‹ Eaux de ParisChapitre 13 sur 18 · RÉSULTATS POUR 1 LITRE · texte numérisé non relu

RÉSULTATS POUR 1 LITRE

N° 1 Os',154

2 Perdu.

« Ces poids sont faibles, et celui du n° 3 ne diffère « presque pas de celui du puits de Grenelle.

« Il n'y a que des traces de chlorure.

Dans le n° 1 Traces.

2 Perdu.

3 8 à 9 milligrammes.

« Ces eaux sont donc essentiellement chargées de car- « bonate de chaux seulement.

« On vante, au camp, la constance de leur température, « qui serait d'environ 12 à 13 degrés. »

Comme on peut le voir et comme le dit lui-môme M. Maumené, les résultats qu'il a obtenus de l'examen des eaux du camp de Châlons, ont pleinement confirmé ceux de M. Fleury.

En effet, la moyenne des essais de M. Fleury est 13, 4G degrés sur treize eaux différentes.

La moyenne de M. Maumené, sur six eaux seulement, est 15,17 degrés. Il serait difficile de se rapprocher davantage dans les circonstances un peu différentes des deux expérimentateurs.

Ainsi que nous l'avons dit, M. Maumené nous a fait parvenir les doubles échantillons des eaux qu'il a examinées. Voici les résultats que nous avons obtenus à Paris; nous mettons tout de suite en regard nos résultats et ceux de M, Maumené :

Robinet. Maumené.

Fann° 1 14,50 14,86

Moyennes. . . . 14,00 15,17

Les personnes qui ont quelque habilude des expériences de chimie reconnaîtront que les différences qui se voient dans les deuxj séries d'essais peuvent s'expliquer le plus naturellement du monde par le transport de l'eau ou par de légères différences dans les réactifs et la manière d'opérer ; de telle sorte qu'on peut considérer ces résultats comme tout à fait concordants.

Il nous resterait à déterminer la proportion de sulfate de chaux unie dans les eaux en question au carbonate calcaire. Le temps nous a manqué pour cette détermination; mais elle avait été exécutée par M. Fleury. Il résulte de ses analyses que les treize eaux qu'il a examinées contenaient, par litre, en moyenne, 0gr,0336 de sulfate de chaux.

L'eau de Seine, selon M. Poggiale (moyenne de onze analyses), contient seulement 08r,0180 du même sel calcaire. On n'a pas craint de se faire un argument de cette différence; mais nous nous permettrons d'en rire, et le public en rira avec nous, aux dépens de ceux qui ont fait gravement cette objection.

En effet, si l'eau des puits du camp de Châlons contient, en moyenne, 3 centigrammes un tiers de sulfate de chaux par litre, soit 33 millionièmes de son poids, tandis que l'eau de la Seine n'en contient que 18 millionièmes, il faut convenir qu'il n'y a là que des différences homœopathiques, peu faites pour effrayer les buveurs d'eau et que , pour chercher à tirer parti d'un pareil argument, il faut être bien dépourvu de bonnes raisons.

Nous nous croyons donc parfaitement autorisé à tirer de ce qui précède les conclusions suivantes :

1° Les eaux des puits creusés dans le banc de craie, au camp de Châlons, sont des eaux potables de première qualité;

2° Il est évident que ces eaux, trouvées toutes à la même

profondeur, font partie d'une nappe souterraine qui s'étend sous le plateau entier ;

3° On ne peut douter qu'en opérant des saignées ou drainages dans ce plateau on obtiendrait des masses d'eau considérables et de la même qualité que celle des puits;

A0 Par conséquent, l'épreuve du camp de Châions est venue confirmer de la façon la plus éclatante les prévisions et les calculs de M. Belgrand, confirmés par ceux de M. Dumas;

5° L'argumentation de nos adversaires, fondée sur la différence qu'ils supposaient exister entre les eaux souterraines et les eaux courantes de la Somme-Soude et autres cours d'eau de même origine, se trouve renversée de fond en comble par l'expérience ;

6° En effet, la moyenne hydrotimétrique de l'eau des puits du camp étant de 14 à 15 degrés, et celle de l'eau de la Somme-Soude de 13 degrés à 13°, 50, il est évident que ces eaux ont la même origine;

7° Ta parfaite salubrité de ces eaux est aujourd'hui démontrée par une épreuve qui se poursuit, depuis quatre ans, sur une population de plus de 30,000 hommes;

8° La supposition que l'usage de ces eaux pourrait développer le goitre est péremptoirement démentie par ce fait irrécusable, que les goitres ne se sont montrés qu'en proportion insignifiante dans cette jeune population, composée cependant d'hommes venus de tous les points du territoire et, en partie, des contrées ou la maladie est trèsrépandue ;

9° Enfin et en résumé, si, par la suite, la ville de Paris est obligée d'avoir recours, pour son alimentation, aux nappes d'eau souterraines de la Champagne, elle est assurée de trouver dans ces nappes une immense ressource en eaux potables de la plus excellente qualité.

On ne s'étonnera pas, à coup sûr, que nous ne nous

donnions pas la peine de répéter ici ce que nous avons dit plus haut au sujet de la proportion de l'air dissous dans les eaux dites souterraines, proportion qui serait tout à fait insuffisante selon nos adversaires. Les 30,000 consommateurs des eaux de puits du camp de Châlons savent à quoi s'en tenir sur cette piteuse objection. Nous n'avons pas appris, d'ailleurs, qu'on ait dû distribuer à l'armée des balais pour fouetter l'eau, ni des baquets pour l'exposer au soleil; et, si jamais on conduit de ces eaux à Paris, elles auront le temps de humer de l'air dans l'aqueduc de 200 kilomètres qui les conduira jusque dans nos murs.

Que M. Fulgence Maillard se rassure donc sur le sort des Parisiens. 11 aura beau dire, il ne démontrera pas plus que c'est le défaut d'aération de l'eau qui donne le goitre, qu'il n'a démontré que les eaux de la Champagne nous arriveront privées d'air.

Le long mémoire de M. Fulgence Maillard est suivi de conclusions qui ne sont que les corollaires de sa savante dissertation; il nous paraît inutile de les rapporter ici.

Le tout est terminé par cette formule : « Ont signé les « maires et les habitants des communes de Morains, « Pierre-Morains, etc., etc.

, « Pour copie conforme : « Le maire de Morains, Maillard (Fulgence). »

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