EAUX SULFUREUSES THERMALES A BASE DE SULFURE DE SODIUM
g 1er. — Résumé des principaux travaux entrepris sur la composition chimique des eaux sulfureuses thermales des Pyrénées antérieurement à mes recherches.
Des savants distingués ont étudié à plusieurs reprises la composition des eaux sulfureuses des Pyrénées. Je citerai, entre autres, Bordeu, Carrère, Venel, Pages, Montant, Campardon , Bayen, Poumier, Save, Anglada, Longchamps, Orfila, MM. Bouis , Boullay, 0. Henry, Aubergier, Fontan , Gintrac, Roux, Blondeau.
On pourrait croire, après l'énumération que je viens de faire , que toutes les difficultés sont levées ou, tout au moins, que la nature des principes qui minéralisent ces eaux est connue d'une manière définitive; il n'en est pourtant rien. Quiconque a lu les travaux publiés jusqu'à ce jour sur ce sujet , reste frappé du désaccord qui règne entre leurs auteurs. La nature du composé sulfureux , celle des sels de soude que renferme l'eau ont été pendant
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longtemps l'objet de discussions entre Orfila, Longchamps, et MM. Fontan, Henry, Boullay et Aubergier; et les savants que je viens de citer ne considéraient pas ces questions comme entièrement résolues au moment où j'ai entrepris mes recherches. Ce désaccord rend ma tâche difficile et m'impose une grande réserve. Je ne me flatte pas d'aplanir toutes les difficultés que des chimistes aussi éminents ont laissé subsister; mais je m'estimerai heureux si je parviens à jeter quelque jour sur ce sujet. J'ai dit toul-à-l'heure que tous les auteurs qui ont écrit sur les eaux sulfureuses thermales des Pyrénées n'envisageaient pas de la même manière la composition de ces eaux. J'aurai à discuter plus tard la valeur des opinions émises par chacun d'eux. Je ferai tout mon possible pour que ma discussion soit sévère, impartiale, et porte ce cachet de simplicité et d'exactitude qui peut seul inspirer la confiance. Je désire surtout que les auteurs dont j'aurai à revoir les travaux restent bien persuadés que je n'ai jamais eu l'intention de blesser leur susceptibilité, et que le désir d'être utile a pu seul me porter à faire connaître mon opinion sur la valeur de leurs recherches.
J'ai cru devoir avant tout résumer en peu de mots l'historique des principales analyses qui ont été entreprises sur les eaux des Pyrénées; j'aurai ainsi l'occasion d'établir, une fois pour toutes, la part que chacun de leurs auteurs a prise au développement de la science sur ce sujet, et de rendre ù
chacun d'eux ce qui lui revient dans les découvertes qui ont été faites.
Quoique les eaux sulfureuses des Pyrénées aient été connues et fréquentées il y a déjà plusieurs siècles, comme l'attestent les restes des monuments romains qui ont été retrouvés dans plusieurs localités thermales, ce n'est que vers le milieu du XVIIIe siècle qu'elles ont été l'objet de recherches chimiques de quelque importance.
En 1763, Campardon, chirurgien-major des eaux et de l'hôpital de Bagnères-de-Luchon , publia une analyse de ces eaux assez complète pour l'époque, mais qui serait considérée comme bien insuffisante aujourd'hui. Il résulte de cette analyse que les eaux de Bagnères-de-Luchon renferment du soufre, une terre bitumineuse, une huile éthérée volatil'1 très-exaltée, un sel vitriolique et un peu de fer. Campardon décrit, en outre, un sédiment noirâtre, doux, onctueux; une matière blanche, savonneuse, analogue à la pâte dont on fait le papier, et des vapeurs qui exhalent une odeur sulfureuse et bitumineuse.
On ne peut guère citer que pour mémoire des recherches de ce genre; deux faits, cependant, me paraissent mériter d'y être signalés. En premier lieu , Campardon admet l'existence du fer dans ces eaux, dans lesquelles la présence d'un sulfure alcalin semblait devoir rendre peu probable celle de ci' métal ; en second lieu, la substance qu'il compare à la pâte du papier est, [selon toute apparence, la
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sulfuraire dont il ne soupçonne pas la nature , et qui, d'ailleurs, avait été observée longtemps avant lui; le sédiment noirâtre, onctueux, est une substance que l'on trouve encore aujourd'hui à Bagnères-de-Luchon dans les conduits qui renferment beaucoup de sulfuraire, et sur la nature duquel j'aurai à m'expliquer plus tard.
En 1766, Bayen publia ses recherches sur les eaux de Luchon. Son travail, qui était on ne peut plus remarquable pour l'époque à laquelle il fut publié , peut être cité encore aujourd'hui comme le document le plus complet que nous possédions sur les eaux minérales de cette localité.
