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saisissante et désagréable, surtout aux endroits du corps qui sont en contact avec la surface de l'eau; le pouls devient petit, contracté, dur, et se ralentit aussitôt de quelques pulsations; la peau se crispe, et il survient bientôt un besoin d'uriner, mais en petite quantité seulement; la chaleur du corps baisse sensiblement. Si l'on prolonge un peu trop le bain , il se manifeste une pesanteur générale , de l'oppression, du dégoût même, et enfin des frissonnements.
Après le bain , la peau se gonfle très-promptement; les légers frissonnements font place à une agréable chaleur. Quand le bain n'a été que de courte durée, il se trouve que le corps a considérablement gagné en élasticité ; il semble posséder plus de vie, on se sent plus fort, plus dispos , et, pour l'ordinaire , on éprouve le besoin, de manger.
Les éléments minéralisateurs de l'eau amoindrisr sent considérablement les inconvénients qui résultent de l'usage des bains frais ; ils produisent une légère excitation à la surface de la peau. L'enchifrènement et la toux sont moins à craindre à la suite d'un bain frais pris avec l'eau minérale qu'à la suite d'un bain pris à la même température avec de l'eau ordinaire.
La durée d'un bain frais doit être moindre que celle du bain tiède.
Le bain tempéré', 35 à 37uc, fait éprouver au malade un sentiment de bien-être tout particulier ; une chaleur douce et agréable pénètre insensiblement toutes les parties du corps; le nombre de pulsations
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du pouls change très-peu ; cependant, si la température de l'eau est un peu inférieure à celle du corps, le pouls se ralentit, la sécrétion urinaire augmente. Si le bain est prolongé , on éprouve une tendance marquée au sommeil; en quittant le bain , on éprouve une légère sensation de froid qui ne dure que quelques instants , et est suivie d'un sentiment de bien-être assez prononcé.
Le bain chaud produit les phénomènes suivants ■ Au moment de l'immersion, la peau devient chaude, rougit un peu et se gonfle désagréablement; bientôt après, le visage devient rouge et se couvre de sueur; on se sent surexcité; plus tard, la tête s'embarrasse, on éprouve des vertiges, le pouls s'accélère et devient inégal ; enfin , arrivent des palpitations, l'obscurcissement de la vue, les vomissements, la syncope, etc.
Après le bain, on éprouve de la fatigue, de la somnolence, sans pouvoir dormir; le pouls reprend lentement sa régularité; il survient ordinairement des symptômes gastriques et la constipation.
Si l'on rapproche la description des effets produits par les bains frais, tempérés ou chauds préparés avec les eaux de Baden, on voit qu'ils sont sensiblement les mêmes que ceux qu'on eût produit avec des bains d'eau ordinaire pris aux mêmes températures ; l'influence de l'aggrégat minéral n'y apparaît en aucune façon, au moins immédiatement. Il en serait certainement de même pour toute autre eau thermale.
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Veut-on joindre à l'action des principes minéralisateurs de l'eau l'influence sédative du froid, on prescrira des bains dont la température soit un peu inférieure à celle du corps; veut-on utiliser purement et simplement les effets de la minéralisation , c'est aux bains tempérés qu'on aura recours; veuton enfin joindre à l'action spécifique de l'eau les effets de l'excitation par la chaleur , on emploiera de préférence les bains chauds ; mais ces derniers ne devront être que de courte durée, au moins si leur température dépasse de plusieurs degrés celle du corps humain. On sait tout le parti qu'on tire au Mont-d'Or de ces bains à température élevée.
La température des bains doit être réglée d'après l'individualité des malades et d'après la nature de la maladie. Il serait à désirer que, dans tous les établissements thermaux, chaque baignoire fût munie d'un thermomètre , et que la température de chaque bain fût réglée d'après les prescriptions du médecin.
Les principes actifs de l'eau minérale sont absorbés pendant la durée du bain. Cette absorption par la peau s'effectue avec lenteur; cependant certains sels pénètrent assez rapidement dans l'économie par cette voie. L'urine devient alcaline quand on prend des bains d'eau de Vichy ; il en est de même a la suite des bains d'eaux sulfureuses des Pyrénées. Aussi l'action du bain ne s'exerce-t-elle pas seulement sur la peau, mais devient-elle générale au bout d'un certain temps.
