‹ Eaux minérales des PyrénéesChapitre 38 sur 88 · NI "O · texte numérisé non relu

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ObservalioDs.

SOURCES

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3 févr.

Beau temps, dégel.

id. . . .

4 févr.

id. id.

Bea^i temps.

Pluie douce.

Beau temps.

•?8 avril

id. .• . .

12 mai.

18 mai.

Pluie douce.

Ferras sup. nn 1.

13 févr.

Fonte de neige ab .

id. n° 2.

29 mars

Beau temps.

Grotte supér. .

13 Tévr.

Fonte de neige.

Etigny no 2. .

5 févr.

id. . V. .

id. . . .

13 févr.

Froide des bains

G févr.

Beau temps, dégel

id. . . .

29 mars

Beau temps.

id. . . .

28 avril

Pluie douce.

id. . . .

12 mai.

Beau temps.

id. . . .

18 mai.

Pluie douce.

Fr. duPréFerr.

5 févr.

Fcnle de neige.

id. ...

29 mars

Beau temps.

id. . . .

28 avril.

Pluie.

id. . . .

12 mai.

Beau temps.

id. . . .

18 mai.

Pluie.

Comme on le voit, le volume absolu de l'air que ces eaux tiennent en dissolution varie d'un jour à l'autre; on voit aussi que la proportion d'oxygène y est très-variable, et qu'elle est plus forte dans les

eaux les moins chaudes, surtout dans celles qui subissent d'une manière évidente l'influence des eaux froides (non minérales).

On voit , enfin , qu'à l'époque de la fonte des neiges , l'eau sulfureuse de certaines sources contient presque autant d'oxygène que l'eau ordinaire. Ceci peut rendre compte de la couleur verte que présente quelquefois l'eau de certaines sources (prise au griffon), de la facilité avec laquelle l'eau blanchit certains jours , tandis qu'elle refuse de blanchir d'autres fois, de l'altérabilité extrême de quelques sources, et d'une foule d'autres faits qui ont été observés de tout temps à Bagnères-de-Luchon , et dont on n'avait pas donné jusqu'à ce jour une explication satisfaisante.

Les eaux de Bagnères-de-Luchon ramènent au bleu la teinture de tournesol rougie; elles verdissent le sirop de violette, elles précipitent en noir la solution des sels de plomb, d'argent, etc.

L'alcalinité de ces eaux me paraît être due près - (pue en entier au sulfure alcalin ; si , en effet , on les désulfure par le sulfate de plomb (qui n'a pas d'action sur le carbonate ou le silicate de soude) (1), la

(1) Le sulfate de plomb serait sans doute altéré par des solutions concentrées de carbonate ou de silicate de soude; mais il s'agit ici de solutions très-étendues sur lesquelles je me suis assuré qu'il n'agit pas; le sulfure de plomb qui provient de cette opération est en effet dépourvu de carbonate et de silicate de plomb.

liqueur, filtrée, ne ramène que très-lentement au bleu le papier de tournesol rougi (1).

L'acide arsénieux n'y produit un précipité de sulfure d'arsenic que dans le cas où l'on acidulé le mélange.

Les feuilles d'argent ou de cuivre métallique qu'on plonge dans l'eau à l'abri de l'air extérieur y restent quelquefois brillantes, tandis que d'autres fois elles prennent une teinte brune bien caractérisée. C'est surtout quand l'eau contient beaucoup d'oxygène en dissolution que ces métaux brunissent.

Les acides sulfurique et chlorbydrique avivent l'odeur de l'eau ; ils n'y produisent aucun précipité.

Le chlorure de barium fournit sur-le-champ un précipité blanc avec l'eau des sources les moins sulfureuses (Ferras, Etigny, etc.) ; les sources riches en sulfure restent parfaitement limpides pendant plus d'un quart d'heure après l'addition de ce réactif; elles fournissent pourtant à la longue un léger précipité composé presque en entier de silicate de baryte mêlé d'une trace de sulfate et de sulfite de cette base; les sources Bayen , Pré n° 1 , Bordeu n° 1 , sont dans ce cas (2).

(1) Les eaux sulfureuses des Pyrénées sont moins alcalines qu'on ne le croit généralement ; celles de Labassère , Baréges et Saint-Sauveur m'ont paru un peu plus alcalines que les autres. On trouve à Luchon des eaux qui sont à peine alcalines et d'autres qui le sont très-sensiblement.