En effet, Bayen, malgré l'imperfection des méthodes analytiques employées de son temps , ne recule pas devant les difficultés d'une analyse quantitative. Les procédés auxquels il a recours sont souvent nouveaux, toujours ingénieux, et le travail . considéré dans son ensemble , constitue l'une des plus belles pages des annales des eaux minérales.
Bayen, le premier, fait connaître, d'une manière exacte, la nature du principe sulfureux des eaux des Pyrénées; c'est, dit-il, du foie de soufre; il va plus loin, et désigne la base du sulfure qui est composé, dit-il , de natrum et de soufre. Il indique donc , aussi clairement que le comportaient les idées reçues de son temps, le sulfure de sodium. Bayen signale en outre, dans les eaux de Luchon, l'existence du sel de Glauber , du sel marin , d'une petite portion de matière grasse et de terre vitrifiable. Sa terre
Vitrifiable est évidemment la silice que Bayen caractérise en la faisant fondre avec du minium, pour en obtenir du verre.
Bayen décrit et étudie le blanchiment des eaux de Luchon ; il reconnaît que l'opalinité de l'eau blanche est due à la précipitation d'un mélange de soufre, de matière terreuse et de matière organique. Il cherche ensuite quelles sont les circonstances qui favorisent le blanchiment , et donne de ce phénomène une explication sur laquelle je reviendrai plus tard.
Indépendamment de l'examen des eaux thermales , Bayen fait l'analyse de l'eau froide qui sert à tempérer l'eau minérale. Il reconnaît que cette eau n'est ni sulfureuse ni alcaline, et qu'elle tient en dissolution des sels à base de chaux.
L'illustre chimiste, dont je résume en ce moment les travaux, complète ses recherches par l'analyse des roches à travers lesquelles s'échappent les eaux. Il étudie avec soin les terres qui avoisinent les sources, les efflorescences qui recouvrent ces terres, les roches qui ont été soumises à l'action de l'eau minérale hors du contact de l'air, et celles qui ont subi en même temps l'influence de l'air et des vapeurs sulfureuses. Il décrit les circonstances qui déterminent la formation de l'acide sulfurique partout où les roches sont soumises à l'action simultanée de l'air et des vapeurs chargées de soufre; il produit artificiellement ces efflorescences et constate leur composition avec une admirable exactitude.
J'analyserai en détail cette partie du mémoire de Bayen quand je parlerai des incrustations et efflorcscences que l'on remarque actuellement à Luchon.
La décomposition que le sulfure alcalin éprouve au contact de l'air n'échappe pas au regard pénétrant de Bayen. Voici, d'ailleurs, comment il s'exprime sur ce sujet :
« L'union du soufre avec les alcalis , et surtout » avec l'alcali minéral, n'est pas très-intime; elle a peut être détruite de plusieurs manières par la » décomposition du soufre lui-même. Si, par exem- » pie , on expose le foie de soufre à l'air libre pen- » dant un temps suffisant, le phlogistique aban- » donne l'acide vitriolique qui, à mesure qu'il » devient libre, se combine avec le sel alcali et pro- » duit un nouveau corps. »
J'ai longuement insisté sur les travaux de Bayen, parce qu'il m'a semblé qu'il était de mon devoir de rendre cet hommage à la mémoire d'un chimiste aussi recommandable.
A l'analyse de Bayen succèdent les recherches de Save. D'après Save, les eaux de Luchon ne contiennent pas de sulfure de sodium, mais bien de l'acide suif hydrique libre.
Je vais citer textuellement les passages de son mémoire, dans lesquels il cherche à prouver que sa manière de voir est exacte :
« 1° Les eaux de Luchon qui paraissent les plus » minéralisées exhalent une forte odeur d'oeufs » couvés ;
* 2° Elles verdissent fortement le sirop de vio- » lettes;
» 3° Les pièces d'argent qu'on y plonge sont » noircies sur-le-champ ;
» 4° Les acides sulfurique et muriatique n'y » occasionnent d'abord aucun changement. Après » quelques minutes, la liqueur devient légèrement » louche, et cette couleur augmente peu à peu; » mais, dans l'espace d'une heure, il ne s'est pas » présenté de précipité;
» Cette expérience prouve déjà que les eaux de Lu- » chon ne contiennent pas de sulfure, comme l'ont » prétendu tous les chimistes qui m'ont précédé.
» L'acide sulfureux y a , sur-le-champ , formé » des stries blanches, et, dix minutes après, toute » l'eau employée à cette expérience est devenue » d'une couleur blanche, tirant sur le bleu. Dans » l'espace d'une pieure, l'odeur hépatique a été » presque entièrement détruite.
