VI PREFACE
étrangers à l'histoire, la plupart ne savent guère de lui qu'une chose : c'est qu'il fut le secrétaire et le biographe de saint Anselme. Les ouvrages historiques d'une grande étendue tels que les Annales Ordinis S. Benedicti et les Acta sanctorum Ordinis S. Benedicti de Dom Mabillon et les Annales ecclesiastici de Baronius, et les notices spéciales placées en tête des diverses éditions de ses œuvres, par exemple celle de Wharton dans son Anglia sacra et celle de Dom Gerberon dans le supplément qu'il a publié à la suite des œuvres de saint Anselme, nous fournissent sur Eadmer fort peu de données. Toutes ces données réunies ne dépasseraient pas une page in-8^ Il en existe d'autres mais disséminés et difficiles à trouver. En les réunissant, on peut arriver à reconstituer la vie d'Eadmer dans ses grandes lignes, et à tracer de lui non un portrait, mais une esquisse très fidèle.
Ces données valent-elles la peine d'être recueillies, coordonnées, mises en œuvre ? Cette esquisse mérite-t-elle d'être tracée ? Oui, sans aucun doute.
Eadmer est une personnalité attachante et qui ne manque pas de grandeur. C'est d'abord une de ces nombreuses figures de moines qui en sortant à demi des ombres de l'histoire solli-
et moine de Saint-Sauveur à Cantorbéry avec un autre moine qui fut prieur de ce même monastère, qui mourut en 1137 c'est-à-dire treize ans après Eadmer, et qui s'appelait Elmenis. On trouve cette confusion dans plusieurs manuscrits et en particulier dans un manuscrit du palais de Lambeth inscrit sous le n° 159. Un exemplaire de la Vie de saint Anselme par Eadmer se termine par cet Explicit : « Explicit Vita Anselmi édita ab Edmero ejus discipulo et hujus sanctse Canluariensis Ecclesife monacho et postea priore Ecclesiœ Christi Cantuariensis tempore Radulfi archiepiscopi. Cette confusion a passé des manuscrits dans les ouvrages imprimés. Parmi les critiques qui ont su la reconnaître et se mettre en garde contre elle, quelques-uns comme Wharton dans son Anglia sacra (t. II, Prsef. p. xii), s'en sont montrés quelque peu embarrassés. C'est bien à tort. Il y a là une confusion de noms. Rien de plus.