(2j Celle absence des sulfates dans les eaux les plus sulfu-

L'azotate d'argent donne lieu à un précipité brun que l'ammoniaque rend complètement noir ; la liqueur ammoniacale, étant filtrée et sursaturée par l'acide azotique pur , donne un précipité blanc de chlorure d'argent; ce précipité est d'autant plus abondant que l'eau est plus sulfureuse ; la quantité des chlorures n'est pas rigoureusement proportionnelle à celle du sulfure de sodium, mais elle croît avec cette dernière , de telle sorte qu'à Luchon , par exemple , si l'on classait les eaux d'après leur richesse en chlorures, on les aurait classées presque toutes d'après leur richesse en sulfure.

L'eau de chaux détermine dans l'eau de Luchon un léger précipité blanc qui ne se dépose qu'au bout de plusieurs heures; ce précipité est formé presque en totalité de silicate de chaux.

Si, après avoir concentré l'eau de Luchon (50 lit.

ont été réduits à 1 litre) , on y verse du sel ammo-

•niac et de l'ammoniaque , on obtient un précipité

• gélatineux que la potasse dissout en partie; la solu-

• tiolt^alcaline étant saturée d'abord par de l'acide azAjue, puis mêlée avec de l'ammoniaque en excès, WiMg déposer un précipité blanc gélatineux; ce précipité étant séché , humecté avec un peu d'une solu-

rcuses n'est pas particulière aux sources de Luchon ; je l'ai constatée à Baréges, Saint-Sauveur, Cauterets et Labassère.

Le précipité formé par le chlorure de barium dans les eaux de Baréges, Saint-Sauveur et Bonnes contient un peu de carbonate de baryte ; les eaux de Bonnes fournissent beaucoup de sulfate.

tion d'azotate de cobalt et chauffé au chalumeau , prend une belle couleur bleue.

La portion du précipité que la potasse a refusé de dissoudre est soluble dans l'acide chlorhydrique ; sa solution saturée avec soin par l'ammoniaque, et additionnée de succinate d'ammoniaque, a donné un précipité de succinate de fer qui a été séparé par liltration ; la liqueur filtrée a fourni avec le sulfhydrate d'ammoniaque un précipité de couleur de chair formé de sulfure de manganèse; la liqueur, séparée par liltration du sulfure de manganèse, a donné avec le phosphate d'ammoniaque un précipité de phosphate ammoniaco-magnésien. La potasse, la soude et le carbonate neutre de ces bases produisent dans l'eau de Luchon un léger précipité blanc.

L'oxalate d'ammoniaque y produit aussi un léger précipité blanc.

Si l'on fait évaporer à siccité de l'eau de Luchon , elle laisse un résidu grisâtre, qui brunit lorsqu'on 1** calcine, répand une odeur empyreumatique * et* blanchit de nouveau par une calcination proloj$|ée. *

Ce résidu étant repris par l'eau distillée , lujjpde du chlorure de sodium et des sulfates de souch^ de chaux et de magnésie (1); le chlorure de platine décèle dans cette solution aqueuse l'existence d'un peu de potasse.

(1) Ces sulfates ne préexistent qu en partie dans l'eau ; une portion se produit pendant l'évaporation par la combustion des éléments du sulfure.

DE LA HAUTE-GARONNE. 24o

Le résidu insoluble dans l'eau étant attaqué par l'acide azotique, se dissout en partie en produisant une très-légère effervescence ; une lame de verre, qui recouvrait la capsule de platine dans laquelle j'ai attaqué ce précipité, n'a présenté aucune trace d'altération.

La solution acide donnait avec l'ammoniaque un léger précipité dans lequel il était facile de reconnaître l'existence de l'alumine et de l'hydrate de fer: une partie de ce précipité a été desséchée avec soin, puis introduite dans un tube de verre fermé à l'une de ses extrémités, et chauffée avec un peu de potassium métallique; en humectant ensuite le mélange , j'ai pu sentir bien distinctement l'odeur du phosphure d'hydrogène. L'azotate d'urane fournissait, avec la solution acide de ce précipité, un peu de phosphate d'urane. La liqueur ammoniacale , séparée du précipité mixte d'alumine, d'hydrate de fer, de manganèse et du phosphate dont je viens de parler, a fourni avec l'acide sulfhydrique un trèsléger précipité que j'ai séparé de la liqueur surnageante (par décantation); ce précipité a été dissous à l'aide de quelques gouttes d'acide azotique pur ; la solution acide a été évaporée à siccité à une douce chaleur; le résidu, repris par quelques gouttes d'eau distillée, a donné toutes les réactions des sels de cuivre.