» Les effets de l'acide nitreux que j'ai ensuite » employé n'ont pas été aussi prompts. Dans l'es- » pace de deux minutes, l'eau était troublée dans » toute son étendue; mais la couleur était beaucoup » plus légère que celle occasionnée par l'acide » sulfureux (1). »
Les expériences de Save ne détruisent nullement la théorie de Bayen ; elles ne démontrent en aucune manière que le soufre existe dans ces eaux sous la
(1) Journ. de Pharm.
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forme d'acide sulfhydrique plutôt que sous celle de sulfure. Je ne crois pas devoir les discuter; car il suffit d'en lire l'exposé pour être convaincu qu'elles ne sont pas suffisantes pour établir ce que l'auteur voulait faire admettre.
En 1809 et 1810, M. Dispan publia l'analyse des eauxd'Ax (Àriége). Ce chimiste signala, le premier, l'existence du manganèse et du silicate de soude dans les eaux sulfureuses thermales des Pyrénées (1).
En 1813, Poumier publia une série d'analyses quantitatives des eaux sulfureuses des Pyrénées. Ce chimiste, dont le travail a été rarement cité par les auteurs qui l'ont suivi , a cependant signalé plusieurs particularités intéressantes qui avaient échappé à ses devanciers. Il indique, le premier, dans ces eaux la présence des sels solubles de chaux et de magnésie. L'existence de ces sels a été, il est vrai, contestée plus tard par M. Fontan; mais j'aurai occasion de prouver que l'opinion de Poumier était fondée.
On trouve clans l'ouvrage de Poumier l'analyse des eaux de Bonnes, des Eaux-Chaudes, de celles deBarèges, Saint-Sauveur, Cauterets , Bagnèresde-Luchon et Labassère. Ces analyses sont loin d'être irréprochables ; elles laissent surtout à désirer sous le rapport de l'exactitude du dosage des divers principes actifs de ces eaux, ou , du moins ,
(1) Histoire et mémoires de l'Académie des Sciences du Toulouse, tome I'r, 1S27, page 167.
si l'on voulait les considérer comme exactes, il faudrait admettre que les eaux sulfureuses des principales stations thermales des Pyrénées sont fort différentes aujourd'hui de ce qu'elles étaient en 1813, ce qui n'est nullement probable.
Poumier admet que, pour bien établir la composition des eaux minérales sulfureuses, il faut revenir sur les lieux et reprendre son travail dans Jes diverses saisons, parce que « les eaux pluviales » peuvent se mêler aux eaux de ces sources dans » certains temps de l'année et en altérer les pro- » priétés. » Nous verrons plus loin que cette recommandation est parfaitement fondée.
Une autre observation me paraît mériter d'être signalée ; je cite textuellement :
« J'ai remarqué que plus les eaux sont chaudes, » moins elles donnent de pesanteur spécifique par » le refroidissement et de résidu par l'évaporation ; » mais plus aussi elles sont susceptibles de se trou- » bler par le repos , de fournir de gaz hydrogène » sulfuré et de dépôt, tant en soufre qu'en matière •> limoneuse blanchâtre. »
Il résulte clairement.de ce passage que Poumier considérait les eaux les plus chaudes comme les plus sulfureuses.
J'ai fait connaître les traits les plus saillants du travail de Poumier; je passe aux recherches de Longchamps.
En 1823, Longchamps publia une note sur les «aux minérales des Pyrénées. Il admit que les eaux
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de Barèges, Cauterets et Sainl-Sauveur , doivent leur réaction alcaline à de la soude caustique et non à du carbonate de soude ; il étendit , plus tard, cette manière de voir à toutes les eaux sulfureuses des Pyrénées; il émit l'opinion que les chimistes qui ont cru y reconnaître l'existence du carbonate de soude ont pris dans leurs analyses du silicate de chaux pour du carbonate de chaux, et du sulfate de baryte pour du carbonate de cette base. D'après Longchamps , dans les eaux sulfureuses des Pyrénées, «le soufre est combiné à l'hydrogène, el » l'hydrogène sulfuré qui en résulte est combiné » avec la soude et forme un hydro-sulfure peut-être » mélangé de sulfure hydrogéné , ce qu'il est diffi- » cile de déterminer avec précision, etc. (1). »
Dans une publication ultérieure (Annuaire des eaux minérales de France), ce chimiste a fait connaître l'analyse des eaux de Barèges, Cauterets et Saint-Sauveur.
En 1823, M. Magnes-Lahens analysa quelquesunes des principales sources d'Ax, dont M. Dispan ne s'était pas occupé. Comme ce dernier chimiste, M. Magnes trouva que certaines sources contenaient du carbonate de soude, tandis que d'autres renfermaient surtout du silicate de cette base. M. Magnes considéra ces eaux comme contenant le soufre à l'état de sulfure de sodium (2).
