‹ E?tudes d'histoire et de the?ologie positiveChapitre 49 sur 164 · Jo. x · texte numérisé non relu

Jo. x

M. Loisy a écrit : «L'idée de la passionet celle de l’eucharistie sont aussi étroitement associées dans le quatrième évangile que dans saint Paul et dans les relations synoptiques de la dernière cène, quoique Jean ne présente pas la mort du Christ comme un sacrifice expiatoire ! ». On a raison de parler ici de l’idée de la passion, car c'est bien réellement cette idée qu'exprime l'affirmation : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde ». Dès là que la chair est donnée pour la vie du monde — de même que le Christ dit, à la cène, selon saint Luc : « Ceci est ma chair donnée pour vous », — ce don n'est-il pas une rançon? Il n'importe pas à notre enquête. Mais nous croyons pouvoir dire que, seule, l’idée de la passion est ici affirmée ?, l’idée de 1 cucharistie ne lui est pas encore associée.

Mais cette affirmation de « /a chair donnée pour la vie du monde » rappelle assez clairement les paroles de la dernière cène, pour que Jésus réponde à l’'étonnement que ces derniers mots causent aux Juifs, — « comment peut-il nous donner sa chair à manger ? » — par une affirmation plus capable encore de les déconcerter, l'affirmation de l’eucharistie.

Nous y voici, en effet, mais seulement enfin (52-56) :

4. Loisy, p. 455. M. HOLTZMANN, t. II, p. 507, avait dit déjà : « Der Gedanke an den Tod ist nur vi, 51 (0tEp ts ToÙ 466 LOU Cwñc entsprechend der Formel tù dép Üu&@v I Cor. xt, 54) gestreift. »

2, Le P. Calmes écrit sur ÿ 51? : « Dans cette phrase se trouvent confonduesla prédiction de la Passion et la promesse du pain eucharistique » (p. 252). Je crois, au contraire, que la prédiction de la Pas- Sion est seule exprimée sans équivoque. Mais la difficulté n’est pas niable. Pour l'interprétation des ÿ 53-56 je redeviens pleinement d'accord avec le P. Calmes.

90 L'EUCHARISTIE DANS LE NOUVEAU TESTAMENT. s

les termes dont se sert l’évangéliste, ne sont plus les mêmes : il parle, non plus du pain, non plus même de la chair, mais de la chair et du sang. Le symbolisme du pain est dépassé, et un symbolisme, si on peut encore se servir de ce mot, est introduit, dont la signification est claire, du moins pour nous : « La mention du sang ne se comprend que par rapport à l’eucharistie, et le quatrième évangile rencontre ici saint Paul ! ». Il rencontre tout autant les Synoptiques.

Le Sauveur, en effet, dit aux Juifs : « Sz vous re mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez pas la vie en vous » (53): Les Juifs s'étaient scandalisés de ce que Jésus parlât de « donner sa chair pour la vie du monde » (51) Jésus redouble son affirmation, Jésus surenchérit;, Jésus proclame le précepte de manger la chair et de boire le sang du Fils de l’homme. « Car, pour= suit-il, #4 chair est une vraie nourriture, et mont sang un vrai breuvage » (55). Ces affirmations sont formulées sans autre préparation, sans autre expli= cation ?, et ainsi on comprend qu’elles s’adressen surtout aux fidèles contemporains du quatrièm évangile, que le langage liturgique a familiarisés de longue date avec ces hardies expressions. Elles se peuvent entendre comme un écho de la parole à

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