‹ EadmerChapitre 63 sur 70 · C.G.C. Gant., 318, treizième siècle · texte numérisé non relu

C.G.C. Gant., 318, treizième siècle

Cott. Tib. D., III, treizième siècle.

Lambeth, 159, seizième siècle.

Lambeth, 163, quinzième siècle.

Lambeth, 410, quinzième siècle.

Golleg-e St John Oxon., 105, treizième siècle.

Harl., 315, douzième siècle.

Bibl. nat., 2,475, treizième siècle.

Bibl. nat., 5,348, treizième siècle.

Gopenhag'ue, 182, treizième siècle.

« Ms Martin Tornacensis » :

Harl., 3,840, quinzième siècle.

Yatic. Ghrist., 400, quinzième siècle.

Voici maintenant la liste de ces mss. du Vila Anselmi, revue, corrigée et augmentée par M. Rule, en 1884 :

1° G.G.G. Gant., 318.

2" Gott. Tib. D., m.

3° Lambeth, 159.

4° Lambeth, 163.

5° Lambeth, 410.

6° Goll. St John Oxon., 105.

7° Harl., 315.

8° Bibl. nat., 2,475.

9» Bibl. nat., 5,348.

10» Gopenhag-ue, 182.

11° Harl., 3,846.

12° Vatic. Ghrist., 499.

Et M. Rule y a ajouté :

13° G.G.G. Gant., 371, douzième siècle.

14° Dijon, 392, quatorzième siècle.

15° Troyes, 6, douzième siècle.

A ces quinze mss. du Vita Anselmi nous sommes heureux de pouvoir en ajouter nous-même cinq autres encore dont ni M. Rule, ni ses prédécesseurs n'ont eu aucune connaissance. Ge sont les cinq mss suivants :

Bibl. nat., 1,864.

Bibl. de l'Arsenal à Paris, 314.

Bibl. roy. de Bruxelles, 9119. ■ .

Rouen, 1393.

Douai, 352.

Le ms de- la Bibliothèque Nationale, 186 i, et le ms de Rouen 1393 se distinguent par une particularité qu'il importe de noter. C'est qu'ils placent en tête de la Vie de saint Anselme, avant le prolog'ue, le trait de l'enfance du saint que nous avons rapporté dans notre Histoire de saint Anselme (tome I, p. 10). Un ms. de la Bibliothèque Nationale qui est du dix-septième siècle, le ms. latin .5427, contient ce trait et il le fait précéder de cette remarque : Ista pagina débet esse ante prologiun sancti Anselmi. On voit par le ms, 1864 de la Bibliothèque Nationale et le ms 1393 de la bibliothèque de Rouen, que cela se pratiquait en effet de la sorte par un certain nombre de copistes.

Le ms 1864 de la Bibliothèque Nationale s'arrête vers le rhilieu du dernier chapitre du Vita Anselmi, tel qu'on le trouve dans Gerberon et dans Migne, à ces mots qui sont les derniers ; Cum itaque in hoc plurimi fluctuarent, et alii sic, aliivero sic remposse (fol. 301 verso). Ce ms. est une copie de la première rédaction ; cette copie a été faite au quatorzième siècle. Elle n'offre que des variantes peu nombreuses et sans importance avec le texte de Migne.

Le ms. latin de la Bibliothèque royale de Bruxelles, portant le n° 9119 contient la Vie de saint Anselme, par Eadmer, telle qu'elle a été éditée par Dom Gerberon et par Mig^ne. Voici la description de ce manuscrit d'après l'inestimable ouvrage des Bollandistes : catalogus codicum hagiographicorum Bibliotliecx regiœ Bruxellensis. (T. II, p. 268.)

« Foliorum 153 formoe maximœ (0^517 X 0™345) binis columnis lineis graphide ductis, nitidissimè sœculo XII exaratus. Tituli rubricati sunt ; litterse majores rubro, viridi, cœruleo ac subinde flavo colore depictae et non rare binis ternisve coloribus commixtis haud ineleg-anter exornatœ ; sed et multaac varia artis suœ specimina dédit vermiculator in deping'endo primam singularum Vitarum Passionumve litteram, non uno sed multiplici ornandi modo usus. »

Ce ms. ne représente pas, comme celui de Cambridg-e édité par M. Rule, la Vie de saint Anselme revue, corrig^ée et augmentée par Eadmer, mais sa première ou du moins une de ses premières rédactions. Les renseignements que M. le conservateur de la Bibliothèque royale de Bruxelles a eu l'obligeance de nous donner, nous ont permis d'en acquérir la certitude.