(1) Ann. de Chim. et de Phys.
(2) Anuhjse des eaux {minérales d'Ax, par Magnes-Laliens; 1823.
En 1827, Anglada publia ses belles recherches sur les eaux sulfureuses thermales des Pyrénées ; il essaya de démontrer, à l'aide d'expériences trèshabilement conçues, que ces eaux sont redevables de leurs principales propriétés à du mono -sulfure de sodium et du carbonate de soude. Ce savant professeur montra que toutes les eaux sulfureuses thermales des Pyrénées laissent dégager de l'azote au bouillon de leur source , que toutes tiennent en dissolution une matière organique azotée qui se dépose en partie lorsqu'elles arrivent au contact de l'air et produit, soit la substance amorphe et d'apparence gélatineuse, qu'on désigne habituellement sous le nom de barëgine, soit la substance blanche'et filamenteuse que M. Fontan a décrite plus tard sous le nom de su/furaire.
Anglada reconnut le premier que toutes ces eaux contiennent de l'air en dissolution , mais qu'on ne peut en dégager l'oxygène qu'elles renferment qu'en les désulfurant avant de les faire bouillir. Cet habile chimiste étudia avec un grand soin l'action que l'air exerce sur le principe sulfureux ; il décrivit le phénomène du blanchiment de certaines eaux et en donna une explication que je signalerai plus tard quand je parlerai des eaux blanches.
On trouve, dans les Mémoires d' Anglada , une description exacte des propriétés des eaux sulfureuses dégénérées et de celles des eaux thermales simples. Enfin , on y trouve des analyses très-dé- Ja illées des principales eaux sulfureuses des Pyré-
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nées orientales. Les œuvres d'Anglada peuvent être considérées, même à notre époque, comme les plus remarquables de toutes celles qui ont été publiées sur les eaux sulfureuses des Pyrénées.
En 1838, M. Fontan publia un Mémoire intitulé : Recherches sur les eaux minérales des Pyrénées. Les faits contenus dans ce Mémoire et les théories qui s'y trouvent développées étaient, dit l'auteur, le fruit de trois années de recherches non interrompues. M. Fontan avait analysé , dans ce temps . les principales sources des départements de l'Ariége. de la Haute-Garonne, des Hautes et Basses-Pyrénées.
A part l'élément sulfureux dont la quantité a été déterminée avec soin par l'auteur, les autres éléments n'ont pas été dosés. M. Fontan fait connaître seulement les résultats de l'analyse qualitative des sources nombreuses dont il est question dans son Mémoire. Il suppose, comme ses devanciers, que les eaux sulfureuses thermales des Pyrénées renferment toutes les mêmes éléments essentiels; quelques-unes présentent cependant , sous le rapport de la qualité de leurs principes constituants , des différences qu'il a soin de signaler.
Les éléments minéralisateurs communs à toutes les eaux sont, d'après M. Fontan :
1° Un hydro-sulfate de sulfure ;
2U Du chlorure de sodium et peut-être de potassium ;
3° Du sulfate de soude;
4° Du carbonate et du silicate de chaux;
5° Du carbonate de magnésie ;
6° Du fer et de l'alumine;
7° Des silicates de soude et peut-être de fer et d'alumine;
8° Une matière organique.
Quelques sources seulement contiennent du sul fate de chaux.
M. Fontan étudie longuement le phénomène du blanchiment des eaux de Luchon. Après avoir exposé l'opinion des auteurs qui l'ont précédé, il rapporte une série d'expériences, desquelles il résulte que les eaux sulfureuses, qui sont limpides et incolores à leur griffon, prennent avant de blanchir une teinte jaune verdâtre, et que le blanchiment suit de près l'apparition de cette teinte. La teinte jaune verdâtre est due , d'après lui , à la formation d'un polysulfure sous l'influence de l'air dont l'oxygène , agissant sur les éléments du principe sulfureux que M. Fontan considère comme un sulfhydrate de sulfure , brûle d'abord l'hydrogène de l'acide suif hydrique sans précipiter de soufre ; l'oxydation continuant, le sodium et une partie du soufre forment de l'hyposulfite de soude , tandis que l'autre partie du soufre se dépose.
M. Fontan se demande si l'eau qui a été ainsi altérée par le contact de l'air et qui contient un polysulfure n'a pas acquis par ce seul fait des propriétés curatives d'une certaine importance. Voici comment il s'exprime à ce sujet :
« Je rechercherai si la modification qu'éprouve le » principe sulfureux, en passant de l'état de sulfhy y drate à celui de polysulfure, ne donne pas à » l'eau des propriétés différentes et peut-être plus » actives, quoique le soufre soit alors en plus faible » proportion (1).
