‹ E. Renan devant la science, ou réfutation de la prétendue Vie de JésusChapitre 24 sur 25 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

CAroclère eMenad «le l'«Miwre de JéMU.

Dans ce chapitre, M. Renan msaflae son idée d'una religion sans dogmes et sans institutions, d'une reli* gion idéale, ayant pour olijet un Dieu idéaL U a{^lle cela la grande et bonne traduim ehréHeruM, Mais cette tradition, c*éstlui, M. Renan, qui lacommence^ car les Pères grecs, par exemple, à piirtir du quatrième siècle furent les ennemis du christianisme au même titre que les scoîastiques du moyen à^^e. (P. 444.) Mais comme les Pères grecs et latins deb trois premiers siècles sont aussi formels que ceux des quatrième et suivante, Sur les dogmes et les institutions de Jésus, on * ne comprend pas bien pou rquoi M . Renan n'a iait qu'à oes derniers Thmineur de les eonsidérer comme las ennemis de son christianisme idéaliste. Certes^ Ignace d'Antioehe, Irénée, Origène, Clément d'Alexandrie, Justin, ches les Greos; Tertullien et Cyprienehez les Latins, ne sont pas favorables au christianisme idéaliste. Us admettaient les dogmes, les institutions,les rites que les chrétiens admettent encore aujourd hui. Pourquoi donc, encore une fois, ne pas les avoir i»lacés, comme les autres, parmi les ennemis du vrai cbri&tiaiûfiiufi ?

Ils le méritent bien ; et M. Renan a la gloire, que nous ne lui contestons pas, d'être le premier , depuis plus de dix-huit siècles^ qui ait aperçu le chrislianisme idéal. Il en estTapôtre ; il eii6st le Messie; il en est l'inventeur, et, qui plus est, penonne ne eongert à lui tvàt cet honneur. Seulement, il a eu trop de modestie en ?ott« lant le partager aTeo Jéaus^Ghrist, un pauvre prûvm* cm/ de Galilée ; vn ignorant, un charlatan ; un panne bonune en réelité qui ne savait ni ce qu'il Youlait, ni ce qu'il rêvait. L'honneur appartient tout entier à M. Renan. Trôve donc de modestie, illustre savant. N'appelez pas votre religion christianisme, car elle n'a . aucun rapport avec l'œuvre du Christ; appelez-la Renanisme ^ c'est son vrai nom. Plus tard, la légende glorifiera votre nom; on entourera votre vie d'une couronne de faits merveilleux; les incrédules joueront sur le titre de votre religion ; ils nieront votre existence même; prétendront que votre religion ne fut appelée Bsnaniam que parce qu'elle se résume dans le mot rim; et vous deviendrez ainsi un de ces héros mythologiques dont l'humanité consen'e le souvenir à travers les ombres des siècles.

Nous protestons donc contre le titre de (hristiafiMmc que vous donnez à vuti e religion idéale ayant pour objet un Dieu idéal. Nous l'appelons lienaiiisme^ et c'est justice, quoique vous en pensiez, par modestie sans doute. Ûr, le Renanisme est u la religion absolue^ \aireUgwn pure qui n'exclut rien, qui ne détermine rîen,si ce n'est le sentémmi. » (P. 446.) Qu'estHïe que le sentiment? Quel en est l'objet? Silence, incrédule! Renan ne l'a pas exidîqué, et vous voulez le savoir? Bâchez que les symboles sont « des images susceptir 4klfls d'interprétations infinies; que l'on cberehertif

vainement dans l'Evangile (renaniste) une proposition théologique. » (Ibid.) Pourquoi donc demander une explication nette du mot sentiment? Interprétez->le comme vous voudrez; et, quelle que soit votre manière de l'entendre, vous seres Jiotams/e.Siutoutypasdeprofesfflons de foi I Elles ne sont « des tnvestissements (ibid.) de l'idée de... Renan. » Cette idée est d'une telle subtilité qu'on ne peut, sans la profoner, renfermer dans des mots. C'est tout au plus si le mot mUmmt pur (p. 447) l'exprime. Le grand homme ne s'en sert qu'à regret sans doute^ car tout vague, tout subtil que soit ce mot, c'est nfi symbole, et, pourtant, il nï-n faut pas. Le sfiithfient pur s'appelle amcnn, et Xamour ne . va pas sans objet digne de /' allumer. (P. 447.) Aimer Renan, c'est donc toute la religion du sentiment pur qui s'appelle Renomme,

Que M. Renan ne trouve pas mauvais que nous le fessions rinventeur de son idéal de religion absolue, l'inventeur du caraetère qu'il a donné à Jésus, puisqu'il prétend que les apôtres eux-mêmes ne l'ont pas compris (p. 450), que personne ne l'a compris avant lui. Il est bien certain que personne ne l'a compris comme lui. Il se flatte aussi de suivre un îiouvcl idéal de raonilité. (P. 4oi.) Nous no le contestons point non plus. Nous avons donc raison de lui faire honneur de la religion qu'il attribue à Jésus.

Nous n'avons le courage de discuter sérieusement ni les rapprochements que M. Renan établit entre Jésus et Marc-Aurèle, Spinosa, saint François d'Assise, sainte Thérèse; ni la nouvelle exposition de sa morale conventionnelle dont le résultat est : que l'enthousiasme justifie le mensonge ; que le but justifie les moyens ; que tout surnaturel ot le résultat de l'ha]?

luci nation. Nous avons rencontri'; cent lois ces idées immorales dans le livre, et nous en avons fait justice. Nous avons aussi apprécié les idées de M. Renan au sujet des rapports de Jésus avec ]e peuple juif, et nous avons établi que notre savant n'y arien compris.

Enfin il couronne son œuvre en niant la divinité de Jésus-Ghrist. n a été Dieu, non en ce sens qu'U ait absorbé tout le dmnj mais qu'il est rindkndu qui a fait fmreà$m espèce le phts ffrand pas vers le divin. (P. 457.) ■

Or, qu'est-ce que /e divin, dans l'idée de M. Renan? Rien. Le divin peut-il exister sans Dieu? M. Renan nie Dieu; pour lui, Dieu n'est qu un mot; le divin n'est qu' tii» moi; la vérité n'est qu nn mot; la morale n'est qu'M7i mot. Tout, selon M. Renan, se résume ùaLnsVidéal. Or, (ju'est-ce que Viileai, si ce n'est un mol?!^ scepticisme le plus absolu est donc le dernier mot de M. Renan, et ce n'est que pour mettre cette abberration sous le patronage de Jésus, au moyen de mille artifices de langage, qu'il a écrit le roman impie et immoral qu'il a osé appeler Vie de Jésus; œuvre de faussaire, s'il ru l'ut jamais; œu\re de mauvaise foi et de mensonge, où Tignorance cherche à se dissimuler sous des airs de suffisance et sous une érudition fausse et d'emprunt.

L'exégèse biblique, la critique historique et la philosophie s'unissent pour infliger à l'œuvre de M. Renan le démenti le plus formel ; il a voulu parler au nom de la science, et la science l'a désavoué et condamné.

m OB LA QDATBikHI R OBIUIIÈEB PllTlB,

Page 1