Il est des eaux minérales qui laissent dégager constamment dans l'atmosphère des gaz dont l'inllucnce sur le malade ne saurait être négligée. C'est ainsi que les eaux de Vichy émettent une quantité notable d'acide carbonique; celles de Bagnères-de-Luchon , celles d'Aix en Savoie, de l'acide sulfhydrique ; d'autres émettent de l'azote. Il est évident qu'il faut, en pareil cas, distinguer, dans les effets qu'éprouvent les malades , ceux qui sont dus à l'action de l'eau minérale de ceux qui sont produits par l'inhalation de l'acide carbonique ou de l'acide sulfhydrique. Ce dégagement de gaz est quelquefois assez considérable pour que certaines personnes en soient incommodées. Il faut alors renouveler l'air du cabinet, de manière à amoindrir l'impression fâcheuse qui pourrait résulter de l'action de ces gaz sur l'économie.
Dans certains établissements, on a disposé les choses de manière à utiliser autant que possible l'influence des gaz et des vapeurs qui émanent de l'eau minérale. A Barèges, par exemple, les voûtes de la plupart des cabinets sont surbaissées, les cabinets sont peu spacieux, et tout est arrangé de façon à ce que le malade subisse , autant que possible , l'influence médicamenteuse de la vapeur chargée d'acide sulfhydrique qui se dégage de la surface du bain. Je montrerai plus lard que toutes les eaux sulfureuses ne se prêteraient pas également bien à un pareil mode d'administration.
Les bains de piscine sont considérés par les
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médecins comme un des plus puissants moyens thérapeutiques. Plusieurs circonstances contribuent à leur donner une supériorité marquée sur les bains ordinaires. Ainsi, les malades peuvent s'y mouvoir dans tous les sens et s'y livrer à une sorte de gymnastique qui est fort avantageuse dans beaucoup de cas. L'eau qui agit sur le corps se renouvelle ordinairement d'une manière continue; les vapeurs qui se répandent dans l'air confiné des salles de piscine en font une véritable atmosphère médicamenteuse. Aussi, clans les Pyrénées, les médecins qui prescrivent des bains de piscine comptent-ils beaucoup sur l'effet de ce qu'ils appellent la buée de vapeur. Je rapporterai plus loin les expériences que j'ai faites pour constater le degré d'altération que font éprouver à l'air des piscines , les émanations gazeuses qui partent de la surface de l'eau.
Employées sous forme de douches, les eaux minérales peuvent produire les effets les plus variés. En général, l'action des douches est attribuée beaucoup plus à la chaleur et au choc plus ou moins violent que l'eau minérale fait éprouver aux parties sur lesquelles on la dirige qu'aux principes qu'elle tient en dissolution. Cependant, il ne faudrait pas croire que ces derniers sont absolument étrangers aux bons effets que l'on obtient de l'usage des douches; car l'expérience démontre le contraire dans un assez grand nombre de cas. Je ne décrirai pas ici les diverses espèces de douches que l'on a coutume
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d'administrer dans les établissements thermaux : j'aurai plus tard occasion de donner des delà ils assez circonstanciés à ce sujet.
La température de la douche varie nécessairement suivant les indications à remplir; sa durée ordinaire est de quinze à vingt minutes. Celle durée est beaucoup moindre quand il s'agit des douches ascendantes qui ne sont pas dirigées sur l'extérieur du corps.
L'action de la douche extérieure, comme celle du bain , varie avec la température à laquelle elle est administrée. La douche froide produit un ébranlement brusque de la vie nerveuse, un refroidissement suivi de frissons de courte durée. A tout cela succède, une réaction plus ou moins rapide et un sentiment de chaleur bien prononcé. On fait rarement usage de douches froides, à moins qu'on ne combine leur emploi avec celui de la douche chaude, comme cela a lieu dans la douche écossaise. La douche tempérée produit des effets analogues à ceux du bain tempéré. Enfin, la douche chaude, qui est celle qu'on emploie le plus habituellement, produit des effets analogues à ceux du bain chaud; la peau se gonfle, devient rouge; le réseau capillaire se dilate et s'épanouit; le pouls devient plus rapide; une sueur abondante couvre la surface du corps, etc. On utilise dans plusieurs établissements les vapeurs qui se dégagent de l'eau thermale . tantôt on les administre à la façon des bains de vapeur ordinaires (étuves humides) ; tantôt on ne
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cherche qu'à tirer parti de l'action de la chaleur et des gaz qui émanent de l'eau (étuve sèche); tantôt, enfin, on utilise les effets de la vapeur et du gaz sous forme d'inhalation, comme cela se pratique au Vernet et dans quelques autres établissements. J'entrerai dans de plus grands détails sur ces atmosphères confinées et sur le parti qu'on en peut tirer, quand je décrirai les localités thermales dans lesquelles on a recours à ce mode d'administration des eaux ; j'aurai alors occasion de compléter les notions relatives à l'action thérapeutique des eaux thermales qui n'ont été données que d'une manière abrégée dans ce chapitre.