» Le mono-sulfure n'attaque pas le platine , tan- » dis que les polysulfures l'altèrent promptement.
» Le bichlorure de mercure, quoique ne eonte- » nant que la moitié de mercure que le protochlo- » rure , est beaucoup plus actif que lui. A Barèges , » l'on a remarqué que les piscines produisent des » effets plus actifs que les bains ordinaires. Je sais » que la haute température de l'atmosphère y est » pour beaucoup ; mais la modification du principe » sulfureux n'y serait-elle pour rien? Nous avons » démontré plus haut que, dans les piscines, le » soufre passait à l'état de polysulfure.
» A Bagnères-de-Luchon , la Reine est, dit-on, » très-active dans le bain , quoique ne contenant » que très-peu de principe sulfureux. L'eau y est » assez longtemps à l'état de polysulfure avant de » blanchir. »
M. Fontan traite ensuite de l'état sous lequel la soude existe dans les eaux minérales sulfureuses des Pyrénées , et arrive à cette conclusion que l'alcalinité de ces' eaux est due surtout à du silicate de soude.
(1) Recherches &ur les eaux minérales des Pyrénées,
La nature et les caractères des diverses matières organiques qu'on trouve dans les eaux font l'objet d'un chapitre assez étendu.
Dans un deuxième Mémoire, publié en 1840 (Annales de Chimie et de Physique , t. LXXIV) , M. Fontan étudie une foule de questions très-intéressantes qui se rapportent aux eaux minérales en général. Je crois devoir rapporter ici la partie de ses conclusions qui est relative aux eaux sulfureuses, parce que j'aurai occasion de discuter ces conclusions à propos des sources des Pyrénées :
« 1° Les eaux sulfureuses naturelles naissent y> toutes dans le terrain primitif ou sur les limites » de ce terrain et du terrain de transition (1).
» 2° Ces sources naissent seules , éloignées de » toutes autres sources, et contiennent une très- » petite proportion de substance saline autre que le » principe sulfureux, et toujours, dans les Pyré- » nées , les substances salines des eaux sulfureuses » naturelles sont : du sulfate de soude , du chlorure » de sodium, du silicate de soude, sans sulfate, ni » chlorure de chaux ni de magnésie (2).
(l)Ce fait avait été signalé, avant les travaux de M. Fontan, par plusieurs auteurs, et entre autres par le docteur Forbes.
(2) « Les sulfureuses accidentelles contiennent en général « une forte proportion de substances salines, et notamment, » dans la plupart des cas, du sulfate de chaux et de magnésie, » avec des chlorures de ces bases, et quelquefois d'autres sub- » stances. Ces sources sourdent le plus souvent près des sources » salines , qui ont la même composition qu'elles , et dont elle?
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» 3° Ces sources naissent, le plus souvent, chau- » des; et dans chaque localité , s'il existe plusieurs » sources, c'est la plus chaude qui est la plus sulfu- » reuse , et devient d'autant plus sulfureuse qu'on » la cherche plus profondément (1).
» 4° Le gaz qui se dégage spontanément des eaux » sulfureuses naturelles est de l'azote pur; celui » qui se dégage par l'ébullilion est de l'azote mêlé » d'hydrogène sulfuré (2).
» 5° Les sources sulfureuses naturelles contien- » lient une quantité notable en dissolution d'une » substance azotée , qui se dépose quelquefois sous » la forme de gelée, et qu'on a désignée sous le nom » de barégine (3). »
Je discuterai à plusieurs reprises, dans le courant de ce travail, la valeur des théories dont je viens de donner une analyse rapide.
>• dérivent, cl souvent elles se trouvent dans le voisinage de » sources ferrugineuses crénalées. »
(1) « Les sources sulfureuses accidentelles naissent le plus » souvent froides, et si elles sont chaudes, elles deviennent » d'autant plus sulfureuses, qu'elles se refroidissent davantage » dans chaque localité ; et plus on se rapproche des sources » principales, moins elles sont sulfureuses. »
(2) « Le gaz qui se dégage des sources sulfureuses acciden- » telles spontanément est un mélange d'acide carbonique , » d'hydrogène sulfuré et d'azote; celui qui se dégage par » l'ébullilion est aussi un mélange de ces trois gaz. »
(3) « Les sources sulfureuses accidentelles ne contiennent pas » de barégine ; quand elles contiennent une matière organique. » cette substance est de l'acide crénique. :>
En 1841 , M. le docteur Gintrae a parcouru les Pyrénées, et il a déterminé, à l'aide du thermomètre et du suif hydromètre , la température et la sulfuratiori des principales sources thermales; il a complété plus tard ses recherches en visitant les établissements des Pyrénées -Orientales , dont il n'avait rien dit dans son premier travail.