L'exemplaire du Vita Aiiselmi qui se trouve dans le ms. 352 de la bibliothèque de Douai a une grande valeur. D'après M. Rivière, le savant bibliothécaire, qui a bien voulu nous fournir sur ce ms. avec une obligeance parfaite, de nombreux et précieux renseignements, l'écriture est de la première moitié du douzième siècle. L'ouvrage est divisé en chapitres ayant un titre qui en indique très bien le sujet. On n'y trouve pas les quatre derniers chapitres de l'édition Rule : ce qui prouve que cet exemplaire n'appartient pas à la dernière rédaction d'Eadmer. M. Rivière a été assez bon pour nous signaler un certain nombre de divergences entre ce ms. et l'édition Migne. Elles ne portent que sur de menus détails. Elles ofTrent de l'intérêt, sans avoir une grande importance. Néanmoins, elles montrent clairement que, si une nouvelle édition du Vita Anselmi était donnée au public, le manuscrit de Douai devrait être examiné de très près et qu'il y aurait à tenir compte de ses indications.

Ce ms. ne fut-il pas d'une écriture qui remonte sinon au temps même d'Eadmer, du moins à une époque qui en est très rapprochée, il n'en demeurerait pas moins probable par le titre même de cette Vie qu'on est en présence d'une copie textuelle de l'une des rédactions d'Eadmer faite dans la première moitié du douzième siècle.

A partir de la seconde moitié du douzième siècle, les copistes donnent généralement à saint Anselme le titre de bienheureux ou de saint. Ils écrivent : Vita B. Anselmi ou S. Anselmi.

Nous en avons trouvé d'assez nombreux exemples dans les manuscrits. Un des plus saillants que nous ayons remarqués est celui du ms. du Brit. Mus. Cott. Nero A. VIIL Ce ms. contient une indication chronologique des principaux événements historiques depuis la naissance de Notre-Seigneur jusqu'à l'an 1155, Non seulement l'écriture est visiblement du douzième siècle ; mais cette partie du manuscrit a été terminée en 1155. Or, on lit dans cette liste chronologique :

« MXGV. Beatus Anselmus pallium suscipit ab Urbano papa. »

La Bibliothèque nationale a trois manuscrits qui contiennent le Vita Anselmi. Le ms. 1864, qui est du quatorzième siècle, porte ce titre : « Tncipit vita beati Anselmi. »

Le ms 5348 est de la fin du douzième siècle ou au plus tard au commencement du treizième. Il renferme des Vies de saints ou biographies pieuses. La table des matières porte : Vita Herluini, et immédiatement après : Vita beati Anselmi archiepiscopi.

Le ms . 2475 est d'une écriture un peu plus ancienne que celle du 5348 et par conséquent du douzième siècle. On y lit : Incipit vita beati Anselmi.

Inutile de multiplier ces exemples. Nous ne ferons plus qu'une remarque à ce sujet. C'est que le titre de beatus appliqué à saint Anselme apparaît déjà dans les deux derniers livres de Yllistoria 7iouorii?72. Presque toutau commencement du livre cinquième, Eadmer dit: « Igiturûbi beatus et felix prœsul Anselmus ab œrumnis vitte labentis in beatitudinem vitœ pei^manentis translatus est. »

Et au livre sixième : « Usus igitur illorum et quorumdam aliorum consilio, necne beati Patris sui Anselmi. »

Ce beatus n'est pas le fait d'un copiste qui l'aurait tout aussi bien intercalé dans les quatre premiers livres de l'ouvrage que dans les deux derniers. 11 doit être attribué à Eadmer. C'est vers l'an 1120 au plus tard qu'Eadmer décerne ce titre à son cher saint. D'autres le firent probablement avant lui, et dans tous les cas on ne tarda pas à l'imiter et dans les copies de sa Vie de saint Anselme, au lieu de Vita Anselmi ou Vita domni Anselmi, les copistes écrivirent Vita beati Anselmi. Il est probable que cette addition ou substitution fut faite dans plusieurs copies même du vivant d'Eadmer, c'est-à-dire avant l'an 1124.

