cet ensemble d'objets, si divers dans l'universalité de leur type, que le xvme siècle créa à son image pour entourer son existence, la servir et la parer. La mode, ce grand domaine de gloire des maîtresses, est sa plus petite popularité. Vivante, elle ne baptise pas seulement les élégances et les coquetteries, le déshabillé qu'elle imagine, le nœud d'épée qu'elle refait au maréchal de Saxe; elle baptise encore toute la main-d'œuvre de son temps, tout le mobilier et tous les accessoires d'une civilisation exquise et raffinée. Elle baptise le carrosse, la cheminée, le miroir, le sopha, le lit, la chaise, la boîte, l'éventail, jusqu'à l'étui, jusqu'au curedent du xviiie siècle : chefs-d'œuvre ou babioles que, morte, elle touche encore de son nom comme d'un
rayon et d'une baguette magique. De la tapisserie de Beauvais à la chinoiserie jetée sur l'étagère, de la tasse de Sèvres au pot à oille d'argenterie, du panneau de boiserie au lustre de Bohême, du cartel à la glace en trumeau, du grand à l'infiniment petit du goût, des bois chantournés et dorés au vernis Martin d'une navette à frivolité, tout le beau et tout le joli, toutes les recherches et tous les charmes du siècle, se recommandent d'elle comme d'une patronne du luxe et de la rocaille. C'est là la grande fortune de Mme de Pompadour : elle représente ce caractère inimitable et constant étendu à toutes les modes d'un temps et à toutes les applications d'un art, un style; elle est la marraine et la reine du Rococo.
Ce sera dans ce cortège et dans ce triomphe aimable, entourée de toutes les grâces de son temps, que Mme de Pompadour s'avancera vers la Postérité. Le temps en s'éloignant d'elle jettera un voile sur la favorite, l'histoire oubliera la femme, et il restera de la maîtresse de Louis XV une ombre radieuse et charmante, assise dans un nuage de Boucher, au milieu d'une cour divine et de cette famille de Muses, la Peinture, la Sculpture, l'Architecture, la Gravure, la Musique, les Beaux-Arts, tous les Arts que Vanloo jetait suppliants aux genoux du Destin pendant la maladie de Mme de Pompadour.
La du Barry.
L'EXÉCUTION DE Mme DU BARRY
A cette lecture, terrassée, accablée par la stupeur et l'horreur, Mme du Barry perdit soudainement le sangfroid et le reste de dignité qu'elle avait montrés dans ses réponses. Quand elle vit que tout était fini, qu'on allait l'emmener, et que les témoins entendus se frottaient les mains et jouissaient sans pudeur de son
agonie, elle fut prise d'une telle faiblesse, que les gendarmes étaient obligés de la soutenir sous les bras, et que le public prit peur qu'elle n'eût point la force de mourir toute vivante.
Le trouble. l'effroi, l'épouvante, l'anéantissement, la prostration devant la mort, et devant cette mort, furent si grands chez cette femme qui toute sa vie n'avait pensé qu'à vivre, qu'en un moment elle oublia tout, amitié, reconnaissance, dettes de cœur, engagements sacrés, le secret et le dévouement de ceux qui s'étaient compromis pour elle. Espérant sauver sa vie en vendant la vie des autres, croyant acheter sa grâce, un sursis au moins, en livrant ce qui lui reste de cachettes et de trésors, le lendemain de son jugement, le jour de sa mort, la voici, à dix heures du matin, toute pâle d'une nuit de terreur, tremblante et suppliante entre les deux guichets de la Conciergerie, jetant au bourreau qui vient, à l'heure qui presse, à la guillotine qui approche, la dénonciation précipitée et haletante de tout ce qu'elle a enfoui, dérobé, soustrait au flair de la République, aux cupidités de la patrie de l'an II! Au juge Denisot. à Claude Roger, substitut de l'accusateur public. Mme du Barry fait le détail des objets précieux enterrés dans le jardin de Luciennes. enterrés dans les bosquets, cachés dans la resserre des instruments de jardinage, cachés dans l'escalier de la garderobe, cachés dans les corridors, dans la cave, dans le jardin de son valet de chambre, ce fidèle Morin. qui payera de sa tète la déclaration de sa maîtresse, cachés chez la femme Déliant, cachés chez le citoyen Montrouy. Sous le coup de l'épouvante, elle se rappelle, elle retrouve tout, pièce à pièce, louis à louis, jusqu'à une assiette, jusqu'à une cuiller, car c'est sa vie qu'elle croit retrouver. Dans son zèle, dans ses angoisses, craignant que tout ce trésor ne suffise pas encore à payer sa grâce, elle s'engage à écrire à Londres, si c'est le bon plaisir du tribunal, à recouvrer tous les articles du vol de 1791 déposés chez Morland, Mon-
celet et Ramson... Malheureuse! elle oubliait que la Révolution devait hériter d'elle!
