Eaux-fortes de Paul Potter
aul Potter naquit en 1625 à Enkhuisen, ville hollandaise autrefois importante, aujourd’hui presque morte; il fut baptisé le 20 novembre de cette année. Ce fut son père Pieter Potter1 2, peintre dont les œuvres sont fort imparfaitement connues, qui lui enseigna les premiers éléments du dessin. Quant au maître qui décida en réalité de la vocation de Paul Potter, on ne saurait le désigner. Il est bien difficile d’admettre en effet, que des artistes aujourd’hui absolument oubliés, tels que B. Lepetit et Jacob de Weth, aient eu une influence décisive sur cette jeune intelligence. Aucun document authentique ne vient d’ailleurs appuyer cette assertion mise en avant par quelques historiens, et l’oubli complet dans lequel sont tombés les ouvrages de ces artistes permet d’affirmer que leur savoir était médiocre, leur réputation assez peu étendue, et dès lors leur autorité au moins contestable.
De quelle utilité aurait pu être pour Paul Potter l’enseignement qu’il reçut de ces deux maîtres, si tant est qu’il ait suivi leurs ateliers? il est impossible de le dire. On ne connaît aucun tableau authentique de B. Lepetit, et tout ce que l’on sait, nous dit M. Van Westrheene, de l’existence de cet artiste, c’est qu’il habitait Rome en 1650; quant à Jacob de Weth, le vieux, c’était un peintre d’histoire plutôt qu’un peintre d’animaux et de paysages. M. Van der Willigen* nous apprend qu’il peignait des sujets de l’histoire sacrée et profane, et, d’après
1. « Les œuvres de Pieter Potter sont presque introuvables, et je ne sais pas si l’on pourrait citer de lui, même en Hollande, quelque autre peinture authentique que la Vanitas3 de la galerie Suermondt. » (Burger, Musées de la Hollande , II, 143.) Dans la Galerie Suermondt 3 a Aix-la-Chapelle (Bruxelles, 1860), M. Burger décrit ainsi ce tableau, pages 18-19 « Je n’avais jamais vu d’œuvre: authentique de Pieter Potter, le père du grand Paulus. En voici une, nature morte} — le terme convient cette fois au sujet représenté; — une tête de mort, groupée avec des accessoires emblématiques des vanités de la vie, sablier, livres, globe, etc. Aussi appelait-on ce genre de composition, une vanitas. Les peintres du xva" siècle en ont fait souvent, Rembrandt lui-même : il y en avait plusieurs de lui dans son inventaire de 1656. A en juger par cette peinture, Pieter Potter était un habile praticien, très-soigneux du modelé, trèsferme et même un peu sec dans sa touche. Son fils tient cela de lui. Sur un papier est la signature : P. Potter 1636; les lettres majuscules ressemblent beaucoup à celles des signatures de Paul. Le catalogue du Musée Van der Hoop à Amsterdam attribue à Paul une œuvre analogue, qui doit être du père. Cependant, une signature presque indéchiffrable, suivie de la date 1642 (?) ne paraît pas faire le nom de Potter. » On sait que la galerie Suermondt est devenue aujourd’hui la propriété de l’Allemagne et est exposée dans les galeries du Musée de Berlin.