La liqueur qui avait fourni ce précipité de sulfure de cuivre contenait, en outre, de la chaux et de la magnésie dont la présence était facile à constater ù

laide de l'oxalate et du phosphate d'ammoniaque. La partie du résidu de l'évaporation de l'eau de Luehon , qui avait résisté à l'action de l'acide azotique, a cédé, à une solution bouillante de potasse caustique, un peu de silice; la matière insoluble dans la potasse a été lavée, séchée et mélangée avec du fluorure de calcium en poudre et de l'acide sulfurique ; elle a donné ainsi un dégagement de fluorure de silicium et un résidu que j'ai repris par de l'acide chlorhydrique; la solution acide contenait des traces de soude, de chaux, de magnésie et de fer. Si l'on désulfure 1 litre d'eau ( prise à son griffon) en l'agitant avec un excès de sulfate de plomb, qu'on filtre et qu'on réduise par évaporation la liqueur filtrée à un petit volume, l'eau ainsi concentrée prend une belle couleur bleue quand on la mêle avec de l'acide iodique et de la colle d'amidon ; si, avant d'y verser l'acide iodique et l'amidon, on y ajoute un peu de chlorure de barium et qu'on filtre, on n'obtient plus une aussi belle couleur bleue avec le liquide , tandis que le précipité resté sur le filtre se colore légèrement en bleu quand on le mêle avec ces deux réactifs (1). Si l'on fait évaporer à siccité 50 litres d'eau dans lesquels on a fait dissoudre 5 à 6 grammes de potasse (provenant du tartre) (2), qu'après

(1) Ce procédé permet de distinguer les sulfites des hyposulfiles ; il est fondé sur l'insolubilité du sulfite de baryte et sur a solubilité de l'hyposulfite.

(2) Je savais à l'époque où j'ai fait ces recherches que les

avoir calciné le résidu, on l'épuisé par l'alcool bouillant, qu'on fasse évaporer à siccité la solution alcoolique, et qu'on reprenne par de l'eau distillée le produit de cette évapora tion, on obtient une liqueur dans laquelle il est facile de constater la présence de l'iode, soit par les sels de palladium, soit à l'aide de l'amidon. L'eau évaporée sans addition de potasse ne donne pas les réactions de l'iode.

Les éléments, dont les réactions que je viens d'énumérer indiquent l'existence dans l'eau de Luchon , sont les suivants :

Des sulfures ,

Des traces d'acide sulfhydrique,

Des sulfates ,

Des traces de sulfites et d'hyposulfites ,

Des chlorures,

Des traces d'iodures,

De l'acide silicique ,

Des silicates solubles,

Des silicates insolubles,

Des carbonates ,

Des phosphates,

Des sels solubles de chaux ,

— de magnésie ,

potasses du commerce contenaient de l'iode; je l'avais même écrit à mon excellent ami, M. Chatin, quelques jours avant la publication de son second mémoire ; je signale ce fait , non pour contester à M. Chatin la priorité de celte découverte , mais pour donner une preuve du soin avec lequel j'ai opéré.

Des sels insolubles de chaux ,

— de magnésie ,

Des traces de fer,

— de manganèse ,

— de cuivre ,

— d'alumine ,

— de potasse, Une matière organique , De l'oxygène ,

De l'azote.

La composition chimique des eaux de Luchon est-elle invariable ?

J'ai démontré plus haut que la température des sources , même les mieux aménagées , éprouvait des variations légères ; j'ai pensé qu'il serait convenable de rechercher si la composition chimique de ces sources ne serait pas elle-même un peu variable et d'établir, dans ce dernier cas, aussi bien que possible, les limites de ces variations, et d'en rechercher attentivement les causes.

J'ai entrepris, pour résoudre ces questions, une série d'expériences fort longues qui consistait dans l'observation journalière du degré sulfhydrométrique de quelques sources (choisies parmi les plus importantes). La hauteur du baromètre était notée avec soin au moment de l'observation qui était faite, autant que possible , tous les jours à la même heure. M. François a eu la bonté, lorsque j'ai été obligé de

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