‹ Eaux-fortes et tailles-douces [microforme]Chapitre 11 sur 41 · ARE PRES RE D · texte numérisé non relu

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l’article paru dans l'Encyclopédie britannique pour lui demander quelles raisons il avait eues de soutenir sa première théorie. Et celui-ci de répondre : « Deux choses m'ont influencé : ce nom de Newman, lequel devait s'écrire autrefois avec deux », ce qui est un nom bien juif, et son nez.» 1] faut avouer que ces arguments n'ont rien de bien sérieux, et qu'ils ne suffisent pas à déterminer avec certitude une origine, Newman avait des traits fortement accentués, un nez très prononcé qui donnait à l'ensemble de la figure beaucoup de caractère. Il n'y a cependant là aucun de ces indices infaillibles qui dénotent le sémite. Newman avait l'une des plus belles têtes de penseur qui se pvisse voir, un masque sculptural!, Et quand l'étude, les méditations silencieuses, la souffrance et les années eurent achevé de le modeler, il prit une noblesse Presque surhumaine. Le P, Pope

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1. Voici comment l'un de ses Contemporains nous le dépeint : James Anthony Froude, in an article in Good Words for 1881, Says : « My present letter will be given to a single figure. When I entered Oxford, John Henry Newman was beginning to be famous. His aPPearance was striking. He was above the middle height, slight, and spare. His head was large, his face remarkably like that of Julius Cæsar, The forehead, the shape of the ears and nose, were almost the same. I have often thought of the resemblance, and believed that it extended to the temperament... » Cité dans Newman — An Appreciation

par Alexander Wuvyre. (Longmans, Green & Co., New York, 1902, p. 41.)

qui nous a laissé le récit de la remise de la barrette cardinalice à Newman, ajoute: «Il y avait là des dames romaines qui ne purent s'empêcher de s'écrier en le voyant: « Quel beau vieillard ! quelle figure ! «oui pâle, mais superbe ! — Ce bel vecchio! che « figura ! pallido si, ma Gellissimo !1 »

S'il faut renoncer à trouver à Newman des attaches israélites, en revanche il avait du sang latin par sa mère, Jemima Fourdrinier, dont la famille avait émigré de France en Angleterre après la révocation de l'édit de Nantes. Et l'on Peut se demander si ce goût pour les idées générales qui le distinguait, la netteté de sa vision, la tournure si classique de son intelligence, bien des traits de sa physionomie spirituelle, n’ont pas eu leur source dans l’âme maternelle.

Chose étrange chez un homme que l’idée religieuse devait passionner toute sa vie, Sa première enfance fut plutôt froide, indifférente à cet égard. Jeune, il lisait la Bible, mais le Plaisir qu'il y trouvait était plutôt de nature esthétique. Jusqu'à l'âge de quinze ans, il n’eut pas de convictions ni de croyances nettement définies. 11 savait son catéchisme à la lettre, sans voir dans ses formules autre chose que des mots. La foi calviniste de sa mère n'avait pas de prise sur son âme.

1. Zhe life of Cardinal Newman, by Wilfrid War. Vol. I, c. XXXIII, p. 463.

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Ce qui nous frappe le plus en lui, dès les premières années, c'est une tendance singulière à la rêverie : « Je pensais que la vie était peut-être un rêve, et le monde extérieur une apparence seulement. ! » Déjà, pour lui, les vraies réalités sont les imaginations, les pensées. Cette indication, qu'il a consignée à la première page de son Apologie, est très précieuse comme donnée psychologique. L'avenir ne fera que développer cette disposition initiale. En mai 1828, il écrira en effet : « Je ne sens jamais si fortement la nature transitoire de ce monde que quand je suis le plus charmé par ses Paysages... quel voile, quel rideau est vraiment ce monde ! un beau voile, sans doute, mais un voile, !» Newman vivra toujours plus pour la pensée que pour l’action. Toutes ses

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1. « I thought life might be a dream, or I an angel, and all this world a deception, my fellow angels by a playful device concealing themselves from me, and deceaving me with the semb'ance of a material world. » Apol., c. 1, p. 2,

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