MM. Boullay et 0. Henry se sont aussi occupés de l'analyse des eaux minérales sulfureuses des Fyrénées ; M. Henry a signalé le premier l'existence de l'iode dans quelques-unes d'entre elles, et il a annoncé qu'on trouverait probablement des traces de ce corps dans toutes les eaux sulfureuses de la chaîne.
MM. Boullay et Henry ont surtout essayé de l'amener les chimistes qui croyaient , avec M. Fontan , que les eaux sulfureuses des Pyrénées étaient minéralisées parle sulfhydrate de sulfure de sodium, à l'opinion de Bayen et d'Anglada. Je ferai connaître plus tardles expériences qu'ils ont faites dans ce but.
Dans ces dernières années , M. Bouis a publié de fort beaux travaux sur les sources d'Olette ; M. Bouis a signalé, le premier, l'existence de l'acide borique dans les eaux sulfureuses des Pyrénées-Orientales.
M. Blondeau a publié des observations sur les eaux de Cauterets ; M. Bérard a examiné les eaux de Visos, et y a trouvé une matière bitumineuse. Enfin, en 1851, M. Lambron a visité les Pyrénées, et a déterminé les températures et les degrés sulfhydrométriques de cent soixante-dix-huit sources.
Je ferai connaître plus en détail les principaux
résultats obtenus par les auteurs dont j'ai cité les travaux , à mesure que l'occasion s'en présentera.
§2. — Propriétés physiques et organoleptiques des eaux à base de sulfure de sodium.
Les eaux sulfureuses thermales des Pyrénées, considérées dans leur ensemble , possèdent des caractères qui sont communs à toutes les sources connues ; quelques-unes présentent des caractères particuliers qui les distinguent des autres. Je ne crains pas d'aller trop loin , en avançant que c'est pour avoir voulu attribuer à toutes les sources sulfureuses de cette chaîne de montagnes les propriétés qui avaient été constatées sur celles de quelques localités que certains chimistes ont jeté de l'incertitude sur leur véritable composition.
Quoique les eaux de Luchon aient été de ma part l'objet d'une étude plus approfondie que celle des autres établissements thermaux des Pyrénées, je n'ai pas moins cru devoir m'occuper de ces dernières, afin d'établir des comparaisons qui me semblaient pouvoir présenter un certain intérêt. C'est dans ce but que j'ai entrepris, en octobre 1850, un voyage, pendant lequel j'ai visité successivement Baréges, Saint-Sauveur, Cauterets, Bonnes, les Eaux-Chaudes, Labassère et Gazos. MM. François, Chambert, et M. le docteur Pégot, ont bien voulu prendre part à ce voyage, et m'aider de leurs conseils et de leur expérience ; gi àce à leur concours ,
je me suis trouvé, pour examiner les sources, clans des conditions infiniment meilleures que les observateurs qui m'avaient précédé. J'exposerai plus loin les principaux résultats de ce voyage. Postérieurement (en 1853 ) , j'ai visité les divers établissements d'Ax (Ariége) et ceux de Cadéac (Hautes-Pyrénées).
Je vais décrire actuellement les propriétés physiques et organoleptiques des eaux sulfuré-sodiques en général.
Les eaux sulfureuses thermales des Pyrénées a,, partiennentà la classe des eaux hydrosulfatées alcalinés d'Anglada, sulfureuses naturelles cleM. Fontan ; leurs caractères sont les suivants :
Ces eaux sont limpides, tantôt incolores à leur point d'émergence, tantôt légèrement colorées en jaune verdàtre. Elles possèdent toutes une odeur prononcée d'acide sulfhydrique. Leur saveur est franchement hépatique. Leur température, souventtrès-élevée , est comprise entre -h 12 et 78° centigrades. Leur densité diffère peu de celle de l'eau distillée ; les nombres suivants représentent la densité de l'eau de quelques sources prise à la température -+- 15° à -h 20°.
Source Bayen 1,0002G. — Filhol.
Luchoiu(
kl.
Grotte su]). . .
kl.
Blanche. . . .
kl.
Ferras, s. n°2.
kl.
Etigny, n° 1. .
kl.
Richard, sup..
kl.
Escaldas 1,00001 — Anglada
Vernet, sup. n° 1. . 1,00010 — kl.
Molight, sup. n° 1. . 1,00022 — kl.
Vinça 1,00020 — kl.
Amélie - les - Bains , gros Escaldadou. . 1,00022 — kl.
La Preste 0,99998 — kl.
J'ai rapporté les résultats obtenus par Anglada, quoique celui qui est relatif à l'eau de la Preste soit nécessairement inexact ; car une eau qui tient des sels en dissolution ne peut pas être , à égalité de température, plus légère que l'eau distillée.