C'était le temps où le courage n'avait plus de sexe. Condamnée comme des hommes, les femmes mouraient comme des hommes. On les eût dit jalouses du droit de mourir. Celles-ci montaient à l'échafaud comme au sacrifice, celles-là comme à une tribune. Les unes paraissaient marcher à la postérité, les autres à une patrie. Chacune était digne de toutes. Les bourgeoises mouraient en Romains, les grandes dames mouraient en grands seigneurs, les Reines mouraient en Roi... Mais toutes avaient la force d'une idée, d'un principe, d'une foi, d'un devoir, d'un droit, d'une passion, d'une illusion, de quelque chose enfin qui soutient l'âme et porte l'agonie. Mme du Barry n'avait rien de cela pour l'aider à mourir; et, s'il est dans son histoire un scandale qu'on doive lui pardonner, c'est le scandale d'une mort qui attendrit la Terreur.
En montant sur la charrette, Mme du Barry, à laquelle le matin, lors de sa déclaration entre deux guichets, le juge Denisot avait vaguement promis sa grâce, et qui, les cheveux déjà coupés, ne croyait pas mourir, Mmc du Barry devenait blanche comme la robe qu'elle portait.
La foule, la foule d'un dimanche, attendait la malheureuse femme. Et dans cette foule, au premier plan, la condamnée put apercevoir Greive, qui le soir disait : « Je n'ai jamais tant ri qu'aujourd'hui, en voyant les grimaces que faisait cette belle... pour mourir. »
Les chevaux se mettaient à marcher lentement.
Le peuple se pressait pour regarder passer la courtisane du ci-devant tyran.
Celle qu'on regardait ne voyait rien, n'entendait rien; elle ne faisait que soupirer, sangloter, étouffer. Ses compagnons de route, qui devaient être ses compagnons d'arrivée, les Vandenyver, cherchaient à la soutenir de leurs paroles, le conventionnel Noël s'efforçait de lui donner son courage : elle ne leur répondait que par des regards morts, des mouvements de lèvres inertes.
Tout à coup, auprès du Palais-Royal, à la barrière des Sergents, levant les yeux, elle apercevait le balcon d'un magasin de modes où les ouvrières s'étaient rangées pour voir une dernière fois au passage celle qui avait été Mme du Barry : ce magasin était la maison où elle avait été ouvrière en modes... Peut-être alors, dans un de ces éclairs de l'agonie, dans une de ces lucidités de la dernière heure qui précipitent le souvenir et les images de toute une vie, Mme du Barry revivait tout son passé, sa jeunesse, puis Versailles, puis Luciennes... Rêve d'une seconde dont elle sortait en poussant des cris, des cris perçants, des cris déchirants qui s'entendaient d'un bout à l'autre de la rue Saint-Honoré.
L'exécuteur et ses deux aides avaient peine à maintenir la condamnée, à retenir sur la charrette la frénésie de son corps que les convulsions de la peur poussaient à se précipiter à bas.
Aux violences, aux cris, succédaient les implorations mêlées de larmes; et la femme, le front et les yeux balayés de ses courts cheveux, se penchait au-dessus des curieux de sa mort pour leur dire : Mes (unis... sauvez-moi... je n'ai jamais fait de mal à personne... au nom du ciel, sauvez-moi!
La foule s'étonnait. On était habitué à si bien voir mourir, à voir mourir à la bravade, que cette femme semblait pour la première fois une femme qu'on allait tuer.
Elle, cependant, toujours en larmes, répétait : La vie! la vie!... qu'on me laisse la vie, je donne tous mes biens à la nation.
« Tes biens, mais tu ne donnes à la nation que ce qui lui appartient déjà... » Un charbonnier placé devant l'insulteur se retournait et, sans dire un mot, lui appliquait un soufflet.
Il se levait dans les groupes silencieux, stupéfiés, cette première émotion qui est dans un peuple comme l'ébranlement de la pitié.
L'officier faisait fouetter les chevaux de la charrette et brusquait le spectacle...
La charrette arrivait place de la Révolution à quatre heures trente minutes de relevée.
Mme du Barry descendait la première. On l'entendait sur l'escalier de l'échafaud, éperdue, désespérée, folle d'angoisse et de terreur, se débattre, supplier, demander grâce à l'exécuteur, demander : Encore une minute, monsieur le bourreau! puis, sous le couteau, crier : A moi! à moi! comme une femme assassinée par des voleurs.
