‹ EadmerChapitre 8 sur 70 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

L'artiste qui est Fauteur de ce paradoxea également inventé une critique de sa façon véritablement « née de nos jours », sorte de crible à la fois très gros et très fin à travers lequel tout passe excepté le surnaturel. Xous ferons passer Eadmer parce crible. Tant pis pour Eadmer, ou tant pis pour le crible.

Eadmer n'est pas seulement l'historien de saint Anselme ; il est son écho, l'écho de ses conversations, dans le De Similitudmibifs, l'écho de ses prédications dans le De beatitudine cœlestis jKitriœ, l'écho de son enseignement soit en chaire soit ailleurs dans le De excellentiâ beatœ Mariœ et aussi, on le verra et nous le prouverons, dans le De conceptione beatœ Mcmœ. Il fut particulièrement l'écho de sa tendre dévotion envers Marie, et plus spécialement encore de sa dévotion envers Marie Immaculée.

Ce dernier point étant à la fois très important et très peu connu, nous entrerons dans tous les développements et dans tous les détails nécessaires pour le bien établir.

A ne consulter que la table des matières, l'idée pourrait venir que ce volume est un recueil de dissertations sans liaison bien rigoureuse entre elles, et qu'il manque un peu d'unité. Si l'on veut bien le lire, et surtout l'étudier — car il demande à être étudié — c'est une idée tout opposée que l'on s'en formera.

Logiquement et chronologiquement, cette étude aurait dû précéder V Histoire de saint Anselme. Elle aurait même pu lui servir de préface, si elle n'eût été trop longue. Saint Anselme est comme une statue dont Eadmer est le socle ; nous entendons Eadmer historien, l'Eadmer que nous ferons connaître. Il semble que nous ayons renversé l'ordre en montrant la statue avant de faire admirer la solidité et la beauté du socle. C'est possible; mais nous l'avons fait à dessein. Qui donc aurait regardé ce socle obscur qui s'appelle Eadmer, si nous n'avions

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