Toutes les sources qui jaillissent de bas en haut laissent dégager par intervalles une quantité plus ou moins notable de bulles gazeuses , qu'on peut aisément recueillir. Ce gaz est sans action sur la teinture de tournesol ; il éteint les corps en combustion ; il ne trouble pas l'eau de chaux ; il n'est pas sensiblement absorbé par la potasse ; il brunit légèrement le papier d'acétate de plomb ; il se comporte, en un mot, comme de l'azote contenant quelques traces d'acide sulfhydrique.
L'eau de certaines sources se trouble peu de temps après qu'elle a été exposée à l'air; de limpide qu'elle était, elle devient laiteuse; elle perd, en même temps, presque toute son odeur et une grande partie de son degré sulfhydrométrique ; on lui donne alors le nom d'eau blanche.
§ 3. — De la température.
En déterminant la température des diverses sources de Bagnères-de-Luchon , j'ai eu l'idée de faire un travail assez complet pour que ceux qui voudraient résoudre les principales questions qui ont été soulevées a propos de la température des eaux thermales des Pyrénées puissent y trouver , autant que possible, des éléments de solution.
Une question importante, qui a été soulevée à plusieurs reprises et longuement discutée par Anglada , consiste à savoir si la température des eaux thermales est invariable ou si elle subit des variations, soit régulières, soit irrégulières.
Anglada, comparant les températures observées en 1754 par Carrère avec celles qu'il prenait luimême en 1818 et 1819, trouva que ses observations donnaient toutes des températures inférieures à celles que Carrère avait constatées sur les mêmes sources. La différence s'élève jusqu'à 27° Réaumur pour la source d'Olette; la source de Nyer, au contraire , ne se serait refroidie que de 0°,5. Cependant, Anglada, ayant eu occasion d'observer la température de la source principale de Moligth, à deux époques séparées par 20 ans d'intervalle, trouva, la première fois, 31° Réaumur, et la deuxième, 30,30. Ce savant n'hésite pas à attribuer cette légère différence à des causes accidentelles ou à des erreurs d'observation. Tous les essais qu'il a
faits pour constater les changements que pourrait éprouver la grande source des bains d'Arles, en prenant chaque jour la température de la source et faisant varier l'époque de la journée, ne lui ont pas permis d'observer la plus légère différence; il opérait pourtant avec un thermomètre sur lequel les dixièmes de degré étaient facilement appréciables. M. Legrand a repris la comparaison des observations de Carrère avec celles d'Anglada , et a montré que les différences qu'on observe entre elles ne sont qu'apparentes; si l'on suppose, en effet, que Carrère s'est servi d'un thermomètre de Réaumur à l'alcool, et qu'on fasse les réductions convenables , on arrive aux résultats suivants :
NOMS DES SOURCES
Nyer
Vinça (source de Nossa). . .
Molighlh (grande source). , La Presle (grande source). , Escaldas (source du milieu), Vernet (source extérieure) . .
Vernel (source du milieu). .
Arles (Escaldadou gros). . .
Thués (Olette, Carrère;. . .
Températures
observées par Carrère , en 1751.
Tempérât.
corrigées.
Tempérât, observées
par Anglada ,
Il semblerait donc, d'après les observations de M. Legrand , que les eaux sulfureuses des Pyrénées-Orientales n'ont éprouvé, depuis 1754 jusqu'à 1819, que de très-légères variations de tempéra-
tare, qui pourraient très-bien dépendre de causes accidentelles (1) ; mais faut-il en conclure que la tem pérature des eaux minérales est invariable : c'est ce qui paraît moins démontré, quand on jette un coup-d'œil sur les travaux faits en d'autres lieux par des auteurs dont l'habileté n'est pas douteuse. C'est ainsi que les observations de Bêcher, Klaproth et Berzélius, sur l'eau du Strudel à Carlsbad, semblent prouver que la température des sources thermales peut éprouver des variations assez notables ; je transcris ces observations :
1770. — Bêcher. ... 59° Réaumur.
1791. — Klaproth. . . 55,50
1822. — Berzélius. . . 59,00
M. Bonjean , qui a si bien étudié les eaux d'Aix en Savoie , a constaté que leur température variait d'une manière très-sensible à certaines époques, et surtout à la suite de longues pluies; c'est ainsi qu'en 183G (le 6 novembre) l'eau de soufre ne marquait que 36° au lieu de 45 qu'elle marque habituellement (2).
Les eaux de Brig-Baden en Vallais restent neuf
(1) Les nombres fournis par M. Legrand pour la source d'Oletle ne sont pas les mêmes que ceux que cite Anglada; ce n'est pas 60°, mais bien 43°,5 que ce dernier avait trouvés pour la température de cette source. Anglada insiste même sur la différence de 27° II. qui existe entre ses observations et celles de Carrère. Il y aurait donc ici une variation trop considérable pour que les calculs de M. Legrand puissent rétablir la concordance.