On voit que l'absence du titre de beatus ou de sanctus dans les copies du Vita Anselmi fournit une présomption fondée en faveur de leur ancienneté.

Des cinq manuscrits que nous signalons comme devant être ajoutés au texte des quinze indiqués en 1884 par ^l. Rule, le ms. 314 de la bibliothèque de l'Arsenal est celui qui nous paraît présenter le plus d'intérêt. Il est d'abord un des plus anciens, sinon le plus ancien de tous les mss. connus. L'écriture est du douzième siècle, et en la comparant à celle de certains mss. de la première moitié du douzième siècle dont la date est certaine, on reconnaît qu'elle remonte probablement à la même époque. Cette opinion est encore confirmée par le titre : Vita Anselmi Cantuariensis archepiscopi.

De plus, l'écriture est celle des manuscrits copiés en Normandie à cette époque. C'est celle des mss. du douzième siècle provenant de l'abbaye du Bec.

Or, précisément l'abbaye du Bec se procura de bonne heure la Vie de saint Anselme par Eadmer. On l'y trouvait du temps d'Orderic Vital, moine de Saint-Evroul en Normandie. « Si quelqu'un, dit-il, veut étudier plus à fond les actes ou les paroles d'Anselme, il les trouvera dans le livre d'Eadmer que possède l'abbaye du Bec. « Si quis ejus (Anselmi) facta seu dicta pleniùs perscrutari voluerit, » in praefati libre Edmari apud Beccum Herluini reperire poterit. » {Hist. eccl. Lib. X, cap. viii.)

Cela se comprend. Nulle part ailleurs la Vie de saint Anselme n'était plus impatiemment attendue et ne fut accueillie avec plus d'enthousiasme qu'au Bec. Dès sa première apparition, les exemplaires durent s'y multiplier. Nous nous trompons fort si le manuscrit de l'Arsenal n'est pas un de ces premiers exemplaires.

Ce n'est là qu'une conjecture ; mais c'est une conjecture permise.

Cette copie, sans avoir aucun luxe, est bien exécutée et vraiment belle. Il est visible que le copiste y a mis tous ses soins. Ainsi ces mots : Incipit prologus in vita Anselmi Canluariensis archiepiscopi sont écrits à l'encre rouge. Un peu plus loin on trouve encore à l'encre rouge ces mots : Incipit vita Anselmi archiepiscopi.

Ulncipit liher secundus est aussi à l'encre rouge.

Les chapitres commencent par des majuscules à l'encre roug'e.

La majuscule par laquelle commence le prolog'ue est à l'encre rouge mêlée de vert.

L'écriture est belle, soignée, et la copie est correcte. Les quelques fautes très rares qu'on y rencontre ne dénotent ni inintelligence, ni incurie. On y trouve par exemple Deum là il faudrait probablement Dominum à en juger par les autres mss.

C'est le texte réédité par Migne sauf quelques variantes de détails très rares et insignifiantes. Bien entendu on n'y trouve pas les quatre derniers chapitres de l'édition Rule.

Dans le titre tel que nous l'avons rapporté plus haut, on ne lit pas le nom d'Eadmer. Circonstance qui n'est pas pour nous détourner de croire que c'est un des mss. du Bec. Au Bec le biographe de saint Anselme était assez connu pour qu'il n'y eût pas à inscrire son nom en tête des copies de son. livre.

Mais ce qui était inutile au douzième siècle ne l'était plus au quatorzième.

Au-dessus du titre à l'encre rouge cité plus haut : Incipit Prologus in vita Anselmi Canluariensis archiepiscopi, une main du quatorzième siècle a écrit à l'encre noire ces mots : Quam congessit Frater Edmerus.

Un peu plus loin cette même main du quatorzième siècle a complété ce titre : Incipit vita Anselmi archiepiscopi par ces mots : per fratrem Edmerum compilata.

Le récent catalogue des mss. de la bibliothèque de l'Arsenal a reproduit textuellement cette indication. Dans la description sommaire de ce ms. 314, on lit : « Vita Anselmi Cantuariensis archiepiscopi » per fratrem Edmerum (Eadmer) compilata.

TROISIÈiME APPENDICE

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