La femme au XVIIIe siècle.
l'ame de la femme
Quand le xvine siècle, ses conventions, ses exemples, le bon goût, le bon ton du monde, les leçons de la vie, ont renouvelé complètement l'éducation et presque la nature de la femme, quand ils l'ont dépouillée de tout naturel, de toute timidité, de toute simplicité, la femme devient ce type des mœurs sociales : la caillette.
Le croquis que Duclos en a tracé, d'un tour de plume et à main levée, dans les Confessions du comte de ***, n'est qu'une esquisse légère et superficielle. Il a seulement effleuré cette physionomie dans son apparence, et l'on ne voit guère se dessiner, sous sa touche vive mais banale, que la femme légère, étourdie et vide de tous les temps.
La caillette est au xvme siècle une figure plus particulière, plus significative. Elle n'est point seulement la suprême expression de la femme, de ses sens généraux, de son humeur commune; avec les nerfs, la cervelle, les fièvres et les inconstances de son sexe, elle représente son temps et le particularise en ce qu'il a de plus propre et de plus délicat. Elle est avant tout le produit, le résultat, l'exemple le plus sensible, l'image la plus achevée des recherches et des caprices
d'esprit de la France. Et peut-être ne saurait-on entrer plus avant dans la connaissance familière de ce siècle de la femme, le toucher de plus près, que par ce personnage où semblent se montrer à la fois comme une exagération de la femme et comme un excès du temps. Ce qu'on pourrait appeler l'âme extérieure du xvnr siècle, la mobilité, la vivacité, tout ce mouvement de petites grâces, tout ce bruit de petits riens, c'est l'âme même de la caillette. La caillette représente en elle le dédain du monde qui l'entoure pour le sérieux de la vie, le sourire dont il couvre tout, sa peur des choses graves, des devoirs pesants, sa manie d'être toujours à voltiger sur ce qu'il dit, ce qu'il fait, ce qu'il pense. Idées courtes, réflexions qui sautent, folies volantes, passe-temps légers, l'étourderie de la tète et du cœur, elle a le fond, tous les dehors, l'affection de l'inconsistance et de la légèreté évaporée. Elle reflète, elle affiche la nouvelle philosophie de son sexe, son horreur de toute pensée commune, grossière, bourgeoise, gothique, son détachement de tous les préjugés dans lesquels les siècles précédents avaient fait tenir le bonheur, les devoirs, la considération de la femme. Son idéal en toutes choses et de tous les côtés est fait de petitesse, de brièveté, d'agrément : il le lui faut piquant, si l'on peut dire, et comme taillé sur la grandeur et la longueur d'une brochure à la mode. Une récréation courante qu'on prend, qu'on feuillette et qu'on rejette, il n'est que cela pour parler à son imagination. On croirait voir, dans cette créature factice, la poupée modèle des goûts de cette civilisation extrême. Ce ne sont que jacasseries, minauderies, gentillesses raffinées. Il y a dans toute sa personne comme une sorte de corruption exquise des sentiments et des expressions. A force de se travailler, elle arrive à personnifier en elle < cette quintessence du joli et de l'aimable », qui est alors dans les personnes la perfection de l'élégance, comme il est, dans les choses, l'absolu du beau. Elle dégage d'elle-même, ainsi que d'une grossière enve-
loppe, un nouvel être social auquel une sensibilité plus subtile révèle tout un ordre d'impressions, de plaisirs et de souffrances inconnu aux générations précédentes, à l'humanité d'avant 1700. Elle devient la femme aux nerfs grisés, enfiévrée par le monde, les paradoxes des soupers, les mots pétillants, le bruit des jours et des nuits, emportée dans ce tourbillon au bout duquel elle trouve cette folle et coquette ivresse des grâces du xviir* siècle : le papillotage , — un mot trouvé par le temps pour peindre le précieux de son amabilité et le plus fin de son génie féminin.
En plus des Salons de 1852 et de 1855, réimprimés et réunis en un précieux volume sous le titre d' « Études d'Art » par l'érudit critique Roger Marx, qui les a fait précéder d'une éloquente et très littéraire Préface, les Goncourt ont fait paraître de nombreux volumes sur l'Art; nous choisirons dans YArt du xvme siècle, où figurent Watteau, Chardin, Boucher, Latour, Greuze, les Saint-Aubin, Gravelot, Cochin, Eisen, Moreau, Debucourt, Fragonard et