(2) Analyse chimique des eaux d'Aix en Savoie, page 3i.
mois de l'année à 34 ou 35° et acquièrent tout-àcoup une température de 45 à 50° , lorsque la fonte des neiges du grand glacier de L'yung-Frau permet d'arroser les pâturages immenses qui entourent la base au-dessous de laquelle on voit sourdre au niveau du lit du Rhône la source thermale dont il s'agit.
Ces changements subits qu'éprouve la température des eaux avaient été observés à une époque fort éloignée de la nôtre, comme on peut en juger par le passage suivant de Pline :
« Terrœ quoque motus profundunt, sorbuntque » aquas. Sicut circa Phœnum Arcadiœ quinquies » accidisse constat. Sic et in Coryco monte amnis » erupit , posteaque cœptus est coli , illa mutatione » mira, ubi causa nulla evidens apparet : Sicut in » magnesia calidas fadas frigidus, salis non » mutato sapore. »
M. Forbes, qui a parcouru les Pyrénées en 1835 pour y étudier la question de l'invariabilité de la température des eaux minérales , s'exprime ainsi dans son travail (1) :
« Rien n'est plus incertain que l'histoire des eaux » minérales , malgré leur importance médicale et le » grand intérêt géologique qu'elles présentent, en » particulier, rien ou presque rien n'est connu sur » la constance ou la variation de leur température , » de jour en jour, d'année en année, de siècle en
(1) Bibl. univ. de Genève.
» siècle , et l'on comprend pourtant la valeur de » tels faits pour asseoir une opinion sur la cause de » cette température elle-même. Non-seulement nous » sommes incapable d'établir avec l'état thermo- » métrique ancien des sources, même les mieux » connues, des comparaisons authentiques, mais » même il nous manque des observations suffisam- » ment précises et complètes qui promettent pour » l'avenir ce moyen précieux d'éclairer la théorie » des eaux minérales.
» Les théories de Fourier feraient penser que, si » les sources chaudes doivent leur température à la » chaleur centrale de la terre, elle a dû fort peu » diminuer dans les temps historiques ; mais quel - » ques faits ont prouvé qu'il y a souvent des chan- » gements très-brusques. Ainsi, la source de la » Reine à Bagnères-de-Luchon augmenta tout-à- » coup de 75° Far. (41, G c), en 1775, lors du » tremblement de terre de Lisbonne (1).
» Ainsi , deux sources chaudes de l'Amérique du » Sud , éloignées de tout volcan actif, ont augmenté » leur température de 4°, 8 c. Depuis le 'moment où » M. de Humboldt lésa examinées jusqu'au dernier
(1) Campardon , Dict. min. et hydrol. de la France, t. Ier, page 121.
On connaît une multitude de faits du même genre. Ainsi, d'après M. Despine, les eaux d'Aix en Savoie devinrent froides et déposèrent un sédiment bleuâtre à l'époque du tremblement de terre de Lisbonne. Ce phénomène dura trois ou quatre jours (Essai sur la topog. d'Aix en Savoie, page 39).
» voyage de M. Boussingault. Or, nous n'avons au- » cune série d'expériences sur les variations journa- » lières ou mensuelles des diverses sources d'eaux » minérales, et, quoique l'on ait une opinion géné- » raie de la constance de leur température, elle » n'est appuyée sur aucun fait bien constaté, etc. » M. Forbes a voulu jeter les bases d'un plan d'observations qui puissent servir de repaire pour l'avenir. Les recherches de ce savant ont été faites sur les eaux minérales des Pyrénées ; ses expériences ont été effectuées à l'aide de deux thermomètres gradués avec le plus grand soin , marchant parfaitement d'accord , et dont il avait vérifié les points extrêmes : elles méritent donc toute confiance. Je vais comparer ses déterminations avec quelquesunes de celles qui avaient été faites par d'autres observateurs. J'examinerai à part celles qui ont été faites sur les eaux de Bagnères-de-Luchon, avant et après 183G, parce que des travaux de recherche et d'aménagement entrepris en 1838 ont mis les sources dans des conditions nouvelles qui ont pu amener un changement notable dans la température de quelques-unes. Pour ne pas donner trop d'étendue à ce tableau, je n'ai cité que les observations qui ont été faites sur les sources dont la température et le degré sulfhydrométrique ne paraissent avoir éprouvé que de légers changements; il est clair qu'en comparant les observations faites sur les sources accessibles aux eaux d'infiltration j'aurais eu à constater des différences considérables.
Comparaison de9 températures que divers observateurs ont constatées en examinant les mêmes sources à des époques différentes.
NOMS
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